Développement durable: le transport, principal enjeu pour Montréal

Hors de situations bien précises, la congestion routière... (Bernard Brault, Archives La Presse)

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Hors de situations bien précises, la congestion routière dans la région d'Ottawa n'a rien à voir avec ce qui est vécu à Montréal, par exemple.

Bernard Brault, Archives La Presse

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Simon Lord

Collaboration spéciale

La Presse

Les défis et dossiers importants en développement durable passent de la planification des transports à la gestion des matières organiques. La Presse Affaires s'est entretenue avec Coralie Deny, directrice générale du Conseil régional de l'environnement de Montréal, afin de dresser le portrait des enjeux dans la métropole.

Coralie Deny, directrice générale du Conseil régional de... (PHOTO ALAIN ROBERGE, LA PRESSE) - image 1.0

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Coralie Deny, directrice générale du Conseil régional de l’environnement de Montréal, estime qu’il reste encore du chemin à faire en développement durable dans la métropole, même si de nombreuses entreprises ont mis sur pied des projets qu’elle qualifie d’extraordinaires.

PHOTO ALAIN ROBERGE, LA PRESSE

Quels sont les enjeux de l'heure en développement durable à Montréal ?

Il y a d'abord le transport et l'aménagement du territoire. Ce dossier touche aux gaz à effet de serre, à la pollution, aux embouteillages, à la mobilité, à la santé et à l'économie. C'est donc un enjeu majeur.

Il faut par exemple déployer davantage les transports collectifs.

On doit aussi améliorer l'expérience des piétons en construisant entre autres des trottoirs plus larges. C'est une question d'équité. À l'angle de Peel et Sainte-Catherine, par exemple, une étude a dénombré 21 840 piétons contre 5400 voitures entre 6 h et 18 h 30, en plein hiver.

Quels sont les autres dossiers majeurs ?

Il y a la question des milieux naturels et des espaces verts : on a déjà des parcs, mais c'est insuffisant et il y a beaucoup de projets de développement dans ces espaces.

Dans l'est, par exemple, le golf d'Anjou se fait grignoter et devient tranquillement une zone industrielle. Pourtant, c'est le seul espace vert dans cette région qui permettrait d'avoir un grand parc.

Montréal veut atteindre 10 % d'aires terrestres protégées, mais nous ne sommes qu'à 6 %. Si on laisse partir les derniers espaces verts, on n'y arrivera jamais.

Quel est votre point de vue sur la réfection de l'échangeur Turcot ?

On parle d'une autoroute qui passe en plein coeur de la ville. Il faut minimiser cette fracture urbaine gigantesque et créer des espaces verts, des ponts entre les quartiers.

Il faut que le ministère des Transports intègre des aménagements majeurs pour y arriver.

Au cours des prochaines années, quels dossiers prendront de l'importance ?

Le grand enjeu sera celui de la gestion des matières organiques.

Nous attendons les infrastructures, qui doivent se mettre en place, pour que nous puissions éventuellement en faire la collecte. C'est important parce qu'elles représentent plus de 40 % des matières jetées.

On devra également gérer nos eaux usées de façon plus écologique.

Et comment pourrait-on y arriver ?

Il faudra investir et aménager autrement.

Nous pourrions demander, d'ici aux prochaines années, que tout nouveau bâtiment réutilise ses eaux de pluie pour les toilettes, par exemple, plutôt que de les envoyer dans les égouts.

Est-on en retard, à Montréal, par rapport au reste du Canada, sinon du monde ?

Oui, dans certains dossiers. En termes de financement des transports collectifs, par exemple, Toronto et Vancouver ont réussi à obtenir beaucoup d'argent du fédéral.

On fait des gestes intéressants, mais ce n'est pas assez uniformisé sur le territoire pour faire une grande différence. Beaucoup de ruelles vertes ont été aménagées, par exemple, mais on devrait faire un programme sur dix ans plutôt que de faire une, deux ou dix rues.

Y a-t-il eu des bons coups en 2015 à Montréal ?

Il y a une grande diversité d'actions.

Beaucoup de gens font des choses intéressantes : planter des arbres, améliorer leur gestion des matières résiduelles, mettre en place des systèmes d'économie d'énergie.

La politique de stationnement qui a été dévoilée, par exemple, était extrêmement attendue.

Si on gérait mieux le stationnement, on pourrait récupérer des espaces sur rue pour élargir les trottoirs ou en faire des pistes cyclables.

Parmi toutes les entreprises de Montréal, lesquelles sont des leaders dans le domaine ?

Il y a plusieurs exemples extraordinaires d'entreprises qui font des gestes importants : Technopôle Angus, Gaz Métro, la STM, Les Fermes Lufa, Communauto. Aldo, dans l'Ouest, a réaménagé ses terrains. InserTech répare et recycle des ordinateurs.

Ce qu'on dit aux entreprises, c'est qu'il y a beaucoup d'inspiration et de beaux projets.

EN CHIFFRES

80

Tonnes d'articles réutilisables qui ont été récupérées dans les écocentres de Montréal en 2014

136 386

Tonnes de résidus de construction, de rénovation et de démolition résidentiels, et d'encombrants qui ont été détournées de l'élimination à Montréal en 2014

302 565

Immeubles de l'agglomération de Montréal où sont collectés les résidus verts

300

Organismes sur l'île de Montréal spécialisés dans la récupération et la vente d'articles d'occasion

Source : Ville de Montréal




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