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    Dustin Hoffman: l'étoile aux pieds sur terre

    Dustin Hoffman... (Photo TWC / Alliance)

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    Dustin Hoffman

    Photo TWC / Alliance

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    Sonia Sarfati
    La Presse

    (Toronto) À 75 ans, Dustin Hoffman relève un nouveau défi: la réalisation. Il y pensait, a hésité. A plongé. Sur l'air de Quartet, comédie dramatique où il est question d'art et de vieillissement, d'amour, d'amitié et de relations humaines. Autant de choses qui lui sont familières. La Presse est le seul média québécois à qui il a accordé l'une des rares entrevues en tête-à-tête auxquelles il s'est prêté durant le TIFF.

    Ce qui frappe de Dustin Hoffman, c'est combien, malgré son statut de vedette, il a les pieds sur terre. Bien d'autres, qui n'ont ni n'auront peut-être jamais sa stature professionnelle, ont tendance à regarder le monde à partir de leur nombril. Pas lui. C'est avec chaleur et enthousiasme qu'il s'adonne au jeu des entrevues. Heureux comme un gamin de 75 ans qui vient d'ajouter une nouvelle carte à son jeu et la brandit, tel un magicien, aux yeux de tous, en espérant qu'elle leur plaise.

    Cette carte est un 4 de coeur. Quartet. Comme la pièce de Ronald Harwood, dont le film est l'adaptation... et la première réalisation de la vedette de The Graduate, Midnight Cowboy, Tootsie et tant d'autres.

    On y suit des chanteurs d'opéra à la retraite (Maggie Smith, Tom Courtenay, Billy Connolly et Pauline Collins), autrefois connus pour leur interprétation du fameux quartet du Rigoletto de Verdi et vivant aujourd'hui, avec d'autres artistes, dans un manoir situé à l'extérieur de Londres. Où ils coulent des jours pas si paisibles.

    «Ces chanteurs sont une race différente d'artistes parce qu'ils sont souvent considérés comme matures et au sommet de leur art assez tard dans leur vie», note Dustin Hoffman qui, dans la vingtaine, partageait une maison avec six colocataires - dont Robert Duvall et son frère, qui était chanteur d'opéra et avait «recruté» des collègues pour partager le loyer. «Je n'ai pas une profonde culture de cet art, mais je sais de quoi sont faits ses interprètes», dit-il.

    C'est d'ailleurs pour cela que, quand il a accepté de prendre les rênes de Quartet, il a tenu à ce qu'à part les quatre rôles principaux, les occupants de Beecham House soient joués par de véritables sopranos, ténors et autres barytons, «des artistes à ce troisième acte de la vie, où l'on devient invisible aux yeux du plus grand nombre».

    Ce thème, ce milieu sont autant de facteurs qui l'ont poussé à accepter le défi de la réalisation.

    Oh, il rêvait de réaliser depuis des décennies! Il avait failli plonger en 1978 avec Straight Time. «J'avais travaillé sur le scénario et fait la distribution, je devais aussi y tenir la vedette et... et ça n'allait pas, il y avait quelque chose que je ne sentais pas. Je me suis renvoyé comme réalisateur et j'ai engagé Ulu Grosbard à ma place», pouffe-t-il.

    Puis, le temps a passé. L'acteur n'a jamais chômé, ce qui n'a laissé aucune place au réalisateur dormant. Jusqu'à la lecture du scénario de Quartet. Dans un avion. «J'ai pleuré en le lisant. Moi! Je ne pleure jamais!» C'était un signe. Sur lequel sa femme, Lisa, a insisté quand il a hésité devant la proposition formelle de réaliser le film. «Mais j'étais prêt, j'étais - enfin! - dans le bon état d'esprit pour cela. Je ne peux en dire plus sur pourquoi maintenant, pourquoi avec ce projet-là: il y a une part de mystère dans cela. Comme dans toutes les grandes décisions de la vie.»

    Chose certaine, une fois la décision prise, Dustin Hoffman s'est mis sérieusement au travail. Il est repassé sur le scénario, y a fait ajouter des anecdotes que lui avaient racontées ses colocataires, des décennies plus tôt. «Les plus croustillantes dont il est fait mention dans le film sont véridiques.» Il a investi le principal lieu de tournage. «Beecham House est inspiré du manoir que Verdi s'est fait construire à Milan et qui, selon ses dernières volontés, a été transformé en maison de retraite pour chanteurs et musiciens. Nous avons donc trouvé cette grande maison située à une heure de Londres, qui appartient à la même famille depuis le XVIIe siècle. Elle est louée tous les week-ends pour des mariages. Donc nous devions, chaque fin de semaine, tout remettre en l'état. J'ai travaillé fort sur ce film. Mais ce n'est rien à côté de mon équipe!»

    Combien de fois, en cours d'entrevue, il rend hommage à ses troupes! En pré et en postproduction. Devant et derrière la caméra.

    À ce sujet, d'ailleurs, pourquoi a-t-il décidé de ne pas s'engager comme acteur dans Quartet? Trop jeune pour cela? lui suggère-t-on. Il éclate de rire. «J'adore! Oui, c'est ça, vous avez raison!» Et comment! Ce rire, cet enthousiasme sont ceux d'un gamin, et émanent de quelqu'un qui n'est certainement pas encore «invisible». Qui ne le sera probablement jamais.

    En fait, Dustin Hoffman est un merveilleux interprète de ce troisième acte de la vie.

    Quartet (Le quatuor) prend l'affiche le 18 janvier.

    ***

    Rencontre du troisième type

    En ces journées de Festival international du film de Toronto, les couloirs de l'hôtel Intercontinental grouillent de célébrités. Ici, Ryan Gosling et Eva Mendes. Plus loin, Colin Farrell rigole avec Martin McDonagh. Ah, mais si ce n'est pas Bradley Cooper et Jennifer Lawrence! Et ainsi de suite. Assis sur des chaises ou sur le tapis, les journalistes observent. Attendent l'acteur ou le réalisateur qui leur accordera quelques minutes.

    C'est alors que surgit une armoire à glace. Format garde du corps. Qui entre dans la pièce près de laquelle on patiente. Il en ressort quelques secondes plus tard. Fait signe à la relationniste que tout est beau. Elle s'éclipse. Revient bientôt avec «notre» vedette. Et son entourage. L'assistante. Le manager. L'agent, peut-être.

    Pincement à l'estomac. Nervosité. On réalise qu'un tête-à-tête avec une légende vivante n'est pas un moment ordinaire. On nous appelle. On entre dans la suite, un peu intimidée. Et soudain, il est là. Tout sourire. Il vous serre la main. Se présente (!). Dustin Hoffman. Demande notre nom (heu... c'est quoi, déjà?). Et nous entraîne vers un fauteuil. Pendant 20 minutes, malgré les efforts des uns et des autres pour mettre fin à l'entretien - horaire oblige, il faut faire vite -, il parle, il rit, il s'inquiète. Il nous questionne même.

    On quitte la pièce sur un nuage. Charmée bien que consciente que cette complicité n'est que de façade. Il a joué son rôle à merveille, c'est-à-dire vendu sa salade avec l'enthousiasme nécessaire. C'est la règle du jeu.

    Le lendemain. Autre hôtel. Autres entrevues. Autres ascenseurs qui se font attendre. Soudain, les portes s'ouvrent sur Dustin Hoffman (et son entourage, oui). On le sait, il ne nous reconnaîtra pas. Ils ne nous reconnaissent jamais. Normal.

    On se trompe. Lorsque ses yeux se posent sur nous, il se met à sourire. S'avance. Et nous serre dans ses bras comme si on était une vieille amie. Il dit combien il est ravi de nous revoir. Nous glisse à l'oreille combien la première du film, la veille, s'est bien passée. Combien il était nerveux. Combien il est maintenant soulagé. Et heureux.

    On réalise alors qu'on a probablement parlé à l'homme derrière la star. Dans ce milieu, c'est une chose aussi rare, sinon plus, que les rencontres du troisième type.

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