Critique

The Angry Birds Movie atteint sa cible ***

La PresseHugo Meunier 3/5

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Hugo Meunier
Hugo Meunier
La Presse

L'idée, lorsque votre jeune et ambitieux patron vous demande (ordonne brutalement) d'aller voir Angry Birds : le film, c'est de ne pas le prendre personnel. Non, il ne vous déteste peut-être pas complètement, même si la couverture du Festival de Cannes ou une conversation sur le septième art avec Terrence Malick peut sembler hors de votre portée pour encore cinq millions d'années.

L'idée, lorsque votre jeune et ambitieux patron vous... (Sony Pictures via AP) - image 1.0

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Sony Pictures via AP

L'idée, lorsque votre jeune et ambitieux patron vous... (Sony Pictures via AP) - image 1.1

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Voilà pourquoi au moment même où l'avion d'un Xavier Dolan triomphant se posait sur le tarmac à Montréal, La Presse faisait un pied de nez à la journée la plus ensoleillée de l'année pour s'engouffrer dans la salle climatisée n13 du Star Cité.

Par professionnalisme (et pour ne pas avoir l'air trop suspect), nous avons trimballé une mioche de 4 ans - appelons-la Simone - dont la mission sera de déterminer si le film d'animation tiré d'une application pour tablettes et téléphones mondialement utilisée sur le siège de toilette est écoutable ou non.

D'emblée, les bandes-annonces laissaient présager le pire, en plus de témoigner d'un manque criant d'originalité, avec des suites aux films Lego, Les tortues ninja, Trouver Nemo et S.O.S. fantômes.

Et puis, les films basés sur des jeux vidéo donnent toujours des navets, non ? Insérez ici votre lointain souvenir de l'horrible Super Mario Bros.

La catastrophe anticipée n'aura finalement pas lieu.

Pas le choix de rendre à Rovio (le studio finlandais derrière Angry Birds) ce qui revient à Rovio : le passage du jeu sur grand écran est réussi comme un tir précis au lance-pierre sur un bâtiment fragile de cochons verts.

Ça fait mal de l'admettre, mais on s'amuse même davantage qu'en regardant un sketch censuré du Gala Les Olivier.

BIDONNANT MAIS BIDON

L'oiseau rouge Red est le vilain petit canard de l'île paradisiaque des oiseaux, où tout le monde est gentil et heureux. Il est asocial, rejeté et fait l'objet de railleries depuis l'enfance - notamment au sujet de ses gros sourcils - , au point d'habiter seul dans une maison sur la plage, à l'écart des autres.

Puni pour une bourde inutile à expliquer, Red est condamné à recevoir des leçons de gestion de la colère dispensées par Matilda. Il fait alors la rencontre de ses nouveaux copains : Chuck (le volatile jaune qui se déplace à la vitesse turbo ; voix de Rachid Badouri au Québec) et l'affable Bomb, qui a la fâcheuse manie d'exploser à la moindre contrariété.

Sans oublier Torrence, « interprété » par Sean Penn en anglais, un immense oiseau au plumage rouge perpétuellement de mauvais poil qui s'exprime seulement avec des grognements. Comme s'il venait de lire les critiques de The Last Face, le plus récent film de Penn descendu en flammes à Cannes.

L'action décolle (ho-ho) lorsque des cochons verts mal intentionnés débarquent sur l'île dans le vil dessein de voler les oeufs des oiseaux pour les ramener sur leur île, puis se taper une méga-omelette.

Les oiseaux auront l'aide de l'Aigle Vaillant, un oiseau légendaire et héroïque qui refait surface après un long exil, porté par la musique des années 80 où il semble avoir été figé.

La trame sonore du film est d'ailleurs surprenante et mélange les styles et les époques, avec des pièces de Rick Astley, Demi Lovato, Michael Jackson, Black Sabbath, Scorpion, Imagine Dragons et Limp Bizkit.

DRÔLES DE DOUBLE SENS

Quant à l'ingrédient magique qui fait que c'est comestible autant pour la jeune Simone que pour son père - pourtant un redoutable intellectuel - , et bien, il semble tenir en deux mots : Jon Vitti.

Le scénariste s'est surtout fait connaître par son travail d'écriture dans Les Simpson. Cet humour teinté de double sens propre à la série culte de Matt Groening transpire tout le long d'Angry Birds et s'exprime par mille références et clins d'oeil impossibles à comprendre pour les tout-petits.

En somme, avant de jeter le premier oiseau au lance-pierre au journaliste, donnez une chance à cette absurde adaptation, avec votre progéniture de préférence.

Au pire, la petite Simone est à louer. Elle est propre (mouais) et bien élevée, mais elle risque de vous achaler sans relâche pour obtenir (à nouveau) le combo-mini à 15 $ avec le verre Angry Birds et les M & M.

Vous voilà prévenus.

The Angry Birds Movie. (V.F. : Angry Birds : le film) ***.  De Jon Vitti. Avec les voix de Jason Sudeikis, Josh Gad et Peter Dinklage. 1 h 37.

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