Claude Meunier tente la bande-dessinée

Aleksi K. Lepage, collaboration spéciale
La Presse

Avec La bande à Ti-Paul, Claude Meunier, alias Paul, alias Dong, alias Ti-Mé, se mêle maintenant de faire de la bande dessinée, après avoir tâté des clubs, du théâtre, de la télévision, du cinéma et sans doute de beaucoup d'autres choses...

Meunier est parti pour Québec, au 22e Festival de la bande dessinée francophone. Apparemment mal à l'aise de se prendre pour un vrai bédéiste, toujours attiré par le côté niaiseux des choses et se moquant peut-être un peu de lui, de nous, après une tentative plus ou moins heureuse de «comédie dramatique» (le film Le grand départ), l'artiste s'essaie au 9e art avec La bande à Ti-Paul («humour de moeurs» est-il écrit en couverture) publié chez Glénat Québec: un recueil de grosses farces qu'il faut évidemment considérer au deuxième ou à l'énième degré. Joint par téléphone à son repaire laurentien, l'auteur explique: «Depuis 10 ans, le matin, je dessine Ti-Paul et les personnages qui l'entourent. Pour le fun, avant de travailler. C'est un plaisir solitaire que je voulais, sans aucune prétention, partager. Je m'ennuyais un peu de faire juste des jokes

Ti-Paul et son faire-valoir Max rappellent forcément à l'esprit le célèbre duo Ding et Dong, c'est-à-dire deux losers toujours hilares et débitant des débilités dignes des cabarets des Lundis des Ha! Ha! S'ajoutent au tandem des personnages qu'on croirait sortis d'un épisode inédit de La petite vie: «Ce sont des gens d'une autre époque, qui s'expriment tout croche, qui font des jokes de mononcle. En dessins, ils rient tout le temps, ils ont toujours l'air littéralement morts de rire», dit Meunier, admettant vaguement cette étrange fascination qu'il entretient pour la famille, le clan tricoté serré, à la fois joyeux, mesquin et étouffé. On le sait depuis La petite vie, les personnages secondaires volent parfois la vedette.

Grand fana de bédé, celle des années 70 et du début des années 80 précisément, l'iconoclaste cite, comme idoles et références, les Fred, Gotlib, Reiser, Geluck et autres modèles de l'humour en cases: «Pour moi, la bande dessinée, c'est un peu comme de l'improvisation. Et une sorte d'écriture automatique. Je fais un premier dessin d'abord et je trouve la joke après. Si j'avais à dire quels sont mes trois héros dans la vie, ce serait John Lennon, Woody Allen et Gotlib.» Mystérieuse combinaison!

Claude Meunier ayant effleuré cette mince ligne qui sépare l'humour de la tragédie, surtout dans son théâtre avec Louis Saïa (Les voisins, Appelez-moi Stéphane), fera-t-il le saut comme son mentor Woody Allen? Rien n'est moins sûr: «Je ne sais pas si j'ai envie de sauter la clôture, aller à fond dans le drame, dans l'émotion. J'ai des projets pour la télé et le cinéma, mais je ne sais pas encore ce que ce sera. J'aimerais aussi donner une suite à Ti-Paul. C'est une expérience ludique, c'est un trip que je me suis payé, sans prétention.»

Il y a un certain temps, Meunier avait été contacté par le bédéiste Fred lequel avait beaucoup aimé Paul et Paul (sur disque), et Gotlib a même songé adapter en bédé un sketch tordant du trio (Serge Thériault étant l'autre Paul, et Jacques Grisé étant le «Et»), sketch intitulé L'homme sans tête. Meunier devrait faire affaire avec un grand dessinateur, le résultat serait sans aucun doute vraiment hilarant. En attendant, l'humoriste de génie se paie la traite, et on verra si le public l'accompagnera dans son joyeux délire.

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La bande à Ti-Paul, Claude Meunier, Glénat Québec, 48 pages, 19,95 $

 

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