Roman Polanski renonce à présider les Césars

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Françoise Michel
Agence France-Presse
Paris

Sous la pression d'associations féministes, le réalisateur franco-polonais Roman Polanski a renoncé à présider la cérémonie des Césars, le grand rendez-vous du cinéma français, à cause de l'affaire de viol d'une Américaine de 13 ans qui le poursuit depuis 40 ans.

Le réalisateur du Bal des vampires, de Tess, du Pianiste ou de Rosemary's Baby, qui a reçu de nombreux prix internationaux, est toujours poursuivi par la justice américaine pour le viol présumé d'une adolescente en 1977.

Dénonçant une polémique qu'il juge «injustifiée» et «alimentée par des informations tout à fait erronées», le réalisateur de 83 ans a annoncé mardi sa décision par la voix de son avocat, Hervé Témime.

Cette controverse a «profondément attristé Roman Polanski et atteint sa famille» et le réalisateur «a décidé de ne pas donner suite à l'invitation» des organisateurs de la cérémonie des «Oscars français», prévue pour le 24 février, d'après le communiqué de son avocat.

Plusieurs associations féministes se sont félicitées de son retrait tout en regrettant qu'il n'ait pas été directement destitué par l'Académie des Césars.

«S'il avait fait un braquage à main armée, il n'aurait jamais eu cette proposition. Cela nourrit l'idée que violer une femme, ce n'est pas grave», a souligné l'association Osez le féminisme.

«Ce choix (pour présider les Césars) était méprisant à l'égard des victimes de viols et d'(autres) agressions sexuelles et il faut éviter à tout prix la banalisation du viol et la culture des violeurs. Les faits sont anciens mais on est toujours responsable de ses actes», a de son côté déclaré Ernestine Ronai, responsable au sein du Haut conseil à l'égalité entre les femmes et les hommes.

Peu après l'annonce du choix du réalisateur par l'Académie des Césars, une pétition avait été mise en circulation sur les réseaux sociaux pour sa destitution, recueillant plus de 61 000 signatures mardi, ainsi qu'un appel au boycott de la cérémonie.

Refus d'extradition

Le choix du réalisateur avait aussi été condamné par la ministre des droits des Femmes, Laurence Rossignol. Sa collègue au gouvernement, la ministre de la Culture Andrey Azoulay, s'était en revanche abstenue de critiquer la désignation du réalisateur et avait loué un cinéaste de «très grand talent».

Le titre de président de la cérémonie des Césars est essentiellement honorifique, les récompenses étant attribuées par plus de 4000 professionnels.

Né en France de parents polonais, Roman Polanski avait été poursuivi en 1977 en Californie pour le viol d'une adolescente de 13 ans.

Libéré sous caution après 42 jours de prison, le cinéaste, à l'époque âgé de 43 ans, qui avait plaidé coupable de «rapports sexuels illégaux» avec une mineure mais nié le viol, s'était enfui des États-Unis avant le jugement, craignant d'être lourdement condamné.

Considéré depuis comme un «fugitif» par ce pays, il court toujours le risque d'y être extradé. En décembre 2016, la Cour suprême polonaise a mis fin à une procédure d'extradition entamée en 2014 à la demande de la justice américaine.

La victime, Samantha Geimer, a réclamé à plusieurs reprises l'abandon définitif des poursuites et a dit lui avoir pardonné.

«La justice suisse puis la justice polonaise ont refusé de faire droit aux demandes d'extradition des États-Unis. Ces décisions ont établi qu'il avait bien exécuté la peine qui avait fait l'objet d'un accord entre toutes les parties à l'époque, procureur et avocat de Samantha Geimer inclus. C'est donc d'une manière totalement injustifiée que cette polémique a surgi», a déclaré mardi l'avocat Hervé Temime.

Naturalisé français en 1976, Roman Polanski vit en France. Il n'est jamais retourné aux États-Unis, pas même en vue de recevoir l'Oscar du meilleur réalisateur en 2003 pour Le pianiste.

Depuis 1989, il est marié, en troisièmes noces, avec l'actrice française Emmanuelle Seigner qui lui a donné deux enfants.




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