Jean-François Mercier: les doutes du gros cave

Dans Subtil, sensible, touchant, on retrouvera le Jean-François... (Photo: André Pichette, La Presse)

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Dans Subtil, sensible, touchant, on retrouvera le Jean-François Mercier qui pique des colères et se choque faussement contre son public.

Photo: André Pichette, La Presse

Après Le show du gros cave, lancé en 2006, l'humoriste Jean-François Mercier présentera, le 1er octobre prochain, au Théâtre St-Denis, la première de Subtil, sensible, touchant, son deuxième spectacle solo. Ses fans retrouveront un Jean-François Mercier mordant, cynique et enragé. Mais l'homme derrière l'humoriste est passé par «une période de doute», a-t-il confié à La Presse.

Il a gagné l'Olivier de l'année en 2011. Il est un des humoristes préférés des Québécois. Pourtant, le gros cave, 46 ans, a vécu récemment les affres de la perplexité...

«Je suis passé à travers une période de doute», confie-t-il, dans le cadre d'une rencontre chez lui, en Montérégie. «Je n'avais pas fait de shows depuis cinq ans. Quand tu essayes du nouveau stock, le monde s'attend à ce que ça soit bon. Et quand les jeunes qui passent avant toi font des hits, c'est plate de décevoir le monde. Ça veut pas dire que je suis fragile, mais je suis porté à me remettre en question.»

Ce doute est-il en rapport avec les mauvaises critiques qui ont suivi son gala Juste pour rire, en juillet 2013? «Pas du tout», assure-t-il, estimant que ces critiques étaient «injustes» par rapport à l'accueil du public. «Quand tu as sept «standing ovation» sur une possibilité de neuf, tu te dis que c'était pas si pire, non? Ça ne m'a pas fait douter, car je sais que c'était un bon gala.»

Le passage du temps

L'incertitude qui l'a envahi est plus liée au fait qu'il prend acte du passage du temps. Il a testé ses numéros au Pub Phoenix, à Sainte-Julie, en novembre. «On m'a filmé. Je pensais que j'avais plein d'énergie, mais j'avais plus l'air d'un orignal sur la 20 avec des «vans» qui lui passent autour, pis qui ne sait pas quand il va se faire frapper! J'avais l'air d'un gros «crisse» d'imbécile!»

L'expérience a été utile. Il dit être revenu sur la voie de la sérénité. Très fatigué à cause de ses nombreux engagements, il a aussi pris «l'orignal par les bois» pour retrouver une vie plus réglée. «Mon agente Nadia - la femme de ma vie mais sans sexe! - surveille maintenant mon alimentation et mon horaire.» Il a aussi été rassuré quand il a rodé ses numéros, récemment, à Cowansville. «C'était pas du monde soûl; les gens ont beaucoup ri», dit-il.

Le concept de son nouveau spectacle - mis en scène par Guy Jodoin et script-édité par François Avard - est de faire croire au public que le gros cave a changé, qu'il est devenu subtil, sensible et touchant. Mais les spectateurs comprennent vite que le naturel revient au galop.

Guy Jodoin a eu une influence sur l'écriture des textes, assure Jean-François Mercier. «Quand je lui ai dit que le gouvernement fourrait le monde, il m'a demandé de lui dire ce que je voulais dire par là. On a changé le texte et du coup, je rejoins plus de monde. Je l'écoute, car je n'ai pas tant d'expérience que ça! Mon premier gala remonte à 2005. Des gens pensent que je fais partie de la vieille garde. Je suis vieux, mais ça ne fait pas longtemps que je suis sorti de la relève!»

Dans Subtil, sensible, touchant, on retrouvera le J.-F. Mercier qui pique des colères et se choque faussement contre son public. Il fera la promotion de l'infidélité (!) et dénigrera la démocratie et les débats «où c'est le plus malhonnête qui gagne».

Il parlera de démagogie et de mauvaise foi, dont il est lui-même victime, dit-il. «Quand sur Facebook on me dit: «Tu te plains d'avoir des mauvaises critiques sur ton gala. Pendant ce temps-là, il y a des enfants qui meurent de faim...», on me fait passer pour un trou de cul, alors je fais un numéro là-dessus.»

Subtil, sensible, touchant, c'est finalement pas mal l'homme derrière le comique. Un homme qui n'aime pas que des internautes l'insultent quand ils prennent ses blagues au premier degré.

«Les menaces viennent vite, dit-il. Humoriste, c'est plus dangereux que policier, aujourd'hui. Bien des sans-desseins prennent les choses au pied de la lettre. Mais ça risque d'être mon combat jusqu'à la fin de mes jours.»




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