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Décès de Dario Fo, prix Nobel de littérature

Dario Fo photographié en décembre 2015.... (Archives Agence France-Presse)

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Dario Fo photographié en décembre 2015.

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Ljubomir Milasin
Agence France-Presse
Rome

Dario Fo, prix Nobel de littérature en 1997, est décédé jeudi matin à l'âge de 90 ans, provoquant un déluge d'hommages pour ce trublion qui a marqué la vie culturelle et politique de la péninsule.

L'écrivain et acteur a succombé à une insuffisance respiratoire due à une pathologie pulmonaire dont il souffrait depuis plusieurs années, a expliqué en conférence de presse son médecin, Delfino Legnani.

«Avec Dario Fo, l'Italie perd un des grands protagonistes du théâtre, de la culture, de la vie civile de notre pays», a salué le chef du gouvernement, Matteo Renzi.

«Son oeuvre satirique, sa recherche, son travail scénique, son activité artistiques aux multiples facettes sont l'héritage d'un grand Italien du monde», a-t-il ajouté.

Dario Fo avait gagné une notoriété internationale en 1969 avec Le mystère Bouffe (Mistero buffo), une épopée des opprimés inspirée de la culture médiévale dont le héros, un jongleur, enseigne la révolte par le rire.

Auteur de La mort accidentelle d'un anarchiste, La marijuana de maman est la meilleure, Couple libre ou Faut pas payer!, ce bateleur à la langue inventive appelait à la rébellion contre les puissants et les hypocrites.

Son décès a provoqué un raz-de-marée de réactions en Italie, depuis les responsables politiques aux présentateurs de télévision en passant par les écrivains.

«Le prix Nobel le plus joyeux de tous les temps est décédé aujourd'hui. À la place d'une larme nous lui devons un sourire», a tweeté l'écrivain Erri De Luca.

Dario Fo avait l'humour chevillé au corps dans toutes les circonstances, un sourire vissé sur le visage à toutes ses apparitions publiques.

«Je ne crains pas la mort mais je ne suis pas en train de la courtiser non plus. Si tu as bien vécu, c'est la juste conclusion de la vie», avait-il récemment déclaré, selon le Corriere della Sera.

«Nous sommes aussi surpris que toi», a salué sa maison d'édition italienne, Chiarelettere. «Et nous nous surprendrons encore», a-t-elle ajouté, laissant entendre qu'il restait peut-être des écrits non publiés.

Compagnon du Mouvement 5 étoiles

Dario Fo, dernier Nobel italien de la littérature, est décédé le jour où l'Académie suédoise doit révéler le vainqueur de ce prix pour 2016, pour lequel d'autres Italiens, comme la mystérieuse Elena Ferrante et le très Européen Claudio Magris ont été cités.

Né le 24 mars 1926 en Lombardie dans un milieu ouvrier antifasciste, Dario Fo s'est lancé dans le théâtre dès le début des années 1950 après des études d'architecture.

Il a d'abord écrit des monologues et des sketches empreints de critique sociale, puis des pièces laissant une large place à l'improvisation.

Il formait un couple mythique avec Franca Rame, épousée en 1954 et décédée en 2013 à l'âge de 83 ans, qui fut de toutes ses aventures théâtrales.

Anarchiste dans l'esprit, batailleur, critique, il avait fait siens ces dernières années les combats du Mouvement 5 Etoiles (M5S, populiste) contre la classe politique italienne classique.

«La mort de Dario Fo prive le pays d'une grande voix critique, d'un guide spirituel à l'esprit civique. Mais elle prive aussi le M5S d'un point de référence fondamental, un compagnon de voyage allègre, génial et profond», a salué le groupe parlementaire M5S dans un communiqué.

Cet engagement politique sans concession a cependant poussé certains à nuancer le classique cortège de louanges posthumes.

«Pas d'hypocrisie. Dario Fo ne m'a jamais plu, je l'ai toujours considéré comme un homme qui prend parti avec violence», a déclaré Renato Brunetta, un responsable de Forza Italia, le parti de Silvio Berlusconi, évoquant avec «amertume et douleur» les références de Dario Fo au fait qu'il mesure moins de 1,5 m.

Moins d'amertume du côté de Matteo Salvini, chef de la Ligue du Nord (anti-euro et anti-immigrés): «Un grand artiste. Pour lui j'étais raciste, égoïste, ignorant? Mais l'eau a passé sous les ponts. Pas de rancoeur, double prière».

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