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La première version de Nuit #1 se terminait par une manif

Dimitri Storoge et Catherine De Léan dans Nuit... (Photo: fournie par K-Films Amérique)

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Dimitri Storoge et Catherine De Léan dans Nuit #1.

Photo: fournie par K-Films Amérique

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(Namur) Lorsque les manifestations étudiantes ont éclaté le printemps dernier au Québec, la réalisatrice Anne Émond a eu un choc... plutôt agréable.

Car dans la première version du scénario de son film Nuit #1 présenté à Namur dans le cadre du Festival international du film francophone (FIFF), l'histoire se terminait sur une manifestation de jeunes.

«Entre le moment où j'ai écrit le film et aujourd'hui, le Québec s'est un peu réveillé, dit-elle en entrevue. J'étais super contente de voir ce qui se passait ce printemps, car la première version de mon scénario se terminait par une manifestation. À la toute fin de l'histoire, Clara et Nikolaï sortaient déjeuner, tournaient un coin de rue et se retrouvaient devant une grosse manif. Ils se disaient: Mon Dieu, le monde a bougé! Le monde s'est assemblé dans la rue pour contester alors que nous, on était là à parler de nos problèmes.»

Finalement, dans la version finale, elle a modifié la scène de clôture. Pourquoi? «Il y a deux ans, en écrivant le scénario, je me demandais ce qu'il y avait sur les affiches, répond Anne Émond. Je ne savais pas pourquoi les étudiants [du scénario] manifestaient. C'est fou, la réponse est arrivée un an plus tard dans la vraie vie, avec des gens qui prenaient position, menaient un combat. Ils avaient, contrairement à mes personnages, une cause.»

La réalisatrice n'a pas de regrets. Elle se dit heureuse de cet éveil. «Dans le film, Clara et Nikolaï ne partagent pas que des problèmes personnels. Ils ont aussi des problèmes sociaux, des difficultés à s'engager dans le monde. Ils ont une désillusion par rapport à la politique. Ils sont complètement démunis. Et je pense que c'est un peu ça qui a changé au Québec.»

Sortie en France

Mme Émond est très heureuse du parcours de Nuit #1, qui est son premier long métrage. Le film voyage partout dans le monde. À Namur, il est en compétition dans la catégorie des premiers longs métrages.

«Je ne m'attendais à rien, lance-t-elle. Tu fais un film avec deux personnes, un lieu, et ça passe. Donc, je ne vis que de belles surprises, les ventes internationales, les festivals, etc. Là, il sort en salle en France le 7 novembre dans cinq ou six villes. Je suis censée faire une petite tournée. Tout cela est un peu surréaliste.»

____________________________________________________________________________

Une partie des frais de ce reportage sont payés par le FIFF.

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