Un livre pour ados échappe à la censure néo-zélandaise

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Agence France-Presse
Wellington, Nouvelle-Zélande

Un roman pour adolescents qui avait été temporairement interdit en septembre en Nouvelle-Zélande à la stupeur des éditeurs a finalement été autorisé mercredi sans restriction, au grand dam d'une association conservatrice de parents.

Publié en 2012, Into the River a remporté plusieurs prix et fait un carton en librairie.

Ted Dawe, 64 ans, y raconte le parcours initiatique d'un jeune Maori qui, après avoir obtenu une bourse dans un internat huppé d'Auckland, y découvre le racisme et la drogue.

Certaines scènes de sexe avaient cependant provoqué la fureur d'une organisation conservatrice, Family First New Zealand, qui avait en 2013 demandé une interdiction du roman pour les mineurs.

Elle avait été partiellement entendue par l'organisme fixant ces restrictions, le Film and Literature Board of Review (FLBR) qui avait interdit le livre aux moins de 14 ans.

Le FLBR a provoqué un tollé en septembre en décidant une interdiction - certes temporaire mais totale - du livre, le temps de revoir son avis.

Cette décision - qui s'accompagnait de lourdes amendes pour quiconque ferait commerce de l'ouvrage - avait d'emblée été brocardée par le monde de l'édition comme le premier acte de censure en deux décennies en Nouvelle-Zélande.

Le FLBR a finalement levé toute restriction sur Into the River qui ne fait selon lui pas l'apologie «du sexe, de la violence ou de la cruauté» mais, à l'inverse, «favorise une prise de conscience de la réalité».

«Les protagonistes du livre font tous l'expérience de conséquences négatives de leurs comportements, soit parce qu'ils sont arrêtés ou expulsés, soit parce que ces expériences se traduisent pour eux par plus de solitude, d'insatisfaction, de vide», peut-on lire dans la décision consultée par l'AFP.

«Alors que d'autres formes de médias auxquels les jeunes sont exposés - en particulier la musique populaire contemporaine et les jeux vidéo - font l'apologie du sexe, de la criminalité et de la violence, ce livre fait un portrait réaliste de leurs conséquences négatives possibles», poursuit le FBLR, qui dit avoir reçu plus de 550 lettres ou courriels soutenant ou critiquant le livre.

«Je suis ravi», a réagi Ted Dawe. «Cette décision me redonne foi dans le système légal néo-zélandais».

Son éditeur, Penguin Random House, y a vu de son côté «une victoire pour la liberté d'expression».

Family First a fustigé une «volte-face créant un précédent dangereux». «Nous n'avons qu'un conseil à donner aux parents: vérifiez tous les livres qui sont proposés à vos enfants», dit l'association sur son site internet. «C'est triste d'en arriver là.»

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