Énergie

Place à l'hydroélectricité et à la biomasse

Normand Mousseau (à gauche) et Roger Lanoue sont... (PHOTO ALAIN ROBERGE, ARCHIVES LA PRESSE)

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Normand Mousseau (à gauche) et Roger Lanoue sont coprésidents de la Commission sur les enjeux énergétiques du Québec.

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Stéphane Champagne

Collaboration spéciale

La Presse

Quatre questions à Normand Mousseau et Roger Lanoue, coprésidents de la Commission sur les enjeux énergétiques du Québec, dont le rapport Maîtriser notre avenir énergétique vient d'être déposé à la demande du ministère des Ressources naturelles.

Q Quel est, selon vous, l'enjeu énergétique le plus important actuellement au Québec?

R Comment réduire notre dépendance et notre consommation de pétrole. Cela nous affecte à la fois d'un point de vue économique et environnemental. Il faudrait remplacer le pétrole, notamment par la biomasse forestière et l'hydroélectricité. Nous serions alors une économie encore plus compétitive.

Q Il a beaucoup été question des surplus énergétiques d'Hydro-Québec, que la société d'État estime à 75 térawattheures au cours des 10 prochaines années. Qu'en est-il?

R C'est Hydro-Québec Distribution qui évalue ces surplus à 75 TWh. Globalement, il y en aurait plus que ça. Si on ajoute Hydro-Québec Production, on est plus aux alentours de 30 TWh par année, dont 10 TWh peuvent être exportés à profit, si les conditions sont idéales. Les autres 20 TWh trouvent preneurs, mais à des prix variant entre 3 et 12¢/TWh, ce qui n'est pas rentable. Nous estimons que d'ici 2017, le déficit associé aux surplus sera de 1,2 milliard annuellement et qu'il pourrait atteindre 1,5 milliard.

Q Que doit-on faire pour réduire, sinon écouler ces surplus? Les trois futures lignes de transmission en Nouvelle-Angleterre deviennent-elles intéressantes?

R Ces lignes ne sont pas encore construites. Si, en partant, elles coûtent, disons, 6¢/kWh, pensez-vous que nous allons être capables de leur vendre notre électricité à gros prix? Ces lignes seront intéressantes dans la mesure où elles donneront accès à un important marché durant les heures de pointe qui, à notre avis, représente environ 1200 heures par année. Il faut donc investir ailleurs, arrêter les projets de barrages, comme La Romaine, et d'éoliennes. On ne doit plus en rajouter. Il faut plutôt mettre l'argent dans la biomasse forestière, qui crée deux fois plus d'emplois pour le même dollar investi. Ça ne passe pas non plus par les alumineries qui veulent payer 3¢/kWh. Ça prend des projets plus porteurs.

Q Si vous étiez au pouvoir, quels gestes feriez-vous dans les plus brefs délais?

RNous ne sommes pas au pouvoir. Notre rapport montre des directions à suivre, des recommandations. Nous espérons que le gouvernement en tiendra compte au moment de mettre en place une politique énergétique.




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