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Le centenaire du poète Aimé Césaire célébré mondialement

Aimé Césaire... (Photo: archives La Presse)

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Aimé Césaire

Photo: archives La Presse

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Indalecio Alvarez
Agence France-Presse
Paris

Martiniquais mais universel, révolté mais humaniste, homme politique mais toujours libre: le centenaire de la naissance d'Aimé Césaire, le 26 juin, donne lieu à des hommages à travers le monde pour saluer le poète mort en 2008 dont l'aura ne cesse de croître.

«Aimé Césaire nous aide à penser les nouvelles formes de colonialisme: le déni de la personne, l'écrasement des peuples», dit à l'AFP Françoise Vergès, coauteur du documentaire télévisé Aimé Césaire face aux révoltés du monde.

En Martinique, la ville de Fort-de-France inaugure mercredi l'Espace muséal Ancien Bureau d'Aimé Césaire en présence du Premier ministre français, Jean-Marc Ayrault, tandis qu'à Bruxelles un hommage a lieu le même soir avec l'écrivain congolais Antoine Tshitungu Kongolo et son confrère belge Joris Note.

Deux ans après son entrée symbolique au Panthéon, l'Assemblée nationale française doit adopter dès lundi une résolution «en hommage à Aimé Césaire», député de 1945 à 1993.

Un film, Césaire, le prix de la Liberté, sera diffusé en avant-première au Parlement dans la foulée. En même temps, un débat international aura lieu à Londres.

Il y a eu la tournée du Cahier d'un retour au pays natal aux Caraïbes, un récital de poésie à New York, une rencontre à Dakar et il y aura des hommages au Festival d'Avignon, à Baden-Baden, Washington...

Cinq ans après sa mort, Aimé Césaire demeure incontournable.

«Césaire a été celui qui a déchiré la carte postale» des colonies, dit l'écrivain antillais Raphaël Confiant.

«Il a dit attention, ce n'est pas parce que l'abolition de l'esclavage s'est produite que les choses ont changé!», s'exclame-t-il dans le documentaire diffusé mercredi par France Ô.

Le terme de «Négritude», forgé dans les années 1930, vise à retrouver «la conscience d'être noir». C'est aussi la révélation de l'Afrique, qu'il aura à Paris en rencontrant Léopold Sedar Senghor, futur président sénégalais.

Une conscience

Son Cahier d'un retour au pays natal, publié en 1939, devient un classique, considéré par André Breton comme «le plus grand poème lyrique de notre temps».

Dans son Discours sur le colonialisme (1950), il s'en prend au «bourgeois du XXe siècle», qui «ne pardonne pas à Hitler (...) d'avoir appliqué à l'Europe des procédés colonialistes dont ne relevaient jusqu'ici que les Arabes d'Algérie, les coolies de l'Inde et les nègres d'Afrique».

Mais pour le fondateur de la revue Tropiques, la Négritude est un projet d'abord culturel.

«La Négritude est un cri de protestation et en même temps un cri d'humanité», résume l'historien Alain Ruscio dans Aimé Césaire face aux révoltés du monde.

Césaire démissionne du groupe communiste à l'Assemblée le 24 octobre 1956 pour dénoncer une tutelle de l'URSS «dont nous ne voulons plus».

Dix ans auparavant, il a obtenu la «départementalisation» de la Martinique. Une «égalité» qui a ses limites: «l'acculturation issue de l'assimilation», relève Françoise Vergès.

Or, pour Césaire, auteur des pièces La tragédie du roi Christophe et Une saison au Congo, les mouvements de libération «c'est épique, mais les lendemains sont tragiques». «Son humanisme le pacifie», souligne Françoise Vergès.

Trop humaniste pour prendre la tête d'un mouvement de libération nationale, Césaire sera une conscience.

Sur le site www.hommage-cesaire.net, les messages affluent: «Merci Aimé de m'avoir donné une identité», «Je suis fier d'être appelé Nègre grâce à vous», «Brave lutteur sans armes». On lui dit aussi: «que la terre te soit légère».

Sa terre, il la parcourait inlassablement à la fin de sa vie, selon ses proches, des petits bouts de papier dans ses poches. Prêt à surprendre la beauté d'un paysage et à griffonner un dernier poème.

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