La bibliothèque interdite: Sébastien Ricard se livre

Sébastien Ricard, à gauche, tiendra l'affiche dans l'opéra-tango... (PHOTO BERNARD BRAULT, LA PRESSE)

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Sébastien Ricard, à gauche, tiendra l'affiche dans l'opéra-tango La bibliothèque interdite écrit et composé par le bandonéoniste Denis Plante.

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Mario Cloutier

Après son Richard III au TNM en début d'année, Sébastien Ricard revient sur scène. Seul... ou presque. Il joue un opéra-tango intimiste, écrit et composé par le bandonéoniste Denis Plante: La bibliothèque interdite.

Sébastien Ricard retourne à la scène en acteur, chanteur, danseur et marionnettiste. Après un Richard totalitaire, voici un spectacle total où tous ses talents seront mis de l'avant.

C'est le pari que son ami, le musicien Denis Plante, et lui se sont lancés il y a cinq ans avec le spectacle La bibliothèque interdite, un opéra-tango intimiste, inspiré du grand écrivain argentin Jorge Luis Borges.

«Denis vient de la musique classique, explique Sébastien Ricard. C'est plus rigoureux. L'idée ne me déplaisait pas. Avec Loco Locass, on a fait des spectacles avec des ensembles classiques et cela a toujours été concluant. Ça donne quelque chose d'assez singulier. Je n'ai jamais fait autre chose de semblable.»

Les deux amis se sont rencontrés à Québec en 2010 dans le cadre d'un projet avec Les Violons du Roy au festival de littérature. Denis Plante avait trouvé en Sébastien Ricard le partenaire idéal pour mener à bien ce spectacle musical et littéraire.

«C'est en continuité avec tout ce que j'ai fait avant, dit le directeur de l'ensemble Tango Boréal. Je voulais depuis longtemps en arriver à quelque chose qui se rapproche de l'art total, en reliant toutes les sphères des arts en un projet.»

Argentine

Le récit se base sur des faits réels, soit la disparition de plusieurs artistes et poètes avant l'arrivée au pouvoir de Juan Perón en Argentine. On passe une journée dans la vie d'un poète dont un texte n'a pas plu aux autorités...

«Le sujet est grave, avoue Denis Plante. C'est l'histoire d'un homme pris par sa passion face aux enjeux de la dictature, de la démocratie et des votes truqués. Mais ce n'est ni larmoyant ni un plaidoyer politique.»

«Il y a beaucoup d'autodérision chez ce personnage, ajoute Sébastien Ricard. Il y a une distanciation face aux événements. On peut arriver à en rire. Les chansons apportent un autre niveau de jeu. La musique porte le poète vers un ailleurs.»

Oui, Sébastien Ricard chante, danse et manipule même une marionnette. La bibliothèque interdite nage dans les eaux «réalisme magique» dit son auteur, Denis Plante, dans un flou artistique entre fiction et réalité.

«Libre aux spectateurs de se situer par rapport aux événements relatés dans la pièce», dit-il.

Poètes

Aucun texte d'auteur latino-américain ou espagnol ne se retrouve dans la pièce, mais les problèmes que vit le poète dans la pièce sont bien ceux qu'ont connus à une autre époque les Neruda, Lorca et Borges.

«Le plus grand défi pour moi, c'était de faire parler ce poète sur scène, avoue Denis Plante, parfois en alexandrins, avec une densité et des chansons à la hauteur.»

«Denis est un excellent parolier, commente Sébastien Ricard. Les chansons s'insèrent dans la trame du récit sans césure. C'est comme si notre poète avait deux manières de s'exprimer. Il a des échanges avec le chef de la police qui est interprété par une contrebasse. La musique sert de fil conducteur dans le spectacle.»

Sur scène avec lui, Tango Boréal donc avec Denis Plante, bandonéon, Denis Poliquin, guitare, et Francis P. Palma, contrebasse. Complice depuis quelques années de Sébastien Ricard, Brigitte Haentjens a aussi contribué à la mise en scène du spectacle.

«Brigitte nous a beaucoup aidés pour nous donner confiance, dit Denis Plante. Ça prenait son regard, ce recul que tous les deux nous n'avions pas. Pour que tout serve le récit. Elle nous a ramenés à une certaine sobriété.»

En évitant les redites et les clichés dont sont parfois victimes les spectacles de tango.

«Je ne voulais pas d'une prostituée dans un bar qui rencontre un gaucho. Je trouvais qu'il y avait des enjeux dans les années 30-40 en Argentine qui avaient encore une pertinence aujourd'hui», conclut Denis Plante.

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La bibliothèque interdite est présentée les 23 et 24 et du 28 au 31 octobre au Théâtre Outremont.

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