Reda Kateb: le beau parcours

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Révélé grâce au film Un prophète de Jacques Audiard, Reda Kateb est l'un des acteurs français les plus sollicités du moment. Son plus récent défi fut de se glisser dans la peau de Django Reinhardt, icône du jazz et musicien influent, au moment où ce dernier enflammait de son swing les nuits parisiennes pendant l'occupation allemande.

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Django offre à Reda Kateb son premier grand rôle principal.

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Le guitariste Django Reinhardt, que l'on voit ici dans un club parisien, est mort en 1953, à l'âge de 43 ans.

photo archives agence france-presse

La proposition est tombée alors qu'il était en plein tournage. Reda Kateb n'a ainsi pas eu vraiment le loisir de se concentrer sur la nature du courriel qu'Étienne Comar lui a fait parvenir. Ce dernier, connu essentiellement comme scénariste (Des hommes et des dieux), lui faisait part de son projet : un long métrage consacré à Django Reinhardt, dont il s'apprêtait à écrire le scénario. Il lui annonçait aussi qu'il songeait à lui offrir le rôle et qu'il assumerait aussi la réalisation de ce film.

« À cette époque, je tournais beaucoup à l'étranger et j'ai pris beaucoup de retard dans la gestion de mes mails ! a expliqué l'acteur à La Presse au cours d'un entretien téléphonique. Je l'ai un peu laissé filer. Ce n'est que beaucoup plus tard, quand j'ai retracé ce mail, que j'ai demandé à mon agent de s'informer à propos de l'évolution de ce projet. Il s'adonnait qu'Étienne venait tout juste de terminer l'écriture de son scénario et qu'il s'apprêtait à faire des essais avec des acteurs. »

La rencontre entre les deux hommes a finalement eu lieu. Dès la fin de la lecture du scénario qu'Étienne Comar lui a remis en mains propres, il n'y a eu aucune hésitation de la part de Reda Kateb. En revanche, le cinéaste a quand même exigé un petit temps de réflexion.

« De mon point de vue, c'était un rôle impossible à refuser, affirme l'acteur. L'histoire de Django rassemble trop de choses qui, dans ma vie, sont importantes. Je suis passionné de musique, la culture tzigane me fascine, tout autant que leur monde. Une proposition comme celle-là est un cadeau. Évidemment, si le scénario n'avait pas été à la hauteur, cela aurait été une tout autre histoire. Mais ce n'est pas le cas. »

Dépasser l'image de l'icône

Django Reinhardt, mort à l'âge de 43 ans en 1953, est bien entendu une icône de la scène musicale. Le film que lui consacre Étienne Comar s'attarde essentiellement à deux années de la vie du musicien, celles où, au milieu de la guerre, les nazis tentent de faire de lui un instrument de propagande en l'invitant à Berlin pour donner quelques concerts. Un peu comme tout le monde, Reda Kateb connaissait la vie du guitariste dans les grandes lignes, mais sans plus.

« Jouer un personnage qui a existé représente un défi différent. Surtout quand il s'agit de quelqu'un qui, comme Django, a marqué les esprits. Il faut dépasser l'image de l'icône et trouver l'humanité de l'individu. Surtout, il ne fallait pas tomber dans l'hagiographie. »

Né dans une famille où, du côté paternel, on exerçait le métier d'acteur, Reda Kateb est tombé dans la marmite artistique très jeune. À l'âge de 8 ans, il donnait d'ailleurs la réplique à son père. Sa formation de musicien l'a aussi beaucoup aidé dans son incarnation de Django Reinhardt.

« Je me suis préparé pendant un an, dit-il. Non seulement en jouant de la guitare, mais aussi en écoutant Django, tout le temps. »

L'effet Clack Gable

En regardant aussi quelques documents, Reda Kateb est parvenu à trouver le personnage grâce à une piste plus inattendue. Django Reinhardt étant un grand admirateur de Clark Gable, le musicien a emprunté une attitude qui se rapprochait un peu de celle du légendaire acteur.

« Django aimait préserver ses mystères, ajoute Reda Kateb. Il fallait aussi faire le tri entre ses contradictions, mais cela constitue l'intérêt d'un exercice comme celui-là. Son admiration pour Clark Gable m'a donné une clé vraiment intéressante, car nous sommes souvent définis par nos mythes ou par les personnes qui ont un impact dans nos vies. Il est même parfois plus intéressant d'aborder un personnage par cette voie détournée que d'entrer dans sa propre psychologie. En regardant les films de Clark Gable, comme It Happened One Night et San Francisco, j'essayais de m'imaginer Django en train de les regarder. Je le vois comme un grand timide romantique qui tente de se donner de l'assurance en se projetant dans un acteur à qui il aurait aimé ressembler. »

De l'exigence

Lauréat en 2015 du César du meilleur second rôle grâce à Hippocrate (Thomas Lilti), Reda Kateb a aujourd'hui l'occasion de se faire valoir dans le premier grand rôle principal de sa carrière. À ses yeux, il s'agit d'une simple et belle continuité dans la carrière d'un acteur qui, c'est l'évidence même, fait preuve d'exigence dans ses choix.

« J'ai eu la chance de décrocher mon tout premier rôle au cinéma dans Un prophète, sous la direction de Jacques Audiard. Pour moi, ce fut très marquant. Je ne sais pas s'il y a un "avant" ou "après" Django, car je ne pense pas en ces termes-là. Cela dit, le moment où j'ai vraiment senti que le regard des gens sur moi commençait à changer est survenu avec Hippocrate. Peut-être est-ce dû au fait que j'y incarnais un médecin. Avant, on m'a vu surtout dans des rôles de bandits. Du coup, de belles mamies se sont mises à m'arrêter dans la rue, plutôt que de jeunes loubards ! »

Cet été, Reda Kateb tourne une production ambitieuse aux côtés d'Omar Sy et de Mathieu Kassovitz. Chant du loup est le premier long métrage d'Antonin Baudry, notamment coauteur de la bande dessinée Quai d'Orsay.

« Il s'agit d'un thriller dans lequel je joue le commandant d'un sous-marin nucléaire, indique l'acteur. C'est du grand spectacle, mais le film raconte aussi le contexte géopolitique dans lequel on vit. Et les enjeux qui en découlent. »

Django prendra l'affiche le 7 juillet.




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