L'inclassable Maggie Nelson

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Deux livres de Maggie Nelson paraissent en traduction française cet automne.

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On la compare à Joan Didion et à Susan Sontag. C'est une poète, une critique littéraire et une essayiste. Ses deux livres les plus connus paraissent en traduction française cet automne, l'occasion de découvrir cette écrivaine originale et atypique.

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Les argonautes raconte l'histoire du couple non conventionnel formé de l'auteure et de son conjoint gender fluid.

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Une partie rouge a été publié pour la première fois en 2007.

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Maggie Nelson avait déjà publié plusieurs livres, mais c'est avec The Argonauts, son neuvième, qu'elle a atteint une certaine notoriété. Dans le monde de l'édition américaine, l'écrivaine est un être à part. Ses livres - des récits autobiographiques qu'on classe dans la catégorie non-fiction, un genre très en vogue dans la littérature anglo-saxonne - sont à la fois déroutants et troublants.

Histoires de famille

La vie de Maggie Nelson a été profondément marquée par deux décès : celui de son père, alors qu'elle n'avait que 10 ans, et celui de sa tante, Jane Mixer, assassinée à l'âge de 23 ans alors qu'elle était étudiante en droit. Maggie n'était même pas née, mais cette tragédie qui a profondément marqué l'histoire familiale l'a toujours hantée. En plus, on lui dit qu'elle ressemble à cette tante qu'elle ne connaît pas et sur qui elle a décidé d'en apprendre davantage.

Au début des années 2000, après une minutieuse enquête, elle publie Jane : A Murder, un collage de textes inspirés par le destin tragique de cette femme victime d'un tueur en série, l'auteur de ce qu'on a appelé les « Michigan Murders », une série de meurtres de jeunes filles commis entre 1967 et 1969. L'écrivaine a fait des recherches, lu les carnets intimes de sa tante et les journaux de l'époque. Le livre, une réflexion qui dépasse la simple enquête et qui aborde des questions plus philosophiques sur la famille, l'identité et la mort, a été réédité en anglais l'an dernier.

Le procès

Quelle n'est pas sa surprise lorsqu'elle reçoit, peu de temps après, un coup de fil de sa mère : un enquêteur l'a contactée pour lui annoncer que le présumé meurtrier de sa tante allait avoir son procès. Le policier qui a décidé de rouvrir le dossier est sur le coup depuis cinq ans. Quand Maggie entre en contact avec lui, il lui lance : « Vous pensiez être seule sur le cas, n'est-ce pas ? »

La jeune femme décide qu'elle racontera le procès auquel elle assiste en compagnie de sa mère et de son grand-père. Le résultat : Une partie rouge, un récit à la fois documentaire et littéraire qui porte la marque Maggie Nelson, c'est-à-dire qu'il est à la fois très personnel et universel puisqu'il ouvre sur une réflexion beaucoup plus large que la simple histoire familiale de l'écrivaine. C'est là son grand talent, d'ailleurs : partir de son expérience pour aborder des questions fondamentales. Publié la première fois en 2007, il est réédité, puis traduit 10 ans plus tard, dans la foulée du succès récent de l'auteure.

Une famille post-moderne

Ce succès, c'est The Argonauts, le récit de sa rencontre et de son histoire d'amour avec Harry Dodge, artiste multidisciplinaire qui se décrit comme gender fluid, c'est-à-dire qu'il refuse d'être assigné à un genre précis. Harry, qui subit un traitement hormonal pour faire disparaître les traces de sa féminité, est le père d'un garçon. Ensemble, le couple aura un fils, Iggy.

Les argonautes (le titre est emprunté à un texte du philosophe et sémiologue Roland Barthes) raconte l'histoire de ce couple non conventionnel et de la famille qu'ils ont créée. Il y est également question de l'histoire familiale de chacun, de féminisme, de maternité, de violence sexuelle, de philosophie, de la vie, quoi ! On lit Les argonautes et on se dit que l'esprit de Maggie Nelson, comme le genre de son conjoint, échappe à toute catégorie. C'est un esprit fluide, inclassable, brillant, surprenant. Maggie Nelson n'a pas 45 ans et donc, encore toute une oeuvre devant elle. Une oeuvre qu'on suivra assurément.




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