Jean-Michel Anctil: derrière le personnage

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Avec Je4n-Michel, Jean-Michel Anctil compte prouver au public, mais aussi à ses pairs, qu'il a encore sa place dans l'impitoyable monde de l'humour.

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À l'aube de la cinquantaine, un vent de changement souffle sur la carrière de Jean-Michel Anctil. Pour Je4n-Michel, son quatrième spectacle en carrière, présenté à partir de jeudi au Théâtre St-Denis, l'humoriste a décidé de faire les choses autrement en accrochant les perruques et costumes de scène qui ont longtemps été sa marque de commerce.

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Seuls deux personnages ont survécu au changement de cap de Jean-Michel Anctil : l'indémodable Râteau (en 1997 sur notre photo) et Préscilla, tous deux dépouillés de leurs artifices sur scène.

Photo Bernard Brault, archives La Presse

Avec ses 20 ans de carrière au compteur et ses trois trophées d'humoriste de l'année, Jean-Michel Anctil aurait pu être tenté de se reposer sur ses lauriers. Pourtant, avec Je4n-Michel, il compte prouver au public, mais aussi à ses pairs, qu'il a encore sa place dans l'impitoyable monde de l'humour.

« Un soir dans un bar, juste avant de monter sur scène, je me suis fait dire par un jeune humoriste que "la game avait changé", que mon "affaire de personnages, ce n'est plus ça" », se souvient Jean-Michel Anctil, qui a décidé de repousser son spectacle d'un an alors qu'il était envahi par le doute. 

« J'effaçais tout ce que j'écrivais. Je ne me donnais pas la chance de me tromper. En voyant ces jeunes faire leurs numéros et courir d'une soirée d'humour à une autre pour tester leur matériel, j'ai compris que c'était ça, la game, maintenant : les humoristes sont rendus des businessmen ! » lance Jean-Michel Anctil.

Soucieux de se renouveler, il a ainsi choisi de mettre en retrait ce qui avait jusqu'ici fait son succès : ses personnages. « J'ai vu plusieurs humoristes qui ne renouvelaient pas leur recette et s'épuisaient. Si j'avais refait un show avec des costumes et le même pattern, on m'aurait dit que je refaisais encore la même chose ! », observe celui qui a choisi d'exploiter les thématiques du regard de l'autre et des changements dans son quatrième spectacle mis en scène par Dominic Anctil. « Mon frère m'a dit que tout ce que je voulais changer était en fonction du regard des autres. Alors on s'est lancé là-dessus », dit-il.

Sauf Râteau et Préscilla

Seuls deux personnages ont survécu au changement de cap de Jean-Michel Anctil : l'indémodable Râteau et Préscilla, tous deux dépouillés de leurs artifices sur scène.

« J'ai gardé Râteau, car j'ai un plaisir fou à le faire et je savais que je pouvais l'amener ailleurs. Je me suis blessé aux Recettes pompettes, j'ai été deux mois à avoir de la difficulté à marcher. Ça m'a permis de ralentir Râteau, de lui donner une sensibilité et une sincérité, y compris dans son propos. Il parle notamment de différence, et son discours a beaucoup d'écho dans l'actualité », explique Jean-Michel Anctil. Quant à Préscilla, elle fera un bref retour sur scène sans artifices pour ne pas décevoir ses fans. 

« J'ai eu le flash de dire aux gens que je ne porte plus de perruques ni de robe parce que Bruce Jenner m'a influencé, et ça fonctionne ! », lance Jean-Michel Anctil, en riant.

Il y a maintenant 20 ans, Jean-Michel Anctil faisait ses premiers pas en tant qu'humoriste en incarnant sur scène le jeune Maxime, un personnage qui lui a permis de gérer sa timidité, mais qui, aujourd'hui, ne fait plus partie de sa vie.

« Je ne me voyais plus faire un enfant, personne n'y aurait cru. J'avais fait le tour, et ç'a été dur de le tasser, car il a toujours fait partie de tout ce que je faisais. C'est mon clown intérieur ! Mais j'ai commencé à me faire plus confiance, à parler davantage de moi, sans artifice, et ça semble marcher », observe l'humoriste.

Une longue histoire

Avec Je4n-Michel, il souhaite ainsi faire partager à son public sa peur de vieillir, son obsession pour son poids et même ses défauts. L'humoriste s'est également inspiré de ses péripéties à San Francisco et à Nice pour tisser un spectacle qui se veut une longue histoire de 1 h 45 min plutôt qu'une succession de sketchs.

« Je voulais être fier de ce spectacle-là, et je le suis. Au début, quand tu écris, tu veux que le public suive, mais veux, veux pas, tu penses aussi aux médias. J'ai rarement eu de bons papiers sur mes shows. Le spectacle que j'ai le plus vendu, Rumeurs [532 000 billets], je m'étais fait ramasser ! J'espère faire l'unanimité pour celui-ci », conclut Jean-Michel Anctil.

Je4n-Michel, du 23 au 25 mars au Théâtre St-Denis




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