Génie informatique et logiciel: petites révolutions dans les formations

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La Maison du logiciel libre a ouvert ses portes à l'ETS en partenariat avec de nombreux acteurs universitaires et industriels pour accueillir des étudiants de toute la région.

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Martine Letarte

Collaboration spéciale

La Presse

Partout dans les universités et les écoles de génie, on déplore l'offre insuffisante d'ingénieurs en informatique et en logiciel afin de répondre aux besoins du marché du travail. Ce qu'on raconte moins, c'est comment la formation dans le domaine se transforme afin de rester pertinente dans ce monde en constante mutation. En voici trois illustrations.

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Pierre Langlois, professeur au département de génie informatique et génie logiciel à Polytechnique Montréal.

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ETS : ENGOUEMENT POUR LE LOGICIEL LIBRE

Google et Facebook ont leurs nombreuses applications, Skype a été acheté par Microsoft à fort prix il y a quelques années, de nombreuses institutions utilisent Asterix comme système de téléphonie : le logiciel libre est devenu incontournable. Or, il demeure souvent absent des cours de génie. Avec des partenaires industriels tels Google et Savoir-faire Linux, la Maison du logiciel libre a été lancée l'automne dernier à l'École de technologie supérieure (ETS) avec l'Université McGill, l'Université de Sherbrooke, l'Université Concordia, Polytechnique Montréal, l'UQAM et l'Université de Montréal.

« Pour rester dans l'esprit inclusif du logiciel libre, ce lieu ouvre ses portes à tous les étudiants du milieu universitaire de la région qui souhaitent travailler sur des projets de logiciel libre avec l'aide de professeurs, de gens de l'industrie et d'étudiants plus avancés », explique Jean-Marc Robert, directeur du département de génie logiciel et des technologies de l'information à l'ETS.

On y réalise d'abord des activités parascolaires, mais un objectif est de permettre à des étudiants d'y acquérir suffisamment de connaissances pour pouvoir diriger leur projet de fin d'études dans le domaine du logiciel libre.

Le développement de logiciels libres peut aussi avoir des débouchés inattendus.

« Il est arrivé déjà que des étudiants fassent de réelles contributions à la communauté open source dotée de programmeurs très expérimentés, raconte M. Robert. Certains se sont fait offrir des emplois par la suite. Par exemple, un étudiant de McGill a été embauché par Facebook après avoir contribué à la communauté. »

La Maison du logiciel libre compte maintenant une centaine d'étudiants inscrits et a environ 25 projets dans ses cartons.

POLYTECHNIQUE MONTRÉAL : LA RÉVOLUTION DE LA CLASSE INVERSÉE

Qui a dit qu'il fallait faire de la théorie en classe et des exercices à la maison ? Pierre Langlois, professeur au département de génie informatique et génie logiciel à Polytechnique Montréal, a décidé de faire le contraire depuis 2014.

Il cherchait une nouvelle façon de stimuler ses étudiants lorsqu'il est tombé sur une étude sur l'activité cérébrale. On y lisait que c'est devant la télévision et dans une salle de cours que le cerveau des étudiants est le moins actif. C'est ce qu'il a voulu changer.

Ses étudiants se familiarisent donc avec la théorie avant le cours et, en classe, ils vont plus loin dans les apprentissages grâce à des travaux et à des échanges.

Prenons l'exemple des apprentissages entourant le microprocesseur d'un ordinateur ou d'un téléphone intelligent. Le professeur Pierre Langlois a opté pour la réalisation de petites vidéos dans lesquelles il explique la base du fonctionnement interne d'un microprocesseur. Ses étudiants les écoutent avant le cours et réalisent un petit devoir.

« Une fois en classe, je leur pose une question notée à livre fermé sur la matière, raconte-t-il. Ensuite, nous réalisons des exercices plus poussés, par exemple pour apprendre à modifier le microprocesseur, pour ajouter des fonctions, pour le connecter à un autre, etc. »

Résultat ?

« Les étudiants ont un plus grand niveau de connaissances de la matière enseignée et ils se sont dits à près de 90 % satisfaits de leur cours en classe inversée dans l'évaluation formelle », précise celui qui a reçu le Prix d'excellence en enseignement 2015 de Polytechnique Montréal.

UNIVERSITÉ CONCORDIA : SÉCURISER LES SYSTÈMES D'INFORMATION

Les systèmes d'information sont partout : dans l'industrie des services financiers, de l'énergie, des médias, de la santé, des transports, etc. Ces systèmes sont souvent très sophistiqués, mais plusieurs ont des lacunes en matière de sécurité et les astuces des gens mal intentionnés évoluent constamment. C'est pour cette raison qu'il y a 10 ans, l'Université Concordia a décidé de se lancer dans le domaine de la sécurité des systèmes d'information.

« Aucun établissement à l'époque ne formait des spécialistes dans le domaine alors que le besoin était et demeure très important », affirme Mourad Debbabi, vice-doyen à la recherche et aux études supérieures à la faculté de génie et d'informatique de l'Université Concordia.

Une maîtrise professionnelle et une autre avec mémoire ont été créées. Les étudiants y apprennent à protéger des systèmes, à prévenir et détecter des attaques, de même qu'à en atténuer les impacts.

Près de 100 étudiants sont admis chaque année et ils doivent avoir terminé au préalable un baccalauréat en informatique, en génie informatique ou logiciel.




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