RBO - The Tounes au Centre Bell: pas juste pour rire

Ce qui tenait de l'événement il y a... (Photo Edouard Plante-Fréchette, La Presse)

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Ce qui tenait de l'événement il y a 12 mois était devenu vendredi soir une affaire de pros, certes, mais de pros dont la spontanéité d'adolescents attardés était belle à voir, selon notre critique.

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Quelques minutes à peine après le début du premier de leurs deux spectacles en deux soirs, vendredi soir, on a su que les gars de Rock et Belles Oreilles avaient gagné leur pari. Sitôt qu'ils sont apparus sur la grande scène du Centre Bell, après une présentation vidéo pleine d'autodérision, le public s'est levé d'un bond pour les acclamer.

Ça tombait pile : Charles Lipton-poulet-et-nouilles, qui aurait pu être le sosie de Bruno Landry sans sa perruque frisée, a enchaîné avec l'hymne national devenu un Ô Canada sarcastique sur l'air du Star Spangled Banner américain. C'était parti pour plus de deux heures de rire, spontané et parfois un tantinet coupable, de chansons reprises en choeur et d'extraits filmés souvent rafraîchis un an après le mémorable spectacle gratuit de la place des Festivals.

Ce n'était pas la grand-messe de 2014, avec son impressionnante mer de monde, c'était plutôt un spectacle d'aréna hyper efficace mettant brillamment en évidence la maestria de RBO en humour baveux, de mauvais goût ou carrément nono, en chansons improbables et pourtant véritablement populaires et en moments de télé mémorables ressuscités sur écran ou actualisés sur scène.

Ce qui tenait de l'événement il y a 12 mois était devenu une affaire de pros, certes, mais de pros dont la spontanéité d'adolescents attardés était belle à voir, pendant le quiz chanté animé par Richard Z Sirois et dansé à gogo par quatre gars pour qui la pudeur est un concept abstrait.

Dès I Want To Pogne, le premier succès au programme de la soirée, on se serait presque cru au show de U2, il y a un mois. Ce public qui l'ovationnait, RBO n'allait pas tarder à le niaiser gentiment, comme il s'est moqué de l'omniprésent maire Coderre, qui a vite récupéré l'affaire depuis son siège dans les rouges près de la patinoire. Un peu plus tard, c'est Chantal Francke, la fille de RBO, qu'on venait de voir à l'écran en duplex dans son personnage de Mulo, la chanteuse sexy-nouille française, qui a été longuement ovationnée après avoir été présentée par sa « petite cousine » Mitsou.

Les personnages de RBO se sont relayés sur scène ou sur écran, la famille Labotte empruntant leur grand succès Le trou aux Suppositoires de Satan, qu'on allait évidemment revoir peu après sur cette scène faite sur mesure pour leur hymne On veut du rot. Le chef Groleau, plus dégueulasse que jamais, a fait cadeau à un spectateur d'un gâteau d'anniversaire au crastillon Forêt-Brun qui donnait des haut-le-coeur même à une saine distance de la scène. La famille Slomo, les Bidules, le curé des sourds, le délicieusement dyslexique Cherze Siachon, l'ineffable Ringo Rinfret et son méga succès Pourquoi se droguer ?, repris par la chorale des spectateurs, nommez-les, ils étaient tous là, plus drôles, plus cons et tout aussi essentiels que jamais.

RBO remet ça samedi soir toujours au Centre Bell. Un conseil : précipitez-vous-y !

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