Miss Sloane: un portrait fictif fascinant ***1/2

La PresseMarc-André Lussier 3/5

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Elizabeth Sloane pourrait être l'héritière directe de Diana Christensen ou, dans une moindre mesure, de Jane Craig, respectivement productrices de Network et de Broadcast News. À la différence de ses aînées, interprétées à l'époque par Faye Dunaway et Holly Hunter, celle qu'on appelle «Miss Sloane  évolue dans un domaine complètement différent, quoiqu'aussi implacable que celui de la télévision.

La jeune femme est en effet lobbyiste à Washington et n'hésite pas à utiliser tous les moyens possibles et imaginables pour influencer les élus à voter pour ou contre des lois, selon les intérêts de ses clients.

Comme Diana, comme Jane, Elizabeth se consacre tout entière à son boulot et n'a que faire du quotidien ou des autres aspects de sa vie. Pour sa santé intime, elle n'hésite pas à payer des escortes, qu'elle peut ensuite chasser à sa guise une fois l'exultation corporelle passée.

Quand on fait la rencontre de cette jeune femme à la tenue aussi recherchée qu'impeccable, son parcours professionnel est sur le point de changer. Même si elle n'a pas froid aux yeux et qu'elle peut très bien défendre une cause en laquelle elle ne croit pas, Elizabeth quitte la grande entreprise qui l'a embauchée le jour où, au nom du lobby des armes, on lui demande de faire campagne pour vendre la doctrine auprès du public féminin, naturellement plus réticent à la possession d'une arme.

Dans la société rivale où elle se retrouve, avec la vaste majorité des collaborateurs qu'elle a entraînés avec elle, la lobbyiste acceptera le mandat contraire: faire adopter une loi restreignant le contrôle des armes, au grand dam de la puissante National Rifle Association (NRA).

Miss Sloane... (Image fournie par VVS) - image 2.0

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Miss Sloane

Image fournie par VVS

Un atout majeur: Jessica Chastain

Très verbeux, le scénario de Jonathan Perera (qui signe ici son premier script) est ponctué de coups de théâtre. Même s'il a pour cadre le milieu politique, il est résolument à ranger du côté de la fiction, de la même manière que le sont toutes les séries à saveur politique produites au cours des dernières années, House of Cards en tête. La réalisation du cinéaste britannique John Madden, connu surtout grâce à Shakespeare in Love et aux deux films campés dans le Best Exotic Marigold Hotel en Inde, est correcte, mais guère inspirée.

En revanche, Miss Sloane est un véhicule formidable pour Jessica Chastain. L'actrice se glisse dans le tailleur et les talons hauts de la lobbyiste avec une aisance remarquable et donne à son personnage une autorité carnassière qui s'impose d'emblée à l'écran. C'est grâce à sa performance que Miss Sloane soutient l'intérêt de cette façon. Si ça se trouve, peut-être même l'actrice pourrait-elle mettre la main sur une statuette dorée, comme l'a fait à l'époque mademoiselle Dunaway. Ou, à tout le moins, être en lice pour l'obtenir, comme mademoiselle Hunter. On le lui souhaite.

* * * 1/2

Miss Sloane (V.F.: Miss Sloane). Drame politique de John Madden. Avec Jessica Chastain, Gugu Mbatha-Raw, Mark Strong. 2h12.

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