Série-PME

Portraits d'innovateurs : à la recherche des boutons jaunes

Marc Tison
La Presse

Ils souhaitent devenir l'Apple des pièces de camions et des roues d'autos et, sérieusement, ça s'en vient. Impressionnant! Une suggestion de Nathaly Riverin, directrice générale de l'École d'entrepreneurship de Beauce.

Macpek

> Fondation: 1974

> Siège social: Québec

> Nombre d'employés: env. 250

> Succursales: 18

> Chiffre d'affaires en 2014: 80 millions

Pour innover, Jean-François Pouliot cherche les boutons jaunes. C'est une métaphore, bien sûr.

Le bouton jaune, rappelle le président de Macpek, était une commande électrique qui servait durant les années 60 et 70 à ouvrir le coffre de certaines voitures américaines. Il était judicieusement placé dans la boîte à gants. «Il fallait ouvrir la boîte à gants pour ouvrir le coffre!», s'exclame-t-il pour illustrer le genre d'absurdité qu'il cherche à débusquer et corriger. «Dans notre industrie, il y a plein de boutons jaunes que les gens ne voient plus parce qu'ils vivent avec eux au quotidien. Notre responsabilité est de les chercher et de trouver des solutions différentes pour servir nos clients.»

La distribution de pièces n'est pas le genre d'activité qu'on imagine à la fine pointe de l'innovation. Et pourtant. On ne devient pas le plus important distributeur canadien de pièces de véhicules lourds au Québec et le premier distributeur de roues d'automobiles en Amérique du Nord en faisant la file dans les bouchons autoroutiers.

«Les gens associent l'innovation à l'industrie manufacturière ou technologique, et moins à la distribution, constate Jean-François Pouliot. Je crois qu'il y a beaucoup d'innovations potentielles dans notre domaine, mais les gens ne les voient pas.»

Roulant à contresens, Macpek a lancé en juin, après quatre ans de développement, sa plateforme de commande de pièces de véhicules lourds en ligne - une première.

Plus de 10 000 pièces sont cataloguées avec une description de leurs caractéristiques - leur taxonomie.

Une mission simple

Il y a huit ans, Macpek a fait l'exercice de redéfinir sa mission, avec l'aide de ses employés. «Souvent, la description tient en trois pages, lance le président. Nous, c'est une phrase: simplifier la vie de nos clients.»

Pour y parvenir, l'entreprise organise tous les ans des «rencontres d'opportunités»: dans chaque succursale, les employés se réunissent en petits groupes. «On les informe sur les résultats et les objectifs, mais on leur demande aussi ce qu'on pourrait faire mieux ou différemment pour attendre ces objectifs.»

Les frontières de la langue

Le marché des pièces de véhicules de Macpek se concentre au Québec, en Ontario et dans le Nord-Ouest francophone. C'est la langue qui trace ces frontières.

Avec un service bilingue, les roues d'automobiles sont pour leur part distribuées au Canada et aux États-Unis. «Avec les roues d'automobiles, on a développé des outils technologiques qui permettent de former des employés déjà bilingues très rapidement, en environ trois semaines, explique le président. Pour l'instant, former un commis pour les pièces de véhicules lourds prend de deux à trois ans.» Le nombre et la complexité des pièces expliquent ce délai.

Pour le moment, l'entreprise ne prévoit pas d'élargir son marché de pièces de véhicules lourds au-delà du territoire francophone.

Une philosophie qui n'empêche pas Macpek de faire du chemin: l'entreprise de Québec a vu son chiffre d'affaires accélérer de 10 millions en 1996 à 80 millions en 2014.




À découvrir sur LaPresse.ca

Les plus populaires : Affaires

Tous les plus populaires de la section Affaires
sur Lapresse.ca
»

Autres contenus populaires

la boite:219:box
image title
Fermer