Un manuscrit de Camus adjugé 142 000 $

Albert Camus en octobre 1957.... (Photo: archives AFP)

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Albert Camus en octobre 1957.

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Agence France-Presse
Paris

Le manuscrit du célèbre Appel pour une Trêve Civile en Algérie d'Albert Camus, prononcé à Alger le 22 janvier 1956, a été vendu mardi 94 800 euros (142 000 $) lors d'une vente aux enchères organisée à Paris, a indiqué la maison de ventes Artcurial.

«Il s'agit d'un manuscrit important de l'écrivain, un texte fort qui se situe hors de la norme littéraire de Camus, et qui s'inscrit dans l'Histoire», a déclaré l'expert Olivier Devers à l'issue de la vente.

Le manuscrit, qui était estimé entre 70 000 et 80 000 euros, a été acheté par un collectionneur européen dont l'identité n'a pas été communiquée.

Lors de la même vente, trois lettres de Camus datées de février à septembre 1956, dont l'une des plus belles de l'écrivain sur son amour pour l'Algérie, et adressées à Evelyne Sintès, ont été adjugées à 20 800 euros, précise Artcurial, au lieu des 10 000 à 12 000 euros initialement estimés.

Publié une première fois confidentiellement sous la forme d'une plaquette intitulée Appel d'Albert Camus, puis réédité dans Actuelles III: chroniques algériennes chez Gallimard en 1958, le manuscrit éclaire une période capitale de l'Histoire et marque l'apogée du combat de Camus pour tenter de concilier les communautés d'Algérie.

Il est dédicacé «À Evelyne et à René Sintès/leur frère en Algérie/Sintès-Camus».

René Sintès était un jeune peintre né à Alger qui partageait avec Camus le désir de nouer un dialogue interculturel. Son épouse Evelyne avait dactylographié en 1956, le manuscrit de Camus. Enlevé par l'OAS (Organisation Armée Secrète, favorable au maintien de la présence française en Algérie) en 1962, René Sintès paiera de sa vie, à 29 ans, son engagement pacifiste.

Le 16 janvier 1956, le Comité pour une Trêve Civile avait invité Camus à écrire et à prononcer ce discours de la dernière chance.

L'écrivain voulait «obtenir que le mouvement arabe et les autorités françaises (...) déclarent simultanément, que pendant toute la durée des troubles, la population civile sera, en toute occasion, respectée et protégée.» La proposition de Camus, prix Nobel de littérature en 1957, sera un échec.




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