Murambi, le livre des ossements: lecture nuancée et délicate ****

Pascale Fontaine
La Presse

Tuer son voisin à la machette. Après l'horreur qui nous prend à la gorge, il ne reste qu'en bouche l'incrédulité, le mystère. Une impression d'autant plus forte 20 ans après le génocide du Rwanda.

Dans Murambi, le livre des ossements, le romancier et journaliste sénégalais Boubacar Boris Diop lève le voile en rassemblant les paroles des bourreaux et suppliciés, survivants et morts, père et fils.

Ainsi on suit Cornélius, de retour d'exil quatre ans après le massacre de sa famille. Avec ses amis d'enfance tutsis, Jessica l'espionne chez les redoutables Interahamwe, et Stanley, frappé par l'incompréhension de l'Occident, il fait face à un pays mutilé, mais aussi à la réalité des Cent jours du Rwanda.

Dans une écriture fluide et simple, les personnages inspirés de témoignages récoltés par Diop en 1998 à Kigali livrent certes des détails sordides, mais aussi leurs interrogations quant à l'identité rwandaise à la fois meurtrière et victime.

D'abord publié en 2000, puis réédité chez Zulma en 2011 et en 2014 avec postface de l'auteur, Murambi, le livre des ossements est une lecture nuancée et délicate qui s'impose en ce mois de commémoration.

* * * *

Murambi, le livre des ossements, Boubacar Boris Diop, Zulma, 224 pages.




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