Agatha Christie: crimes et archéologie

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Héritier des droits mondiaux de l'oeuvre de sa célèbre grand-mère, Agatha Christie, Matthew Prichard est ravi de l'angle choisi par le musée Pointe-à-Callière pour son exposition, qui mêle la vie de la romancière aux découvertes archéologiques de son mari, Max Mallowan, auxquelles elle a assisté.

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(Londres) Peu de gens savent que la «reine du crime», l'auteure de romans policiers la plus lue au monde, a passé des décennies sur les chantiers de fouille avec son mari archéologue, Max Mallowan. Ce mélange d'Histoire et de fiction dans la vie d'Agatha Christie est l'angle original de l'exposition présentée depuis mardi au musée Pointe-à-Callière, Sur les traces d'Agatha Christie, organisée dans le cadre de son 125e anniversaire de naissance. Pour l'occasion, La Presse s'est entretenue à Londres avec son petit-fils, Matthew Prichard, et Élisabeth Moreau, responsable de l'exposition.

Dans les bureaux d'Agatha Christie Limited, situés dans un immeuble du chic quartier Covent Garden de Londres, les portraits de la «reine du crime» sont partout. Mathew Prichard, son petit-fils, insiste pour nous les montrer, couvant d'un regard affectueux celle qui a été avant tout une grand-mère pour lui. Aujourd'hui, il tient les rênes d'un empire littéraire imposant, toujours aussi puissant près de 40 ans après la mort de l'écrivaine, en 1976.

C'est ici que l'on gère par exemple les rééditions et les droits d'adaptation pour le théâtre, le cinéma, la télévision, ainsi que pour les expositions comme celle que nous aurons à Montréal au musée Pointe-à-Callière. D'ailleurs, Mathew Prichard est l'un des principaux prêteurs de cette exposition, à qui il a offert le dictaphone, la machine à écrire, les carnets secrets et d'autres objets personnels d'Agatha Christie.

Beaucoup d'événements dans le monde ont été organisés autour du 125e anniversaire de naissance d'Agatha Christie, et l'expo de Montréal est probablement l'une des plus importantes manifestations de 2015. La preuve qu'elle est encore l'une des figures les plus célèbres du roman policier, sinon la plus célèbre. En matière de ventes, elle n'a comme concurrent que la Bible et Shakespeare!

Mathew Prichard est-il étonné de l'intérêt et de l'affection sans cesse renouvelés envers l'oeuvre de sa grand-mère?

«J'ai cessé d'être surpris, répond-il. D'une certaine façon, je suppose que ce n'est pas surprenant, parce qu'elle a écrit des histoires merveilleuses, très simples, très accessibles, facilement adaptables. Et je ne parle pas du cinéma ou de la télévision, mais adaptables dans toutes les langues et dans toutes les cultures.» 

«Cela n'a rien à voir avec le fait que vous soyez Britannique, jeune ou vieux, riche ou pauvre; les histoires sont instantanément compréhensibles, peu importe qui vous êtes.»

Cette éclatante réussite se résume à une évidence que Mathew Prichard a remarquée au fil des ans, dans ses multiples rencontres. «Personne ne m'a jamais demandé: "Qui est Agatha Christie?" Je pense que c'est cela, la reconnaissance. Je suis vraiment fier de son accomplissement.»

Mathew Prichard était dans la trentaine lorsque sa grand-mère est morte. Il se souvient d'une femme un peu timide, discrète, malgré son côté aventurier. «Je n'ai jamais rencontré personne qui avait une telle qualité d'écoute, ajoute-t-il. La plupart du temps, elle s'intéressait à ce qui m'intéressait et elle m'encourageait à m'y intéresser davantage. Je pense que c'est ce que font les grands-parents. Cette écoute, c'est ce qui, je pense, l'a aidée à écrire plus de 70 livres. Elle écoutait ce que les gens avaient à dire. C'était une bonne personne, absolument pas touchée par la célébrité, à part le fait qu'elle la détestait! Je ne suis pas certain qu'elle aimerait le fait qu'on s'intéresse encore aujourd'hui à sa vie, mais je pense qu'elle aurait été enchantée de savoir que les gens veulent toujours lire ses livres. Je suis pas mal sûr de ça.»

Mathew Prichard en compagnie de sa célèbre grand-mère,... (PHOTO FOURNIE PAR THE CHRISTIE ARCHIVE TRUST) - image 2.0

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Mathew Prichard en compagnie de sa célèbre grand-mère, à l’entrée de Greenway House. « Je n’ai jamais rencontré personne qui avait une telle qualité d’écoute. La plupart du temps, elle s’intéressait à ce qui m’intéressait et elle m’encourageait à m’y intéresser davantage », raconte-t-il.

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Un angle étonnant

Mathew Prichard est ravi de l'angle choisi par le musée Pointe-à-Callière pour son exposition, qui mêle la vie de la romancière aux découvertes archéologiques de son mari, Max Mallowan, auxquelles elle a assisté. «Ce n'est pas tant la surprise des objets qu'on va y trouver que le contexte les entourant, qu'on n'a jamais vu, croit-il. Je crois que cela aurait plu à mes grands-parents. Je suis particulièrement content que les gens puissent voir les objets et les sites où mon grand-père a travaillé, en Syrie ou en Irak.»

Des sites malheureusement ravagés aujourd'hui, par exemple celui de Palmyre, en Syrie, joyau du patrimoine mondial, attaqué par le groupe État islamique. «Je pense que ce qui aurait préoccupé mes grands-parents bien plus que la destruction de leurs lieux de travail, c'est la destruction de la vie des peuples de Syrie et d'Irak. Ils avaient beaucoup d'amis dans ces pays, de vrais amis.»

Mathew Prichard sera présent pour l'inauguration de l'exposition Sur les traces d'Agatha Christie au musée Pointe-à-Callière. Ce sera sa première visite à Montréal. «Et je vais vous dire quelque chose que je n'ai jamais dit aux journalistes, mais comme vous vous en doutez, j'ai deux grands-mères [rires]. Et la mère de mon père est née à Montréal...»

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Sur les traces d'Agatha Christie sera présentée au musée Pointe-à-Callière du 8 décembre 2015 au 17 avril 2016.

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