Authentique comme Korine

Depuis sa sortie de l'École nationale de l'humour,... (Photo David Boily, La Presse)

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Depuis sa sortie de l'École nationale de l'humour, Korine Côté n'a jamais cessé de travailler.

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Près de 10 ans après sa sortie de l'École nationale de l'humour, Korine Côté présente son premier one-woman-show, au terme d'un parcours de « bûcheuse » infatigable. Elle a même sculpté son propre « tabouret d'humoriste » pour ce spectacle, simplement intitulé Mon show! Portrait d'une fille manuelle et naturelle, sur scène comme dans la vie.

En entrevue, Korine Côté n'affiche pas du tout le trac des débutants, alors qu'elle va présenter son premier spectacle solo, mis en scène par Alexandre Barrette. En regardant son C.V., on comprend pourquoi : c'est une humoriste professionnelle, qui n'a jamais cessé de travailler depuis 2006, l'année de l'obtention de son diplôme de l'École nationale de l'humour.

Elle a participé à de nombreux galas Juste pour rire, a fait partie de la série documentaire Les cinq prochains, animé les soirées d'humour au Pub Saint-Ciboire, fait des chroniques à la radio et aux émissions Un gars le soir et Cliptoman, intégré l'équipe des Gars des vues, créé les webséries Simple comme Korine et Rénove ton couple... Bref, elle n'a pas chômé, même si elle a souvent vécu la bohème de la travailleuse autonome.

Mais c'est justement ce dont elle est le plus fière : n'avoir jamais abandonné. « Au début, quand j'ai quitté mon job d'étalagiste, j'ai demandé un prêt de 6000$ pour pouvoir m'investir à temps plein en humour. Ça m'a permis de vivre six mois sans "travailler". Des fois, j'appelais ma mère pour lui demander de me transférer 13 piasses... J'ai déjà mis 8,58$ de gaz dans mon char parce que c'est tout ce que j'avais! »

Rendre le niaiseux important

Vaillante, donc, mais pas vendeuse, admet-elle, quand on lui demande de quoi est fait son spectacle. « Je suis la pire personne pour me vendre! Je suis pourrie là-dedans... C'est un show qui me ressemble beaucoup. Mes intérêts sont tellement variés que c'est plus facile de dire ce que je ne fais pas. La politique et les relations de couple, par exemple, ce n'est pas pour moi. Je m'inspire souvent de quelque chose que j'ai vécu. C'est souvent quelque chose qui m'a dérangée ou qui m'a fait pogner les nerfs un peu, mais jamais quelque chose de très, très troublant. »

« On dirait que j'ai de la misère à aller chercher le drôle dans le très profond. J'aime rendre le niaiseux profond, je pense. J'aime rendre le niaiseux important. »

C'est un humour au plus près des petites choses simples ou compliquées de l'existence que pratique Korine Côté. L'humoriste affirme d'ailleurs être la même personne sur scène que dans la vie. « Quand mes amis viennent me voir en show, le plus beau compliment qu'ils me font, c'est lorsqu'ils me disent qu'ils ont l'impression d'être dans mon salon, à m'écouter parler. Je n'ai pas de personnage de scène. »

Ainsi, avec l'aide des auteurs François Boulianne et Gabrielle Caron, elle a brodé autour de sujets aussi divers que les émissions de cuisine, sa haine du magasinage ou son voyage en Écosse. Et elle a tenu à participer à toutes les étapes de la production de ce spectacle qui souligne un pronom possessif : c'est vraiment SON show. « J'aime faire les trucs moi-même. J'avais le goût de toucher à plusieurs postes, parce que c'est le genre de personne que je suis. J'ai écrit mon spectacle, fait la «script-édition», le pacing, j'ai même fait mon tabouret de show! J'ai sculpté mes pattes aux ciseaux à bois et je suis fière de ça! J'aime faire tout de A à Z. Je suis manuelle et, si on n'avait pas une société comme aujourd'hui, j'aimerais partir de zéro jusqu'à l'infini. J'ai un jardin parce que j'aime planter des affaires, cultiver, cuisiner. »

La passion de la scène

Des humoristes touche-à-tout comme Korine Côté finissent parfois par bifurquer vers une carrière connexe, mais elle a la vocation de la scène.

« Il y a plusieurs formes d'humour, mais la scène, c'est l'état le plus brut de l'humour, l'endroit où tu es le plus authentique. C'est quasiment vintage comme façon de fonctionner. Les gens vont te voir live, il n'y a pas de décor, mais il y a une relation avec le public. J'adore la scène, je ne pourrais pas m'en passer. C'est l'endroit où tu as les plus gros high et les plus gros down, et c'est instantané. Tu es toujours «on the edge», mais le surf est tellement le fun! »

Elle croit même que l'humour a fait d'elle une meilleure personne, tout en reconnaissant que le métier d'humoriste est « un job de maniacodépressifs ». « J'ai déjà fait la première partie de Louis-José Houde et j'ai eu une ovation. Il y avait 5300 personnes, je capotais! Deux jours après, j'ai fait un spectacle corporatif dans un club de golf, je me suis plantée et les gens m'insultaient dans la salle. C'est un métier cruel, mais le plaisir est tellement fort quand tu en as. »

« Je pense que j'étais plus angoissée avant d'être humoriste, poursuit-elle. Il devait y avoir quelque chose à l'intérieur de moi qui avait besoin de sortir, j'avais peut-être envie de plus d'émotions dans ma vie et là, j'en ai. Je suis vraiment beaucoup plus calme depuis que je fais de l'humour, j'ai moins besoin d'attention, je suis moins fatigante! On dirait que mon travail est maniacodépressif pour moi, et moi, je suis en paix. »

Au Théâtre Corona les 26, 27 et 29 janvier et à L'Impérial de Québec les 9 et 10 février.

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