Industrie pharmaceutique: des alliances entre PME et géants de la santé

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Guy Paquin

Collaboration spéciale

La Presse

Les entreprises de biotechnologie montréalaises et nos laboratoires de recherche signent des accords de collaboration avec les grandes pharmaceutiques internationales ou avec de grandes compagnies d'équipement médical. Il peut s'agir de remplir un mandat précis et limité, mais aussi d'offrir un produit fini et qui a fait ses preuves. Voici trois exemples récents.

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Le siège social de Néomed, dans l’arrondissement de Saint-Laurent à Montréal

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Laboratoire de l’Institut NÉOMED

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PURDUE ET NÉOMED VISENT LES ANALGÉSIQUES NON OPIACÉS

Le partenariat entre la société pharmaceutique Purdue Canada et l'Institut de recherche montréalais Néomed, annoncé le 22 mars dernier, aura un objectif principal : développer de nouveaux analgésiques hors du monde des opiacés.

« Le point de jonction entre Purdue et Néomed, c'est la lutte contre la douleur, confirme la docteure Julie Ducharme, vice-présidente, recherche et développement chez Purdue Canada. De notre côté, nous avons en marché des opiacés très forts, comme Dilaudid. Quant à Néomed, elle a hérité de certaines molécules qui étaient en développement au Centre de la recherche contre la douleur de la pharmaceutique Astra Zeneca, ici dans la région métropolitaine. Notre partenariat vise le développement de nouveaux composés ciblant le système nerveux central. On est faits pour se comprendre. »

Le travail de Néomed consistera à faire un premier rabattage de molécules potentiellement intéressantes et de les soumettre à l'examen de Purdue. « Si nous avons le O.K. de la pharma sur l'une ou l'autre des molécules que nous repérons, explique Philippe Walker, chef de la direction scientifique de Néomed, nous amorçons le travail de développement. La pharma fait le reste. »

PULMOBIND : TESTS DÉCISIFS D'ICI SIX MOIS

PulmoBind, une nouvelle manière de diagnostiquer l'hypertension artérielle pulmonaire (HAP), subira ses essais cliniques décisifs (phase III) d'ici six mois. En cas de réussite, la méthode sera commercialisée vers 2019.

PulmoBind est le résultat des travaux du docteur Jocelyn Dupuis et de ses collègues de l'Institut de cardiologie de Montréal. « Notre méthode intéresse grandement les entreprises de calibre mondial spécialisées dans le matériel médical comme GE Healthcare ou la française IBA Molecular. Il faut dire que l'HAP est sous-diagnostiquée et que, sans traitement, elle entraîne de graves problèmes cardiaques. »

Les sociétés pharmaceutiques s'intéressent aussi à la découverte montréalaise. « Merck, par exemple, a utilisé son option pour utiliser PulmoBind à des fins de recherche, confirme Diane Gosselin, présidente et directrice générale du Consortium québécois sur la découverte du médicament (CQDM). La pharmaceutique a même délégué un de ses chercheurs, le docteur Michael Klimas, comme mentor pendant le développement de PulmoBind. »

Le CQDM est un organisme de financement de la recherche biomédicale formé du regroupement de neuf sociétés pharmaceutiques mondiales et reçoit aussi l'aide de Québec et d'Ottawa. Il a investi 2,8 millions de dollars dans PulmoBind, un de ses trois plus grands placements, selon Mme Gosselin.

DEUX ENTENTES MAJEURES POUR ENGENE

En quatre mois seulement, la société de biotechnologie québécoise enGene a signé deux ententes majeures avec des pharmaceutiques. D'abord, il y a eu l'alliance avec l'américaine Johnson & Johnson, en octobre 2015, puis celle avec la japonaise Takeda en janvier 2016. Si les résultats étaient au rendez-vous dans quelques mois, on pourrait parler de centaines de millions de dollars de revenus pour la société montréalaise.

Les investisseurs d'enGene sont ravis et voient dans ces deux partenariats la validation du modèle d'affaires de la société de biotechnologie nouveau genre. « Ils apprécient le fait qu'au lieu de brûler des monceaux d'argent à la recherche du nouveau médicament miracle, enGene génère des revenus en offrant sa technologie aux pharmas », explique Anthony Cheung, président de l'entreprise.

« Avec les sommes que nous allons engranger, nous pourrons ensuite développer nos propres médicaments en utilisant nous-mêmes à notre tour notre technologie brevetée. »

« enGene est un modèle pour les autres biotechs, confirme Didier Leconte, directeur principal, investissements en sciences de la vie au Fonds FTQ. Ils sont partis d'un actif pour générer des revenus et avec cet argent vont développer d'autres actifs menant à d'autres partenariats et ainsi de suite. C'est un investissement dont nous sommes fiers. »




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