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Les réseaux sociaux favorisent-ils vraiment le débat?

Les réseaux sociaux encouragent le débat, pas vrai? Pas si sûr... Une étude... (Photo: Dado Ruvic, archives Reuters)

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Photo: Dado Ruvic, archives Reuters

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Les réseaux sociaux encouragent le débat, pas vrai? Pas si sûr... Une étude publiée il y a quelques jours met un bémol à l'idée reçue que les réseaux sociaux sont les nouveaux garants de la démocratie.

L'étude réalisée auprès de 1801 adultes par le Pew Research Internet Project démontre que les gens qui n'ont pas tendance à exprimer une idée quand elle ne correspond pas à celle de leur entourage (les collègues de travail, la famille, etc.) ne seront pas plus loquaces sur Twitter et Facebook.

En d'autres mots, si vous n'en pouvez plus de l'Ice Bucket Challenge mais que tous vos amis Facebook sont super emballés à l'idée de se filmer en se versant un seau d'eau glacée sur la tête, vous aurez davantage tendance à vous taire qu'à exprimer votre désaccord publiquement.

C'est ce qu'on appelle en sociologie la «spirale du silence», une théorie élaborée par une sociologue allemande au milieu des années 70 qui affirme qu'un individu choisira de se taire plutôt que d'exprimer une idée à contre-courant, de peur d'être ostracisé par sa communauté.

Les six auteurs de l'étude du centre Pew étaient curieux de vérifier si cette théorie se confirmait dans les réseaux sociaux.

L'affaire Snowden

Ils ont choisi l'affaire Snowden, une histoire qui a profondément divisé les États-Unis au cours de la dernière année, comme sujet de discussion.

Selon une autre étude réalisée par le Pew Center, 44 % des Américains estiment que la divulgation par Edward Snowden d'informations classifiées a desservi l'intérêt public, alors que 49 % des Américains pensent le contraire.

On a donc demandé aux répondants s'ils voulaient bien discuter des tenants et aboutissants de l'affaire Snowden entre amis. Ensuite, on a vérifié si ceux qui préféraient ne pas en parler de vive voix étaient plus portés à discuter de l'affaire sur Twitter et Facebook.

La réponse? L'étude révèle que ceux qui ne souhaitent pas discuter de l'affaire Snowden avec leurs proches ne sont pas plus enclins à en parler sur les réseaux sociaux.

L'étude a également confirmé que lorsque les gens pensent que leurs amis ne seront pas d'accord avec leur position, ils ont tendance à ne pas l'exprimer.

Bref, l'influence du groupe compte pour beaucoup. Et il semblerait que les gens en tiennent compte avant de s'exprimer. D'où l'impression très fréquente qu'il existe une sorte d'unanimité sur certains sujets.

«Si, dans votre groupe, tout le monde est favorable à la gratuité scolaire, même si ce n'est pas la position dominante dans la société, vous vous sentirez tout de même à l'aise d'émettre votre opinion, car elle sera légitimée par votre communauté», note Stéphane Couture, chercheur postdoctoral en communication à McGill associé au pôle de recherche Media@McGill. 

Selon Stéphane Couture, l'étude du Pew Research Internet Project est intéressante, car «elle participe à la déconstruction de l'idée que les réseaux sociaux sont bons pour la démocratie».

«J'aurais toutefois aimé savoir si on observe la même chose dans les grands médias, ajoute-t-il. Est-ce que les gens s'empêchent d'appeler dans les tribunes téléphoniques ou d'écrire une lettre aux lecteurs quand ils expriment une opinion différente de celle de leur entourage? L'étude ne le dit pas.»

Playboy s'assagit

Pas facile de partager un contenu du magazine Playboy sur les réseaux sociaux. Les photos qui l'accompagnent peuvent être embarrassantes quand elles apparaissent sur l'écran de l'ordi au travail ou, pire, mener à la censure sur Facebook. C'est pourquoi la nouvelle stratégie numérique du magazine, qui se cherche un peu, mise davantage sur le contenu que sur la photo. Oui, on trouvera encore des photos de filles sexy, mais il faudra chercher un peu plus loin sur le site. On met surtout à l'avant-plan des articles légers qu'on pourrait très bien lire sur Buzzfeed ou Esquire. Reste à voir si le public cible apprécie.

Mois d'août de m...?

Ebola, Gaza, Ukraine, Syrie, Ferguson... Le monde va mal. C'est ce qu'on se dit en lisant les journaux ces temps-ci. Va-t-il plus mal qu'à l'habitude? Le magazine Fast Company est allé le vérifier. Avec l'aide de l'entreprise General Sentiment (qui analyse les commentaires sur Twitter, Facebook, dans les blogues et les sections commentaires des médias), on a voulu prendre la température de la société. Conclusion: les outils de mesure ne sont pas parfaits, mais il semble en effet que le mois d'août a bel et bien été plus difficile que les autres (janvier arriverait bon second). On peut se consoler, toutefois, il s'est terminé dimanche.




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