Dunkirk: carrément exceptionnel! ****1/2

La PresseMarc-André Lussier 4/5

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Dès la levée de l'embargo critique, lundi, les superlatifs se sont enchaînés partout. « Le meilleur film de Christopher Nolan », clament les uns. « Un chef-d'oeuvre, un classique immédiat », déclarent les autres en prévoyant du même souffle une flopée de citations à la prochaine cérémonie des Oscars. Autrement dit, Dunkirk suscite le genre de réaction - très rare - qu'ont les observateurs face à une oeuvre dont la nature admirable relève de l'évidence.

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L'entrée en matière, déjà, est impressionnante. En cette fin du mois de mai 1940, des soldats alliés tentent de fuir les tirs ennemis dans les petites rues de Dunkerque. La caméra s'attarde particulièrement sur l'un d'entre eux, Tommy (Fionn Whitehead). La perspective de vue du jeune Britannique quand il parvient à gagner la plage est hallucinante. De grandes files s'offrent à son regard, formées par des milliers de frères d'armes qui attendent patiemment qu'on vienne à leur rescousse.

Dès lors, on sait que Dunkirk ne sera pas un « film de guerre » comme les autres. La grande force du récit réside dans cette volonté d'offrir au spectateur une expérience immersive, sans recourir aux repères narratifs habituels. L'ennemi n'est pas nommé ni vu. On ne quitte jamais le lieu de l'action non plus. Il n'y a pratiquement pas de mise en contexte et les dialogues sont réduits au minimum. 

Nolan, qui signe seul son scénario, a voulu plonger le spectateur dans la réalité anxiogène que vivent les protagonistes du film en empruntant une structure pour le moins audacieuse. L'opération Dynamo, au cours de laquelle 338 000 soldats alliés, pris en souricière, furent évacués de la plage de Dunkerque pour regagner la côte anglaise, est racontée sur trois différents niveaux de temps et d'espace, sans que jamais le fil se brise. Cette astuce permet au cinéaste de ramener à hauteur d'homme une histoire campée dans un cadre pour le moins spectaculaire.

DES MORCEAUX DE BRAVOURE

Dunkirk comporte plusieurs morceaux de bravoure sur le plan de la mise en scène, mais Nolan ne perd jamais ses personnages de vue. Sur le fil d'une semaine, le spectateur est invité à se placer au milieu de tous ces soldats sur la plage, dont la survie dépend maintenant d'une mission quasi impossible. 

Pendant une journée, il embarque aussi sur le yacht d'un civil (Mark Rylance) dont l'embarcation a été réquisitionnée par des autorités dépassées par l'ampleur de l'opération. Il monte également dans le cockpit d'un avion Spitfire de la Royal Air Force (le pilote est interprété par Tom Hardy) dont la mission d'une heure est de partir à la chasse des bombardiers de la Luftwaffe. Tous ces éléments s'entrecroisent de façon très crédible.

Pendant près de deux heures, on se retrouve au coeur de l'action, subjugué par un spectacle aussi soigneusement orchestré, aussi puissant. 

Le cinéaste rompt avec la tradition du genre en évitant les effets racoleurs et tout excès de sentimentalisme, donnant ainsi à son film un impact d'autant plus saisissant. 

On ne saura rien d'autre des personnages que ce qu'ils vivent au moment où ils apparaissent à l'écran. Aucun discours pompeux ne vient ponctuer le récit (même si ce sauvetage fut qualifié de miraculeux), et la trame musicale ne souligne rien à gros traits. À cet égard, le compositeur Hans Zimmer a plutôt opté pour une approche discrète et efficace, où la musique vient s'intégrer subrepticement dans toute la conception sonore, aussi impressionnante que les images, sublimes (signées Hoyte van Hoytema).

Christopher Nolan, qui nous avait déjà impressionnés avec des films comme Inception et Interstellar (sans oublier la trilogie The Dark Knight), réussit grâce à Dunkirk un vrai coup de maître en abordant un univers réaliste pour la toute première fois. Ce film exceptionnel, qu'il faut impérativement voir sur grand écran, redéfinit les standards du genre. Il redonne aussi foi dans les vertus de l'art cinématographique.

****1/2

Dunkirk (V.F. : Dunkerque). Drame de Christopher Nolan. Avec Tom Hardy, Mark Rylance, Cillian Murphy, Fionn Whitehead. 1 h 47.

> Consultez l'horaire du film




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