La Falla: embraser le passé, construire son avenir

Sur la photo, les « falleros » Samuel, Léa, Lazaro,... (PHOTO ROBERT SKINNER, LA PRESSE)

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Sur la photo, les « falleros » Samuel, Léa, Lazaro, Indy, Linda Bouguettaia (PITREM), Hélène et Wys

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Stéphanie Dupuis
La Presse

Embraser une oeuvre qui a pris 10 semaines à construire, voici ce qu'offre la TOHU en guise de deuxième chance aux jeunes en difficulté à Montréal. Depuis son ouverture, en 2004, l'établissement accompagne tous les ans près de 10 stagiaires en insertion socioprofessionnelle. Rencontre avec les passionnés derrière l'oeuvre La Falla.

La Falla, cette fête carnavalesque qui provient de Valence, en Espagne, constitue un nouveau départ pour les «falleros», nom donné aux stagiaires qui participent à la confection de cette grande structure artistique. L'installation massive, qui fait près de 9 m de hauteur sur 8 m de largeur, à l'image de la thématique du 375e anniversaire de Montréal, nécessite des travaux de menuiserie, de modelage et de peinture.

Les jeunes adultes en stage, pour la plupart résidants de Montréal-Nord, n'ont pas toujours eu la vie facile. En majorité issus de communautés culturelles diverses, ils cherchent une voie vers l'employabilité.

«Quand je suis arrivé, on a tout de suite vu mon intensité, mon énergie. On a créé des liens facilement, et je suis vraiment motivé à le faire jusqu'au bout cette fois-ci.»

Lazaro, qui n’en est pas à son premier groupe du genre

Tous les matins, à la même heure, les falleros se rendent sous les chapiteaux situés dans la cour arrière de la TOHU pour y travailler le bois, la peinture ou le modelage. « On leur enseigne à être des employés », lance Alex Gauvin, qui en est à sa première année en tant que chef d'atelier.

Lorsqu'on leur pose la question, certains diront qu'ils participent à ce programme pour découvrir de nouveaux intérêts. Pour d'autres, tout était dessiné dès le départ en raison de l'aspect artistique, ou encore manuel. « On leur offre une courte formation, assez pour qu'ils soient autonomes. Puis, ils trouvent chacun leur spécialité selon leurs intérêts », explique le chef d'atelier.

Avec une attestation de stage en main, remise par la TOHU, les jeunes ont pensé pendant leur insertion à une voie d'avenir pour eux. Toutes les semaines, une conseillère en emploi du Programme d'information sur le travail et la recherche d'emploi de Montréal (PITREM) les rencontre ; un chemin d'avenir se dessine peu à peu pour la plupart d'entre eux, vers les études ou le travail.

IMPLICATION CITOYENNE

Approuvé depuis cette année par l'UNESCO, ce projet ne vient pas seul. La TOHU réunit depuis 2004 plusieurs centaines de bénévoles provenant de différents organismes du quartier Saint-Michel. De CPE à la Maison d'Haïti en passant par des camps de jour, près de 300 personnes mettent la main à la pâte pour aider la structure à prendre forme. « On cherchait quelque chose d'à la fois rassembleur et qui signifie le renouveau », lance Carl Champagne, responsable du projet.

Après que les falleros ont apporté maints efforts pendant 10 semaines, autant physiques que psychologiques, la TOHU organise des festivités de trois jours pour mettre en valeur l'oeuvre créée. Prestations de musiques du monde et de cirque sans filet sont au programme.

Le jour de l'embrasement, samedi, plusieurs milliers de personnes sont attendues pour clore la fête. Parmi la foule, des bénévoles, des curieux, mais surtout des amis et des membres de la famille des falleros.

La Falla - L'art de mettre le feu ! est présenté du 10 au 12 août. La sculpture sera embrasée le 12 août à 20 h 30.




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