Karim Jallal: le cinéma comme remède

Karim Jallal... (PHOTO MARCO CAMPANOZZI, LA PRESSE)

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Karim Jallal

PHOTO MARCO CAMPANOZZI, LA PRESSE

Dans La ferme des humains, Raphaël Lacaille partage le premier rôle avec un acteur inconnu, Karim Jallal, qui a déjà tourné deux courts métrages avec le réalisateur Onur Karaman. Non seulement le Québécois d'origine marocaine est convaincant, mais il a beaucoup de mérite, ayant tourné malgré une sclérose en plaques.

«Je connais Karim depuis 1990, dit Onur Karaman. C'est le premier ami que s'est fait mon frère au Canada. Il a pris des cours à l'École nationale de l'humour. C'est un des gars les plus drôles que je connaisse. Depuis qu'il a la sclérose en plaques, il va à au-devant de ses phobies. Dans ce film, il m'a vraiment épaté. Après chaque prise, il allait s'allonger.»

Pas un seul instant, on ne devine que Karim Jallal est malade dans le film. Pourtant, le tournage n'a pas été facile.

«La première scène, quand on se chamaille avant le match de foot, il fallait que je charge le gars, raconte Karim Jallal en entrevue. Je savais que si je le faisais, ma journée serait finie, peut-être la semaine ou le mois. C'est vraiment imprévisible, ce truc-là.»

Karim Jallal dit s'être écroulé après avoir tourné cette scène. «J'ai vomi mes tripes. Les gens m'ont ramassé et m'ont emmené à la tente.» On lui a diagnostiqué la sclérose en plaques il y a six ans. Athlète accompli, joueur de soccer et de golf, il a suivi des traitements qui n'ont pas eu d'effets bénéfiques. «J'ai même fait une chimio de 14 mois, dit-il. Il y a un manque de respect envers les malades. Ce n'est pas parce que tu as une maladie incurable qu'on doit te donner toutes sortes de cochonneries.»

S'il a fait appel à des psychologues pour l'aider à supporter son état, le cinéma est le meilleur remède à ses angoisses. «Avec le film, au moins, on sort de la maladie. On fait autre chose. Et pour ce film, on s'est donné à fond.»

Arrivé au Québec à l'âge de 13 ans, Karim Jallal a «dépanné» Onur Karaman en jouant dans son premier court métrage, Stations. «Je n'avais pas d'expérience, dit-il. J'ai adoré faire Stations, mais encore plus La ferme des humains. Pour Stations, Onur avait la caméra à l'épaule alors que là, il y avait une équipe. En plus, il n'y a pas beaucoup de films qui mettent en vedette des gens pas nés ici. C'est comme si on avait donné le micro à quelqu'un d'autre. Ça fait plaisir.»

Dans le film, des scènes lui ont rappelé son enfance, dont celle où le père de Karim reproche à son fils de gâcher sa vie. «J'ai eu des clashs comme ça avec mon père, dit-il. On est confus quand on est déraciné à 13 ans. D'où la frustration et la colère.»

Onur Karaman filme depuis 2008 la propre vie de Karim Jallal depuis qu'il a été diagnostiqué. Le projet s'intitule L'histoire d'un malade. Mais l'acteur souhaite tourner des choses plus drôles à l'avenir. «J'ai envie d'un sujet humoristique, dit-il. Et j'ai d'autres projets avec Dominique [Quarré] et Raphaël [Lacaille], car Onur a bien aimé la chimie qui passe entre nous trois dans La ferme des humains




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