Un «comédie club» francophone à Montréal

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La rumeur circulait depuis quelques mois sur la naissance d'un comédie club dont les propriétaires seraient des humoristes.

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À l'initiative de François Bellefeuille, le premier «comédie club» francophone officiel de Montréal, inspiré des comedy clubs américains, ouvrira ses portes le 10 avril, rue Ontario. Louis-José Houde, Laurent Paquin, Martin Petit, Mike Ward et Charles Deschamps ont décidé de se payer la traite et de se joindre à l'aventure d'un «gym pour humoristes».

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François Bellefeuille

Photo: archives La Presse

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Louis-José Houde

Photo Archives La Presse

Entre les galas Juste pour rire dans la grande salle du St-Denis et les populaires soirées de la relève dans les bars, il manquait une offre intermédiaire pour les fans d'humour: un comédie club de qualité, où des humoristes établis et de nouveaux visages pourront autant s'éclater que tester leur matériel. «C'est comme un gym pour humoristes», résume François Bellefeuille, qui réalise un rêve persistant dans la communauté des comiques.

La rumeur circulait depuis quelques mois sur la naissance d'un comédie club dont les propriétaires seraient des humoristes. C'est maintenant confirmé: Louis-José Houde, Laurent Paquin, Martin Petit, Mike Ward et Charles Deschamps sont propriétaires du Bordel, avec Bellefeuille. Pourquoi ce nom? C'est que l'endroit, situé au 312, rue Ontario Est, a été autrefois l'un des plus importants bordels du Red Light...

Dans cette liste de célébrités, le nom de Charles Deschamps est moins connu, et c'est normal, puisqu'il vient tout juste de sortir de l'École nationale de l'humour. Mais on peut dire que c'est un «humoriste entrepreneur», déjà propriétaire d'un bar, le Jockey, où il présente des soirées d'humour. «Les gars font ça pour la passion du métier, dit-il. C'était un must qu'on arrive à un vrai comédie club à Montréal!»

«On est allé le chercher pour sa compétence et son temps, explique François Bellefeuille, parce qu'on ne voulait pas gérer un bar: on n'a pas le temps!»

François Bellefeuille se dit intarissable en ce qui concerne ce projet qui voit enfin le jour. «On n'a pas vraiment de but mercantile, explique-t-il. On fait ça pour la passion... Je suis allé voir le Comedy Central de New York: tous les grands noms sont passés par là, et ce que j'aime, c'est la formule sans artifice, une petite salle avec plus de promiscuité, le rire efficace, la formule MC de l'animation. On se vante, au Québec, d'être les meilleurs en humour, mais il faut voir ce qui se fait autour.

«On se dit régulièrement, entre humoristes, que ceux qui restent au top sont souvent ceux qui continuent à aller dans ces petites places. C'est là que naît la passion, parce que c'est là qu'on se met en danger», ajoute François Bellefeuille.

Un lieu d'audaces et de liberté

Selon François Bellefeuille, la réponse du milieu est excellente et il estime qu'il pourrait facilement y avoir une cinquantaine d'humoristes en roulement au Bordel.

On suivrait la formule classique du comedy club, soit un spectacle d'environ une heure et demie, où chaque humoriste aurait droit à 15 minutes (une durée qu'il devra respecter), avec un animateur pour faire les présentations, dans une salle de 120 places où les cellulaires seront interdits et qui permettra toutes les audaces. Pas seulement dans la vulgarité, comme on se l'imagine, mais aussi dans l'absurde, l'originalité, la maturité ou l'intellect.

François Bellefeuille, qui fréquente toujours les soirées d'humour de la relève dans les bars, ne croit pas que le Bordel leur fera concurrence. «On offre autre chose et les deux peuvent cohabiter, et même s'entraider. Le problème dans beaucoup de soirées d'humour, c'est que le public est très jeune et que ce n'est pas évident, parfois, d'essayer des textes sur des sujets de vie plus dans la norme, plus matures.»

Un comédie club piloté par des humoristes, est-ce une façon de s'offrir une indépendance et une liberté dans une industrie où Juste pour rire est omniprésent? «On aurait pu demander à Juste pour rire d'ouvrir un comédie club, mais j'avais peur que ça devienne quelque chose qu'on ne voulait pas. On veut s'assurer que c'est notre bébé. Juste pour rire est à l'origine de choses extraordinaires au Québec, je lui dois ma propre carrière, mais je pense qu'on est à la croisée des chemins et que la clé, c'est que les humoristes s'adressent à un public de plus en plus précis.

«J'ai l'impression que dans les galas, on veut essayer de plaire à tout le monde tout le temps et qu'on est à côté de la track, car on ne peut faire rire des gens de 18 à 75 ans avec les mêmes choses, poursuit Bellefeuille. Le Bordel va s'adresser aux passionnés d'humour. On espère que dans 10 ans, l'endroit devienne mythique et que les humoristes se vantent d'y avoir présenté leurs numéros. Je suis tellement excité à l'idée, et c'est certain que je vais roder mon deuxième one-man-show là-bas!»

Le Bordel comédie club ouvrira ses portes le 10 avril, et présentera des spectacles quatre ou cinq soirs par semaine. Les billets, au coût de 15$, pourront être réservés au www.lebordel.ca (en ligne sous peu) ou au 514 845-4316.

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