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Prix des libraires: Emily St. John Mandel et Stéphane Larue lauréats

Emily St. John Mandel et Stéphane Larue sont... (Photo Robert Skinner, La Presse)

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Emily St. John Mandel et Stéphane Larue sont les lauréats du Prix des libraires du Québec.

Photo Robert Skinner, La Presse

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Sonia Sarfati
La Presse

Les noms des gagnants du Prix des libraires du Québec ont été dévoilés hier, à Montréal. Rencontre avec les lauréats: Stéphane Larue (roman Québec) et Emily St. John Mandel (roman hors Québec).

Indispensables libraires

Emily St. John Mandel: catégorie roman hors Québec pour Station Eleven

Ses trois premiers romans ayant été publiés par des éditeurs indépendants, donc «sans pouvoir de marketing important et dans l'indifférence des médias», Emily St. John Mandel a longtemps eu l'impression qu'«à part les gens du milieu de l'édition, les seules personnes qui se souciaient de [son] travail étaient les libraires».

«C'est pour cela que ce prix signifie beaucoup pour moi», a indiqué à La Presse la romancière canadienne installée à New York qui, hier, a reçu le Prix des libraires du Québec dans la catégorie roman hors Québec pour Station Eleven (Alto).

Ce roman inclassable, son quatrième, suit une troupe itinérante qui va porter musique et théâtre d'une colonie à l'autre quelque 20 ans après qu'une pandémie a anéanti une grande partie de l'humanité.

Et si ce livre-ci a attiré l'attention des médias, le travail d'Emily St. John Mandel a, dès le départ, retenu celle des libraires. «J'ai eu la chance d'en rencontrer dans sept pays, et j'en suis venue à la conclusion qu'ils sont essentiels pour préserver une vie culturelle et intellectuelle dans leur ville.»

«Jamais Amazon, avec ses algorithmes, ne pourra remplacer [les libraires].»

C'est donc avec le sourire que la jeune femme est de retour à Montréal, qu'elle aime visiter... même si la métropole n'avait pas été très tendre avec elle quand elle y a séjourné en 2002. «Avec le recul, je vois que j'étais très naïve de penser pouvoir y vivre en ne parlant qu'une des deux langues officielles du Canada», dit-elle en rigolant.

Elle vivait, à l'époque, à quelques rues du Lion d'or - où se tenait la cérémonie de remise des prix d'hier - et travaillait dans un commerce au coin de Sainte-Catherine et de McGill College. À partir de 7 h chaque matin, elle déchargeait le camion de livraison. C'était l'hiver. Le temps était glacial. «Mais une chose positive est arrivée: je me suis mise à l'écriture de ce qui deviendrait mon premier roman, Dernière nuit à Montréal

L'envol

C'est avec Station Eleven qu'elle a commencé à vivre de sa plume. Une adaptation pour le cinéma est aussi en cours («les choses bougent lentement»), et elle avait commencé à écrire un scénario de roman graphique campé dans cet univers.

«Mais j'ai mis ça de côté pour l'instant, j'ai l'impression qu'il y a trop de Station Eleven dans ma vie!» Là-dessus, elle éclate de rire. Parce que depuis trois ans, ce roman la fait voyager: «Je reviens tout juste de France, j'y retourne en septembre.» Parce qu'il la ramène également à Montréal, par une porte plus chaleureuse que la première fois.

Pas pour rien si, depuis un moment, elle s'est mise à l'étude du français. «À présent, je peux commander un café avec beaucoup d'assurance», conclut en riant celle qui, avec ce roman défiant les étiquettes (Shakespeare y côtoie l'apocalypse sur un air de Star Trek), vit une aventure «extraordinaire, formidable et, honnêtement, surréaliste».

Un barman reconnaissant

Stéphane Larue: catégorie roman Québec pour Le plongeur

C'est un premier roman, celui de Stéphane Larue, Le plongeur, qui remporte le Prix des libraires 2017 dans la catégorie roman Québec. Publié par Le Quartanier, le livre aborde la vie dans un restaurant en parlant de la nuit, d'amitié, de dépendance et de trahison. Son auteur, Stéphane Larue, autrefois plongeur devenu aujourd'hui barman, se dit quelque peu dépassé par les événements depuis la parution de son livre, en octobre dernier.

«Je suis étonné de voir la réception enthousiaste que j'ai reçue. Depuis janvier, je suis presque toujours sur la route, dit-il. Je suis allé à plusieurs endroits au Québec, aussi à Bruxelles, et je m'en vais à Champbéry, au Festival du premier roman [où il retrouvera une autre Québécoise, Marie-Christine Boyer, pour son roman Farö].»

Le plongeur a été choisi par les libraires devant Le poids de la neige de Christian Guay-Poliquin (La Peuplade), déjà lauréat du Prix des collégiens, Autour d'elle de Sophie Bienvenu (Cheval d'août), Étincelle de Michèle Plomer (Marchand de feuilles) et Ukraine à fragmentation de Frédérick Lavoie (La Peuplade).

«Les libraires l'ont vraiment adopté, et je leur en suis reconnaissant», poursuit-il.

«Je dois ce succès au merveilleux travail qu'ils font. La culture du libraire s'est ravivée au cours des dernières années, et c'est une bonne nouvelle pour la littérature d'ici.»

Stéphane Larue estime que plusieurs facteurs sont à la base de l'intérêt que suscite son premier livre.

«Les lecteurs ont été généreux aussi à mon endroit. Ils se sont attachés aux personnages, d'après ce qu'ils me disent. Beaucoup m'avouent l'avoir lu en trois jours ou moins. D'autres aussi ont travaillé dans un restaurant et s'y reconnaissent.»

Le néo-romancier réfléchit à son prochain livre, qui pourrait reprendre certains personnages du Plongeur, en sachant que les attentes seront plus grandes.

«Ce sera peut-être moins personnel. Je dois maintenant me concentrer pour retrouver le plaisir que j'ai eu à écrire le premier. Ça pourrait être difficile», avoue-t-il.

D'un style hyperréaliste, Le plongeur sera traduit en anglais par la maison d'édition ontarienne Biblioasis (Samuel Archibald, Catherine Leroux et Larry Tremblay, notamment), et des producteurs ont déjà levé la main pour une éventuelle adaptation au cinéma.

«On verra, on verra», conclut le jeune auteur, qui cherche à garder les pieds solidement au sol.




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