La route des incubateurs

L'après-Gentilly 2 : la réinvention passe par l'incubation

Marie Lambert-Chan

Collaboration spéciale

La Presse

Pour compenser l'arrêt de la centrale nucléaire Gentilly-2, l'ancien gouvernement Marois a créé un fonds de diversification économique de 200 millions pour la Mauricie et le Centre-du-Québec. Une partie de cet argent sera investie dans trois incubateurs.La Presses'est informée de leur progrès.

La centrale Gentilly-2, photographiée en 2008.... (Photo: archives Le Nouvelliste) - image 2.0

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La centrale Gentilly-2, photographiée en 2008.

Photo: archives Le Nouvelliste

Trois-Rivières

Depuis 2009, Innovation et Développement économique (IDE) Trois-Rivières connaît un grand succès avec le Technocentre, incubateur d'entreprises dédié aux secteurs des bioprocédés industriels et des technologies environnementales. «Nos espaces sont presque tous occupés, confirme Yves Marchand, directeur général d'IDE Trois-Rivières. C'est d'ailleurs la forte demande qui nous pousse à construire un deuxième incubateur.»

Situé lui aussi dans le Parc Micro Sciences, en bordure de la rivière Saint-Maurice, le futur Centre d'innovation des systèmes accueillera dès la fin de l'année 2015 une quinzaine d'entreprises en démarrage du domaine des systèmes électroniques, des technologies de l'information et des télécommunications. Le bâtiment comptera environ 15 000 pi2. Le projet de 4 millions a bénéficié d'une somme non remboursable de 1,25 million provenant du fonds de diversification. «Le reste provient de la Ville de Trois-Rivières et d'un financement conventionnel», précise M. Marchand.

Comme le Technocentre, le nouvel incubateur offrira des services d'accompagnement aux entrepreneurs, en plus de mettre à leur disposition des équipements ultra sophistiqués. «Au Technocentre, par exemple, nos incubés partagent des bioréacteurs, une centrifugeuse, des hottes chimiques, etc., explique Rosemarie Dallaire, conseillère à l'innovation chez IDE Trois-Rivières. Cela leur évite de dépenser des milliers de dollars en matériel.»

«Un des objectifs du Centre d'innovation des systèmes est de créer de l'emploi pour la relève», ajoute Jean Côté, directeur de la prospection, du développement industriel et de l'innovation chez IDE Trois-Rivières. C'est pourquoi l'organisme s'est associé au Groupe de recherche en électronique industrielle de l'Université du Québec à Trois-Rivières ainsi qu'au C2T3, le Centre collégial de transfert de technologie en télécommunications rattaché au Cégep de Trois-Rivières. Le potentiel de création de postes est là, comme l'ont déjà démontré les résultats du Technocentre: depuis sa création, 39 emplois spécialisés ont vu le jour.

Le Digihub Shawinigan.... (PHOTO ULYSSE LEMERISE, COLLABORATION SPƒCIAL) - image 3.0

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Le Digihub Shawinigan.

PHOTO ULYSSE LEMERISE, COLLABORATION SPƒCIAL

Shawinigan

Ça y est: le fameux «troisième pôle du jeu vidéo au Québec», comme on a désigné Shawinigan il y a quelques mois, verra le jour en octobre. L'aménagement du deuxième étage de l'ancienne usine de textile Wabasso est terminé. C'est là qu'on retrouvera le Digihub Shawinigan - connu pendant un certain temps sous l'appellation «Station du numérique» -, organisme à but non lucratif qui est un espace à la fois d'incubation, de collaboration et de formation, ainsi qu'un motel industriel. Cinq entreprises québécoises s'y incuberont pour donner vie à leur projet de divertissement numérique.

«Nous souhaitons également attirer des sociétés étrangères», indique Philippe Nadeau, directeur général du Digihub Shawinigan et président d'Alchemic Dream, fournisseur international de services pour les développeurs et éditeurs de jeux en ligne, sociaux et mobiles. Il affirme qu'il y a déjà un intérêt du côté des pays asiatiques et du Mexique.

Le projet a été financé en partie par le fonds de diversification qui lui a accordé une enveloppe de 1,2 million. Il se greffe au Centre d'entrepreneuriat Alphonse-Desjardins, Shawinigan situé au premier étage du même bâtiment. Inauguré en 2012, ce centre incube des entreprises de tous les secteurs, abrite un motel industriel et offre deux cours d'entrepreneuriat en partenariat avec la commission scolaire de l'Énergie.

«Une centaine d'élèves par année y assistent et, depuis l'ouverture, leur nombre a augmenté de 20%», signale Luc Arvisais, directeur général du Centre local de développement de Shawinigan. Près du tiers d'entre eux sortent du centre avec un projet d'entreprise concret qui prend racine dans la région.

Pas étonnant que le Centre d'entrepreneuriat et maintenant le Digihub soient considérés comme «les vaisseaux amiraux» du virage économique de la ville, comme le rappelle souvent le maire Michel Angers. Pas le choix: la région souffre de fermetures d'usines à répétition depuis près de 10 ans. Dernièrement, c'était au tour de l'usine Laurentide de Produits forestiers Résolu d'annoncer qu'elle mettra la clé sous la porte le 15 octobre prochain.

«Heureusement, tous les intervenants scolaires et socioéconomiques unissent leurs efforts pour faire changer les choses», remarque Luc Arvisais. Il est toutefois conscient qu'une culture entrepreneuriale ne s'enracine pas du jour au lendemain. Il y a d'ailleurs encore bien des espaces inoccupés dans l'incubateur du Centre d'entrepreneuriat.

Bécancour

À l'heure actuelle, l'incubateur d'entreprises spécialisées dans les technologies vertes de Bécancour n'existe pas. «Il faut prendre une décision: l'installe-t-on dans l'ancienne usine d'eau lourde LaPrade ou dans un bâtiment neuf?», s'interroge le maire Jean-Guy Dubois. La question sera tranchée d'ici la fin de l'année, assure-t-il, afin d'ouvrir l'incubateur en 2015.

Le fonds de diversification a accordé 120 000$ pour étudier la possibilité d'implanter l'incubateur dans l'ancienne usine. «Racheter les terrains et le bâtiment, en plus de le rénover, coûterait environ 4 à 5 millions, estime M. Dubois. Une construction neuve coûterait moins cher, mais on perdrait des avantages liés au fait que l'usine LaPrade est déjà dans une zone industrielle.»

Le maire a hâte que la décision soit prise, car il pense que les retombées de l'incubateur seront importantes. «On souhaite incuber quatre entreprises par année et ainsi entamer un cycle qui nous donnerait une centaine de nouveaux emplois chaque année pendant environ une décennie», dit-il.




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