Ayiti mon amour représentera Haïti aux Oscars

Le 12 janvier 2010, Haïti était frappé par un tremblement de terre de magnitude... (Photo fournie par le Festival de Toronto)

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Frankie Taggart
Agence France-Presse
LOS ANGELES

Le 12 janvier 2010, Haïti était frappé par un tremblement de terre de magnitude 7 qui a fait 316 000 morts et plus d'un million de sans-abris.

Le pays le plus pauvre des Amériques ne s'est pas encore remis totalement de ce séisme dévastateur, suivi d'une épidémie de choléra responsable de 10 000 victimes.

Et, l'an dernier, il était frappé par l'ouragan Matthew, le plus violent du pays en 50 ans.

Ayiti mon amour, premier film haïtien réalisé par une femme et qui représente le pays dans la course à l'Oscar du meilleur film en langue étrangère, montre comment le pays pleure encore ses morts et se bat pour se relever de ces catastrophes successives.

La cinéaste Guetty Felin, qui a voyagé à Port-au-Prince à bord d'un avion transportant des secours seulement dix jours après le séisme, se souvient avoir immédiatement compris l'ampleur de la tragédie.

«Je n'avais jamais senti l'odeur de la mort avant, comme s'il y avait des cadavres partout. Je disais: «C'est quoi cette puanteur?» C'était partout dans la ville, horrible», a-t-elle raconté à l'AFP.

Ayiti mon amour marque non seulement l'émergence d'une nouvelle voix forte dans le cinéma haïtien mais aussi une étape majeure dans le redressement culturel du pays.

Guetty Felin décrit le quotidien des Haïtiens post-séisme: les coupures d'électricité et d'eau, la menace du changement climatique, avec un lyrisme teinté de mysticisme.

Distribution locale

Née à Port-au-Prince, la cinéaste a grandi entre New York et Haïti mais c'est à Paris qu'elle a étudié l'art cinématographique et est devenue artiste.

Elle est tombée amoureuse du cinéma dans les drive-ins de Port-au-Prince, fuyant la dictature brutale de François «Papa Doc» Duvalier, suivi de celle de son fils Jean-Claude «Baby Doc».

«J'ai grandi dans cet environnement (...) mais en même temps c'était un espace de joie», raconte-t-elle, décrivant les fêtes et la musique de son enfance. «La fragilité de la vie - mes parents dansaient tout le temps - ça m'a vraiment inspirée».

Ayiti mon amour - qui cherche un distributeur aux États-Unis - n'a qu'un seul acteur professionnel. Le reste de l'équipe a été recruté au sein de la communauté locale et parmi la famille de la réalisatrice, notamment son mari le directeur de la photographie Herve Cohen et ses fils.

La vraie star du film est son fils cadet Joakim Ethan Cohen, 17 ans au moment du tournage et dont la première performance à l'écran a été acclamée.

«C'est comme un cadeau qu'il m'a fait», dit Mme Felin.

L'industrie du film à Haïti était déjà dans une situation périlleuse avant le tremblement de terre. Le dernier cinéma avait fermé un an auparavant, terrassé notamment par l'intense piratage qui sévissait dans l'île, mais aucun film n'a été projeté publiquement dans les cinq années ayant suivi la catastrophe.

«Le cinéma ce n'est pas la priorité des Haïtiens», qui luttent pour leur survie et pour reconstruire leur pays, explique la cinéaste.

Ayiti mon amour est né des ravages du séisme mais la réalisatrice, qui a perdu un proche et dit ressentir «la culpabilité du survivant», ne voulait pas que son film ne parle que de deuil.

«C'est aussi une lettre d'amour à cet endroit qui en même temps me frustre, me hante et me met en colère», mais qui «me passionne profondément».




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