Mikaël: Conquérir l'Europe en passant par Québec

Après avoir créé une douzaine d'albums jeunesse, Mikaël explore maintenant... (Photo Yan Doublet, Le Soleil)

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Après avoir créé une douzaine d'albums jeunesse, Mikaël explore maintenant la bédé pour adulte.

Photo Yan Doublet, Le Soleil

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Mikaël en convient, signer un contrat avec la maison d'édition Dargaud, c'est un peu la consécration pour un bédéiste. Un projet stressant ? « Non, répond-il, au cours d'un entretien téléphonique. C'est stimulant. J'ai l'impression de me servir de tout ce que j'ai appris depuis 15 ans », estime cet autodidacte de 42 ans d'abord formé en... physiothérapie.

Une planche de Giant... (Illustration fournie par Mikael) - image 1.0

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Une planche de Giant

Illustration fournie par Mikael

Avec Jean-François Bergeron (Djief), Julie Rocheleau et Denis Rodier, Mikaël fait partie d'une poignée de bédéistes québécois qui s'illustrent dans le monde foisonnant de la bédé européenne. Établi à Québec où il a atterri avec sa femme et ses deux enfants en 2008, « pour voir d'autres horizons », ce Bourguignon d'origine planche sur son nouveau projet : Giant.

« C'est une chronique humaine sur les ouvriers irlandais qui ont participé à la construction du Rockefeller Center de New York en 1932, résume Mikaël, qui signe le scénario et les dessins. J'avais envie de parler d'immigration, mais aussi de New York, qui m'a toujours fascinée. » Le premier tome, qui sortira en janvier prochain, est presque terminé. Il enchaînera avec la suite, qui sortira en 2018.

On le sait, les projets de bédé mettent du temps avant de voir le jour. Mikaël a mis deux ans pour construire le scénario de Giant, qui est le surnom de son personnage principal.

« Il n'y a pas de quête ou d'aventures, nous dit-il. Je voulais simplement montrer la vie sur un chantier. J'avais en tête la célèbre photo Lunch atop a Skyscraper. » Giant est un colosse taciturne, qui après la mort d'un collègue, continue de correspondre avec la famille du défunt et à envoyer de l'argent à sa famille. « Un mensonge bienveillant, dit-il. J'aimais l'idée d'un échange épistolaire. »

L'avènement de Promise

Après avoir créé une douzaine d'albums jeunesse (avec entre autres ses séries Félice et Le roi piiz-zâ), Mikaël avait envie d'explorer la bédé pour adulte.

«Parce que moi aussi je grandissais. J'avais envie de traiter de thèmes plus adultes, plus sombres. Ce que j'ai commencé à faire en écrivant des scénarios.

»

Mikaël

Sa série Promise, créée avec le scénariste français Thierry Lamy, a révélé son immense talent d'illustrateur. Une série lancée en 2013, qui a été largement diffusée en Europe par la maison d'édition Glénat. Mikaël vient d'ailleurs de remporter le grand prix de la Ville de Québec pour le tome 3, remis dans le cadre du Festival international de bédé de Québec. Il avait reçu les mêmes honneurs l'an dernier pour le tome 2.

L'histoire se passe dans l'État américain de l'Idaho en pleine guerre de Sécession, dans la petite bourgade de Promise, où un prédicateur énigmatique débarque avec son chacal... Dès lors, les malheurs s'abattent sur ses habitants, à commencer par le meurtre de Jérémie Graves. Seule sa petite fille de 14 ans saura lire le jeu diabolique de ce pasteur et peut-être sauver les siens...

C'est Glénat Québec qui l'a mis en contact avec Thierry Lamy (qui a notamment adapté Le père Goriot, de Balzac). « J'ai lu son synopsis et l'histoire m'a plu. Un genre de western angoissant. Je n'ai vu Thierry que deux fois, mais on a beaucoup échangé et après lui avoir envoyé mes premières planches, je pense qu'il se sentait en confiance. »

Ce projet de bédé a été un tournant pour Mikaël, qui a dû trouver un style plus « adulte ». « Il a fallu que j'utilise un graphisme qui serve bien l'histoire un peu sombre que Thierry avait imaginée. Avec des aplats de noirs, des encrages très incisifs, nerveux. En rabattant la lumière. Il y a aussi beaucoup d'action et de mouvements dans mes dessins. Il y avait un travail de mise en scène important. »

C'est la série Promise qui lui a donné le goût de poursuivre ses projets en tant qu'illustrateur, mais aussi celle qui a attiré la maison Dargaud.

« J'avais un peu l'impression de tourner en rond dans mes projets d'albums jeunesse, confesse-t-il. Du coup, je me suis concentré sur l'écriture de scénarios. Mais Promise m'a redonné le goût de dessiner. Ç'a été un énorme changement pour moi. Le défi de Giant est maintenant de combiner les deux, les dialogues et les dessins. C'est très emballant. »

Promise

Tome 1 : Le livre des derniers jours, 48 pages

Tome 2 : L'Homme-Souffrance, 57 pages

Tome 3 : Incubus, 48 pages

Thierry Lamy & Mikaël

Glénat Québec

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