Stéphane Rousseau: le blues du mauvais gars

Stéphane Rousseau a présenté son tout nouveau spectacle... (Photo: Éric Myre, fournie par Juste pour rire)

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Stéphane Rousseau a présenté son tout nouveau spectacle hier soir au Théâtre du Palais-Royal à Paris.

Photo: Éric Myre, fournie par Juste pour rire

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(Paris) Dans son nouveau spectacle où il met à profit tout son talent de showman, Stéphane Rousseau réussit, par une habile succession de malaises et de blagues en bas de la ceinture, à créer un crescendo qui mènera le mauvais gars en lui à réfléchir et même à se remettre en question.

Après la première médiatique outre-Atlantique de son sixième spectacle solo, hier soir à Paris, difficile de ne pas tracer de parallèle entre la vie personnelle de Stéphane Rousseau et le sujet de son nouveau spectacle. Un sujet universel aux possibilités infinies: la séparation d'un gars qui frôle la cinquantaine et qui fait face au célibat avec ses vieux défauts.

En entrevue, la semaine dernière, il nous avait avertis: Stéphane Rousseau brise la glace montre un aspect «corrosif» de sa personnalité. Celle du gars qui doit gâcher ses huit heures de sommeil pour accompagner sa blonde à l'hôpital en pleine nuit. Celle du gars qui boit trop et qui raconte des histoires de chauds lapins à son fils pour l'endormir. «On boit pour oublier qu'on vieillit, mais, le lendemain, on se souvient qu'on n'a plus 20 ans», lance-t-il.

Rousseau ne veut plus «endosser le rôle du beau gosse». «À 48 ans, tu ressembles à Brad Pitt de face, mais à Michel Sardou couché sur le côté», lance-t-il.

Le tombeur a vieilli. Ses tatouages ont changé de couleur et il ne maîtrise pas les émoticônes quand il échange des messages textes avec sa blonde. «Je me suis endormi à 32 ans et je me suis réveillé à 48.»

Stand-up et musique

Rousseau continue dans la veine plutôt intime et personnelle de son dernier spectacle, Confessions. Il renouvelle toutefois la forme de son spectacle, où il est accompagné d'une batteuse (Emmanuelle Caplette) et d'un multi-instrumentiste (William Croft). Ses monologues s'enchaînent dans un fil narratif continu qui n'est pas divisé en numéros.

L'humoriste polyvalent laisse beaucoup de place à ses musiciens et à son technicien «Gui-gui», notamment pendant une scène où Rousseau soigne sa peine d'amour en chantant Les ailes d'un ange de Charlebois avec sa bande, au bord d'un feu de camp. À son invitation, la foule du chic Théâtre du Palais-Royal a crié des «Québec» avec entrain pendant les refrains.

Si Rousseau a voulu se rapprocher du «stand-up à l'américaine avec un micro dans les mains», il n'en a pas moins tablé sur ses talents d'homme de scène. Il a montré la puissance et la justesse de sa voix en reprenant les Meat Loaf et U2, comme il s'est moqué avec humour de la danse contemporaine avec une chorégraphie caricaturale, mais néanmoins soutenue.

Un fond québécois

Certaines blagues ont suscité un malaise dans la salle (les prêtres qui aiment les enfants ou les fellations dans la loge). En début de spectacle, on avait parfois l'impression que l'humoriste cherchait son ton, mais le côté «narcissique, égocentrique et princesse» de Rousseau a fini par le rattraper avec finesse. C'est bien de voir Rousseau dans le rôle du mauvais gars qui a les blues. «Je n'ai pas envie de finir seul et con», confie-t-il.

Le numéro où il réapprend à draguer avec une spectatrice de la salle lui permet d'improviser et de ressortir son célèbre personnage de Chico Rico.

Rousseau ne se gêne pas pour se moquer des Français et des végétaliens «qui mangent leur placenta en famille». Il imite Garou et s'amuse sur la musique de Mario Bros.

Son spectacle est adapté à la France (noms de villes, de commerces), mais ses racines québécoises demeurent. Les 110 minutes défilent à toute allure, grâce à l'énergie rock de ses musiciens et à son talent de raconteur.

Sans rire aux larmes, le spectateur suit une histoire qui demeure pleine d'humour et rafraîchissante malgré ses traits caricaturaux et son recours à certains lieux communs. «Quel showman!», a lancé la spectatrice à côté de nous.

Aperçus dans la salle du théâtre du Palais-Royal, hier soir: Dominic Champagne et René Richard Cyr.

Jusqu'en janvier, Rousseau foulera la mythique scène parisienne 43 soirs durant. Après une tournée des Zénith en France, il fera sa rentrée montréalaise au Théâtre St-Denis du 22 au 25 avril avant de se promener un peu partout au Québec.

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