Michel Tremblay, l'écrivain qui lit

L'écrivain Michel Tremblay a clos de belle façon... (Photo: Hugo-Sébastien Aubert, La Presse)

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L'écrivain Michel Tremblay a clos de belle façon la série «Dans la bibliothèque de...», présentée à la Grande Bibliothèque. Il a parlé de ses lectures préférées et de son amour pour la littérature. La Grande Bibliothèque accueille d'ailleurs jusqu'en septembre l'exposition multimédia L'univers de Michel Tremblay.

Photo: Hugo-Sébastien Aubert, La Presse

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Marie-Christine Blais
La Presse

«Le pilier de notre littérature»: c'est en ces termes que le PDG de la Grande Bibliothèque, Guy Berthiaume, a présenté Michel Tremblay aux spectateurs qui se pressaient hier midi dans l'auditorium de la GB pour l'ultime rencontre de la série «Dans la bibliothèque de...» Récit d'une rencontre drôle et instructive en public, avec un écrivain fervent lecteur.

C'est en 2010 que Guy Berthiaume a lancé cette formule de rencontre publique avec des personnalités qui ne sont pas du monde littéraire (Denys Arcand, Claude Legault, Normand Brathwaite...), afin de suggérer des lectures et parler littérature. Cette populaire série est également filmée et diffusée sur le Canal Savoir. Alors que M. Berthiaume quitte la Grande Bibliothèque le 23 juin pour d'autres fonctions, la toute dernière de «Dans la bibliothèque de...» appelait une première: un invité littéraire, l'écrivain Michel Tremblay.

Précisons tout de suite qu'au fil des ans, Tremblay a été l'auteur le plus cité au nombre des livres favoris des autres invités de la série et que la Grande Bibliothèque accueille jusqu'en septembre l'exposition multimédia L'univers de Michel Tremblay. Bref, c'était l'ultime invité par excellence.

Et Guy Berthiaume a marqué le coup en faisant les choses autrement. En effet, les Louis-José Houde, Marc Hervieux, Josée di Stasio, Fred Pellerin et autres participants - 25 en 5 ans - ont tous présenté entre 10 et 12 livres qui les ont marqués. Mais les livres marquants de Tremblay, nous les connaissons: il suffit pour cela de lire son recueil de souvenirs Un ange cornu avec des ailes de tôle.

Aussi, s'inspirant de ce qui se fait dans le quotidien The New York Times, M. Berthiaume a plutôt posé des questions spécifiques à l'écrivain, qui a eu deux mois pour préparer ses réponses, à Key West: le genre littéraire que vous n'aimez pas (les biographies et les autobiographies), le livre incontournable qui vous a pourtant déçu ou que vous n'avez pas été capable de terminer (Le Capitaine Fracasse de Théophile Gautier), le livre dont Tremblay imposerait la lecture à tous s'il en avait le pouvoir (La détresse et l'enchantement de Gabrielle Roy dans notre littérature, Cent ans de solitude de Garcia Marquez en littérature internationale), le dernier livre lu (La promesse de l'aube de Romain Gary, «une splendeur d'écriture et d'émotion»), l'auteur mort ou vivant avec qui vous aimeriez prendre un café (Zola, pour lui poser une question technique, ou Tchekhov, pour lui dire son admiration), les auteurs lus systématiquement (ce grand amateur de polars a cité Henning Mankell, Michael Connelly et Louise Penny, mais aussi rappelé qu'il avait lu, dans l'ordre, toute la série des Rougon-Macquart de Zola), etc.

Cette énumération ne rend pas justice au ton très enjoué de la rencontre: expliquant par exemple qu'il avait détesté le sourire d'une Marguerite Yourcenar imbue de son intelligence lors d'une entrevue télévision et l'imitant de façon comique, Michel Tremblay a servi ce fameux sourire à quelques moments bien choisis pendant l'heure, ce qui n'a pas manqué de faire s'esclaffer toute la salle.

Cent ans de solitude

L'importance du roman Cent ans de solitude de Gabriel Garcia Marquez (mort le 17 avril dernier) dans la vie de Tremblay a donné lieu à un des moments forts de cette entrevue en public: «Quand j'ai lu, en 1975-1976, Cent ans de solitude, j'ai vu qu'on pouvait mêler le fantastique et le réalisme. L'année suivante, j'ai commencé à écrire La grosse femme d'à côté est enceinte, et le roman s'ouvre sur des tricoteuses dont on ne comprendra que plus tard qu'elles sont invisibles pour la plupart des personnages. [...] Cent ans de solitude a changé ma vie, je suis devenu un autre écrivain après l'avoir lu.»

Autre révélation, mais comique: Tremblay a raconté que, vers l'âge de 16 ou 17 ans, il avait écrit, dans la marge, le nom du meurtrier quelques pages avant la fin de tous les livres d'Agatha Christie qu'il avait empruntés à la bibliothèque municipale! «C'est la seule fois où j'ai écrit dans la marge, a expliqué un Michel Tremblay à la fois hilare et repentant. Je ne souligne, ne surligne jamais. Je ne lis jamais les quatrièmes de couverture, je ne veux pas savoir ce qui arrivera. Je ne relis jamais un livre, il y en a trop à lire.»

Tremblay a aussi lancé quelques phrases bien senties au cours de la rencontre, du genre «Ne croyez pas les auteurs, aimez-les, ce sont de fabuleux menteurs». La semaine prochaine, il s'envolera pour passer une semaine à New York afin d'assister à une douzaine de spectacles («Juste avant la remise des prix Tony»), puis reprendra la correction de son prochain roman, Survivre! Survivre!, prévu pour l'automne prochain.




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