Nouveau Projet fête ses cinq ans

Cinq ans après avoir fondé Nouveau Projet, Nicolas... (Photo André Pichette, La Presse)

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Cinq ans après avoir fondé Nouveau Projet, Nicolas Langelier n'est pas prêt à céder les rênes du magazine. « Je n'ai pas encore bâti la machine que j'ai envie de faire, il y a encore un potentiel d'amélioration important », explique-t-il.

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On les trouvait un peu fous de lancer un magazine en 2012. Cinq ans plus tard jour pour jour, Nouveau Projet s'est taillé une place unique dans le paysage médiatique québécois. Son rédacteur en chef Nicolas Langelier revient sur son expérience.

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Le 11e numéro de Nouveau Projet a pour thème « Croire ». L'actrice Sophie Desmarais apparaît sur la page couverture, clin d'oeil au tout premier numéro du magazine.

Photo André Pichette, La Presse

Mercredi soir prochain, dans l'enceinte de la Société des arts technologiques du boulevard Saint-Laurent, Nicolas Langelier accueillera ses lecteurs et ses amis pour célébrer les cinq ans de son bébé, Nouveau Projet. Il en profitera pour lancer le 11e numéro de ce magazine de réflexion qui ne ressemble à rien d'autre dans le paysage médiatique québécois. Le thème de ce numéro anniversaire : « Croire ». Une profession de foi en forme de clin d'oeil, car c'est vrai qu'il faut croire très fort en quelque chose pour lancer un magazine en ces temps difficiles.

« Quand nous avons eu l'idée de lancer Nouveau Projet, c'était la crise, tout le monde fermait ou migrait sur le web, se souvient l'éditeur et rédacteur en chef, rencontré dans les bureaux d'Atelier 10 dans la Petite Italie. De nombreuses personnes croyaient que c'était de la folie. »

La vérité, c'est que les mauvaises langues trouvaient Nicolas Langelier un peu gonflé - et prétentieux - quand il déclarait vouloir lancer un « grand magazine de référence » pour « combler un vide ». À l'époque, le jeune homme, qui a également été à l'origine du défunt magazine P45, souhaitait rassembler les forces progressistes du Québec et leur donner un véhicule pour s'exprimer. Il s'était permis une comparaison avec Cité libre, ce qui avait provoqué quelques haussements de sourcils. Cinq ans plus tard, son discours n'a pas tellement changé. « Je suis retourné lire les documents écrits en 2010 et 2011, tout est là et c'est encore pertinent, affirme-t-il. La bonne nouvelle, c'est qu'on a réussi à le faire. On n'est peut-être pas encore rendus où je voudrais qu'on soit, mais on voit qu'il s'est créé une communauté autour de nous. »

Porté par sa communauté

Les visées de Nouveau Projet n'ont peut-être pas changé, mais Nicolas Langelier, lui, n'est plus tout à fait la même personne. Les cinq dernières années ont été intenses, et on le sent plus humble. Il a perdu son associé, le professeur de philosophie Jocelyn Maclure, et il a pédalé fort pour trouver du financement tout en dirigeant Atelier 10 qui, outre le magazine qui paraît deux fois l'an, publie aussi de courts essais et des textes de théâtre. À son chapeau de journaliste, il a ajouté ceux d'éditeur, d'entrepreneur et de patron, puisque Atelier 10 emploie quatre ou cinq personnes à temps plein. Il a aussi reçu quelques tapes dans le dos comme ce Prix du meilleur magazine canadien des National Magazine Awards, l'an dernier. 

Mais ce qui semble surtout l'avoir touché, comme être humain, c'est à quel point la communauté qui s'est formée autour de Nouveau Projet est tricotée serré.

« Il faut se souvenir qu'on a été le premier projet québécois sur Kickstarter, rappelle-t-il. On a amassé 25 000 $ avant même d'avoir un magazine à montrer, et encore aujourd'hui, on reçoit un soutien indéfectible. »

« Nos lecteurs sont des fans, ils aiment passionnément ce qu'on fait et ils nous le prouvent. On se sent très forts avec ces gens-là derrière nous. »

Cette communauté, Nicolas Langelier a appris à la connaître au fil des ans. Il assure qu'elle dépasse la caricature du trentenaire intello et artsy du Mile-End. « On a autant des élèves du cégep que des retraités qui ont plus de temps pour lire, observe-t-il. Sur le plan tant professionnel que géographique, notre lectorat est très diversifié. Bien sûr que la majorité vient de Montréal, mais toutes les régions du Québec sont représentées. » Ce qui unit tous ces gens ? « Le désir de voir le Québec changer », insiste Nicolas Langelier, qui définit la mission de son magazine comme un « lieu de réflexion pour aider à comprendre les enjeux de notre époque et vivre une vie plus équilibrée, satisfaisante et signifiante ».

Et l'avenir ?

C'est l'actrice Sophie Desmarais qui pose sur la couverture du nouveau numéro de Nouveau Projet, clin d'oeil à la une du numéro de lancement où elle était également en vedette. En cinq ans, le magazine a publié des signatures prestigieuses et n'a plus aucune difficulté à attirer des collaborateurs de renom. De Fanny Britt à Rafaële Germain en passant par Andrew Potter (eh oui !), Gabriel Nadeau-Dubois ou Georges Leroux, tous ceux et celles qui pensent et souhaitent faire bouger les choses ont écrit ou souhaitent écrire dans ce magazine.

Aujourd'hui, Nicolas Langelier entrevoit donc l'avenir avec optimisme malgré les pronostics sombres dans l'industrie de la presse écrite. « Au début, je suis parti de moi, mes envies et mes désirs, reconnaît-il. Depuis cinq ans, on a vu ce que les gens aiment, les sujets qui les intéressent. On s'est adaptés, on a trouvé un équilibre entre ce qu'on a envie de faire et ce que les gens veulent. Ça a fait de nous un meilleur magazine. »

« Comme rédacteur en chef de Nouveau Projet, poursuit-il, je considère que je commence juste à maîtriser ce véhicule. Je trouve ça encore difficile à gérer, c'est quelque chose qui a une vie propre, je commence seulement à être capable de l'utiliser comme je veux. »

Pas question, donc, de céder la direction du magazine à quelqu'un d'autre, comme il l'avait prévu au départ. « Je m'étais dit que je serais rédacteur en chef pendant cinq ans, mais je réalise que je ne suis pas prêt à partir, confie-t-il. Je n'ai pas encore bâti la machine que j'ai envie de faire, il y a encore un potentiel d'amélioration important. Bref, je suis encore la meilleure personne pour faire aboutir ce projet et j'y prends encore plaisir, alors je reste. »




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