Avril et le monde truqué: détournement d'histoire...

Dans Avril et le monde truqué, la jeune Avril... (PHOTO FOURNIE PAR MÉTROPOLE FILMS)

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Dans Avril et le monde truqué, la jeune Avril (voix de Marion Cotillard) décide de partir à la recherche de ses parents kidnappés en compagnie du «gredin des rues» Julius (voix de Marc-André Grondin).

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(Paris) Il s'agit d'une uchronie. C'est dire que le récit d'Avril et le monde truqué est campé dans une réalité fictive, «rétrofuturiste», élaborée à partir d'une torsion de l'histoire contemporaine.

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Le chat parlant Darwin (voix de Philippe Katerine) aide à retrouver les parents d'Avril.

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Le Paris de 1941 que l'on voit dans cet excellent film d'animation est en effet très différent de la réalité. Comme si rien n'avait bougé depuis le XIXe siècle. En rendant hommage à l'univers du bédéiste Jacques Tardi, qui fut lui-même impliqué dans le processus créatif, les scénaristes ont en effet imaginé le film en se demandant ce qui aurait pu arriver si le cours de l'histoire avait dévié de sa trajectoire.

«À partir du moment où l'on fait ce choix, nous ne sommes plus obligés du tout à nous en tenir à une véracité historique, précisent en entrevue Christian Desmares et Franck Ekenci, qui signent le film en coréalisation. On peut alors tout se permettre et y aller à fond dans la fantaisie. En même temps, nous tenions à rester fidèles à l'univers de Tardi et à l'esprit de ses bandes dessinées. Notamment sur le plan graphique.»

«Pour traduire l'univers de Tardi, nous avons surtout puisé dans le cinéma classique des années 40 et 50.»

Ainsi, les personnages vivent dans une réalité d'où sont absentes les inventions majeures déjà en usage dans les années 40. Tout fonctionne encore à la vapeur et au charbon. Il n'y a pas de radio, pas d'électricité, pas d'avions, etc. Dans ce pays dirigé par Napoléon V, la notion de progrès est inexistante.

Grondin et l'accent «titi»

Depuis 70 ans, les scientifiques disparaissent systématiquement. Une jeune fille délurée, Avril (à qui Marion Cotillard prête sa voix), décide de partir à la recherche de ses parents, kidnappés eux aussi. Elle sera aidée dans sa démarche par Darwin, son chat parlant (voix de Philippe Katerine), ainsi que par Julius, un «gredin des rues». Pour l'occasion, Marc-André Grondin emprunte avec beaucoup d'efficacité un accent «titi» parisien.

«Marc-André s'est super bien tiré d'affaire avec l'accent, reconnaissent les réalisateurs. On a beaucoup rigolé!»

Au-delà du talent naturel de celui qui s'illustre aussi bien dans le cinéma français que dans le cinéma québécois, les cinéastes ne cachent pas que les impératifs de la coproduction avec le Québec et la Belgique ont joué dans la composition de leur distribution. Macha Grenon et Benoît Brière prêtent en outre leur voix à des personnages secondaires. Plusieurs techniciens montréalais ont aussi été mis à contribution.

Les réalisateurs ont par ailleurs fait enregistrer aux acteurs leur partition sans vraiment leur montrer d'images. La plupart en étaient à leurs premières armes en animation.

«Ils ont enregistré complètement à l'aveugle, seulement avec le scénario», fait remarquer Franck Ekenci qui, avec Benjamin Legrand et Jacques Tardi, signe aussi le scénario de ce long métrage.

«On a filmé leurs séances. Quand est venu le moment de faire l'animation, nous avons parfois utilisé leur gestuelle. Cela dit, leurs voix étaient déjà très inspirantes. On préférait s'ajuster à eux plutôt que le contraire. Nous avons essayé de les diriger de la façon la plus précise possible, cela dit.»

Trouver le bon dosage

Entre l'idée de départ et la sortie du film, il aura fallu un peu plus de sept ans. Le financement obtenu ne pouvait permettre un film durant plus de 90 minutes.

«Le resserrement a probablement constitué l'étape la plus ardue de ce projet, expliquent les coréalisateurs. Le dosage du récit a été difficile à trouver. Il fallait d'une part préserver le mystère, mais il fallait aussi donner assez d'informations au spectateur pour ne pas perdre le fil. On s'est beaucoup questionnés là-dessus. Si nous avions porté à l'écran tout ce qu'il y avait dans le scénario, nous en aurions eu pour 2 heures 30. C'était impossible. Or, chaque scène avait son utilité. Tout s'imbriquait de telle sorte qu'il suffisait d'enlever une seule scène pour que l'ensemble s'écroule. On a tout reconstruit en essayant de faire en sorte que le récit reste cohérent.»

Couronné par le prix du meilleur film au Festival du film d'animation d'Annecy, Avril et le monde truqué n'a pourtant pas eu le succès escompté lors de sa carrière en salle en France.

«Le film est sorti une semaine avant les attentats, soulignent les coréalisateurs. Nous espérons que ça se passera mieux sur le marché international. On se console aussi à l'idée que la carrière d'un film de ce genre se déroule habituellement sur la longueur.»

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Avril et le monde truqué prendra l'affiche le 19 février.

Les frais de voyage ont été payés par Unifrance.

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