Dorothée Berryman: ma vie en livres

Dorothée Berryman sera en vedette dans La cantate intérieure, une... (PHOTO Martin Chamberland, LA PRESSE)

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Dorothée Berryman sera en vedette dans La cantate intérieure, une pièce de Sébastien Harrisson mise en scène par Alice Ronfard aux Écuries du 14 au 18 mars.

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Josée Lapointe

La comédienne Dorothée Berryman passe l'hiver sur les planches. Alors qu'elle vient tout juste de jouer dans La cantatrice chauve au Rideau Vert, elle sera en vedette dans La cantate intérieure, une pièce de Sébastien Harrisson mise en scène par Alice Ronfard aux Écuries du 14 au 18 mars. Elle nous a parlé de sa vie en livres.

Votre premier souvenir de lecture ?

Je vais passer outre les Comtesse de Ségur et Bob Morane bien-aimés de mon enfance pour vous parler de mon premier véritable coup de foudre, à l'âge de 13 ans : Andromaque de Jean Racine. J'étais en classe d'Éléments latins quand soeur Louise de La Trinité a mis cette tragédie au programme de notre cours de littérature française. Quelle découverte ! La chaîne des amours : Oreste aime Hermione, qui aime Pyrrhus, qui aime Andromaque, qui aime Hector... La fatalité, le destin tragique des personnages, la violence des passions, tout ça m'emportait, m'enivrait et m'exaltait. Il faut dire aussi que soeur Louise nous avait donné comme devoir d'apprendre quelques vers et de les dire devant la classe. Quand je pense qu'indifférente au fait que le personnage soit un homme, j'avais choisi la scène de folie d'Oreste, qui clôt la pièce avec ses « serpents qui sifflent sur nos têtes » !

Le livre qui a changé votre vie ?

Sans l'ombre d'un doute, La révolution du silence (The Only Revolution) de Krishnamurti. Ses enseignements sont le travail d'une vie, et je le relis encore aujourd'hui. Dans ce livre, il répond aux questions posées par ses auditeurs en Inde, en Californie et en Europe, sur la vie, l'angoisse, la mort, et aussi la beauté et l'amour. Il a laissé derrière lui un vaste corpus littéraire. On dit que l'essence de l'enseignement de Krishnamurti se retrouve dans cette déclaration qu'il a faite en 1929 : « La vérité est un pays sans chemin ». Il n'appartenait à aucune organisation, aucune secte, aucun courant politique ou idéologique, et rappelait sans cesse que nous sommes avant tout des êtres humains et non des hindous, des musulmans ou des chrétiens.

Le livre qui est sur votre table de chevet en ce moment ?

Il y en a plusieurs. Certains que j'ai lus et que j'ai le goût de relire, d'autres que j'ai hâte de découvrir. Je vais donc vous parler de Nirliit de Juliana Léveillé-Trudel, que je m'apprête à relire parce que ce récit d'une puissante beauté me hante. L'action se situe à Salluit, au Nunavik, « où il faut venir par les airs, comme les oies : Nirliit ». C'est un livre important pour découvrir le Nord et le peuple inuit autrement que par les nouvelles qui font la une, et c'était écrit de manière si juste dans une critique de La Presse

Le livre que vous relisez tout le temps ?

Une chambre à soi de Virginia Woolf est un livre que j'ai lu assez tardivement, surtout si je compare à ses autres romans comme Le phare, depuis longtemps un de mes préférés. En fait, c'est une adaptation scénique d'Une chambre à soi qui m'a amenée au livre. C'était à New York, en 1991. Sur la scène, un pupitre et une chaise. Puis entre Virginia Woolf, incarnée par la grande actrice britannique Eileen Atkins. Elle s'adresse à nous comme si nous étions les étudiantes des deux collèges de Cambridge alors réservés aux femmes, là où en 1928, Virginia Woolf donnait ses conférences sur le thème « Les femmes et le roman ». Vous dire l'émotion que j'ai ressentie ! Aujourd'hui encore, je puise inspiration et encouragement dans les écrits de Virginia Woolf.

Le livre que vous n'avez jamais lu et vous ne savez pas pourquoi ?

Je ne sais pas pourquoi je n'ai pas encore lu A Little Life de Hanya Yanagihana. J'étais pourtant très excitée à l'idée de plonger dans ce roman paru en 2015 et devenu un best-seller, encensé par la critique qui a salué l'arrivée d'une grande auteure. The Guardian a qualifié le livre d'« épopée humaine impitoyable et déchirante », tandis que le New Yorker a loué son esprit subversif. Pourtant, je retarde sans cesse le moment de lire ; peut-être ai-je un peu peur de cette exploration des profondeurs de la cruauté humaine, même si elle est nuancée par un hymne à l'amitié. Mais je suis certaine qu'un jour ou l'autre, j'arriverai à lire de la première à la dernière page... la 814e !

Le livre que vous avez l'intention de lire cet hiver ?

Ce sont deux livres de la comédienne Sylvie Drapeau. D'abord, son premier roman Le fleuve, qu'elle m'a offert. Ensuite, son deuxième roman, que je viens d'acheter et qu'elle m'a dédicacé, Le ciel. Je suis sûre que ces textes sont à son image, d'une grande beauté, émouvants et débordant d'humanité.




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