Korine Côté, la moqueuse

Avec Korine Côté, pas de politique ou d'histoires... (PHOTO OLIVIER PONTBRIAND, LA PRESSE)

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Avec Korine Côté, pas de politique ou d'histoires de couples, mais un texte qui «rend le niaiseux profond».

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Neuf ans après sa sortie de l'École nationale de l'humour, Korine Côté présentait, hier soir au Théâtre Corona, son premier spectacle solo, Mon show! On a retrouvé l'humoriste moqueuse qui décortique son quotidien trivial en se plaignant de tout. Pour faire rire, bien sûr.

Trivial. Définition littéraire: qui est banal, commun, évident et relève du simple bon sens. C'est l'adjectif qui colle le plus au contenu de ce premier solo de Korine Côté. Elle avait prévenu. Avec elle, pas de politique ou d'histoires de couples, mais un texte qui «rend le niaiseux profond». Alors du niaiseux, il n'a pas manqué, hier soir. Quant à la profondeur, elle n'était ni abyssale ni lacustre.

Seule sur scène avec son tabouret, Korine Côté débute avec une critique acerbe de l'émission Les anges de la rénovation. Elle se moque de la misère des participants, du concept pleurnichard et des prix offerts ridiculement exagérés.

Elle enchaîne avec le magasinage d'un chalet, se moquant cette fois de la gueule des courtiers sur leurs pancartes ou des photos des chalets en vente sur internet. Puis, passant du coq à l'âne, elle parle de bruits de fond, notamment des gens qui... s'endorment sur le bruit d'un cheval au galop. Puis, elle en a contre les systèmes d'alarme d'auto qui se déclenchent en pleine nuit. «Cette une mauvaise invention, comme la bouteille au gros goulot de la Coors Light», lance-t-elle, avant de conclure «Me semble que ça allait bien la société avant, avec le petit goulot». Quand on parle de trivialité...

Même chose avec les Québécois qui partent en vacances dans le Sud et dont la peau pèle parce qu'ils s'entêtent à ne pas mettre de crème solaire. Elle se moque ensuite des sculptures de serviettes sur les lits. «Est-ce que ma femme de ménage est faite en serviette?», dit-elle.

Puis du sud, on passe en Écosse. L'occasion pour elle de se gausser des gens qui reçoivent des touristes dans leurs B&B. De leur gentillesse, de leur souci de bien servir les clients, de l'heure à laquelle on doit déjeuner le matin. Elle se moque même des autres touristes qui parlent une langue indéfinissable!

Dans un motel, elle se plaint de la saleté et des 27 générations d'acariens empilées. «Y'en avait même qui avait accueilli Jacques Cartier», dira-t-elle.

Puis, son vol en avion est l'occasion d'autres frustrations. Les voisins qui donnent des coups de coude. Les sièges qu'on ne peut pas baisser suffisamment. Le dernier siège pire qu'une prison en Sibérie.

Après l'entracte, elle reprend ses moqueries. Avec une tonalité plus intéressante. Cette fois-ci, c'est l'émission C'est incroyable, sur Canal D, qui passe au bat. Pour le ton de l'animateur. Et l'enflure des commentaires qu'elle exagère à souhait. Elle se moque ensuite des émissions de cuisine. Il y en a tellement, dit-elle, que bientôt, on présentera des recettes au bulletin de nouvelles. «L'accident a fait cinq morts, après la pause, on arrose le jambon!», demeurera sa meilleure ligne de la soirée.

Les restos branchés qui servent de la nourriture rustique avec un air désinvolte et les titres de plats à rallonge donneront quelques bonnes blagues, avec notamment l'indéfinissable «potage du moment» ou le «coulis surprise» peu appétissant.

Elle peut aussi être vulgaire comme quand elle dit que chez Toqué, elle est allée «chier son loyer». Elle se moque du monologue sans fin du sommelier de ce restaurant et lance «Le lendemain, j'ai eu qu'une envie, c'est d'aller dans un fast-food».

La «Nobody» d'Un gars le soir n'a pas changé d'un iota. Elle continue de raconter ses expériences de fille qui s'énerve pour la moindre contrariété. «Une fille, ça a une autonomie de bonheur de 5 minutes, après ça tombe en dépression», dit-elle. Une exagération qui ne vous fait pas crouler de rire mais sympathique et triviale, en tout cas bien reçue hier soir lors de la première médiatique au Corona. On lui souhaite bonne chance.

Au Théâtre Corona jeudi soir et en supplémentaire le 9 mai. À l'Impérial de Québec, les 9 et 10 février.

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