Hochelaga-Maisonneuve: des citoyens exaspérés par les alarmes du Port de Montréal

Les bruits qui incommodent les habitants sont ceux... (Valerian Mazataud, archives Bloomberg)

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Les bruits qui incommodent les habitants sont ceux des alarmes visant à assurer la sécurité des employés du port. Elles sont installées sur les immenses grues qui prennent les conteneurs dans les bateaux pour les déposer sur des wagons de trains.

Valerian Mazataud, archives Bloomberg

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« Bip-bip-bip-bip-bip-bip ! Tou-dou-dou ! Packlow ! » Depuis quelques semaines, des résidants d'Hochelaga-Maisonneuve entendent quotidiennement, à toute heure du jour et de la nuit, ces bruits d'alarmes, de sirènes et de manutention émis par les grues du nouveau terminal Viau du Port de Montréal, inauguré en novembre dernier.

Exaspérés de se faire réveiller au milieu de la nuit ou d'entendre ces sons stridents le jour en bruit de fond, plusieurs citoyens se sont plaints et ont fait part de leur ras-le-bol sur les médias sociaux.

« C'est comme le supplice de la goutte, on dirait que ça attaque le système nerveux, » raconte, découragée, Line Dion, qui habite près de la rue Sicard depuis cinq ans, mais songe maintenant à déménager, même si elle adore son appartement et son quartier. « Le soir, vers 23h, quand c'est tranquille, on entend juste ça ! Même les fenêtres fermées avec l'air conditionné qui fonctionne. »

Des parents se plaignent que leurs enfants ont du mal à trouver le sommeil.

En plus des plaintes au 911, à l'arrondissement, aux députés, au Port de Montréal et au CN, qui a aussi sa part de responsabilité dans les nuisances sonores, des résidants en colère ont manifesté leur mécontentement lors d'une assemblée de consultation qui se tenait hier soir, sur le prolongement de la rue Souligny et le développement d'une Cité logistique, dans le même secteur, des projets qui sont aussi liés aux activités du port.

« On a l'impression que, dans tous ces projets, l'impact sur les citoyens n'est jamais pris en compte », déplore Patricia Clermont, qui habite le quartier depuis 18 ans. « C'est déjà pénible actuellement, alors on peut juste avoir peur de ce qui s'en vient avec la cité logistique. »

Recours collectif et contestation d'évaluation

Certains parlent d'intenter un recours collectif et de contester leur évaluation municipale, puisqu'ils affirment que le développement industriel du secteur fait diminuer la valeur de leurs propriétés.

Les bruits qui incommodent les habitants sont ceux des alarmes visant à assurer la sécurité des employés du port. Elles sont installées sur les immenses grues qui prennent les conteneurs dans les bateaux pour les déposer sur des wagons de trains.

Comme les émetteurs sont posés tout en haut des structures, le son voyage facilement et s'entend à quelques kilomètres de distance, surtout par ceux qui habitent aux étages supérieurs des immeubles.

Il y a le « bip-bip-bip » similaire aux alarmes de recul des camions et un autre avertisseur qui émet trois notes, semblable au son du métro qui quitte une station. Le bruit des conteneurs qui s'entrechoquent, le vrombissement de divers équipements et d'autres types de sirènes s'ajoutent au vacarme ambiant, de jour comme de nuit.

« Bruit blanc »

Devant le grand nombre de plaintes, le Port de Montréal affirme chercher des solutions au problème avec Termont, l'entreprise qui exploite le Terminal Viau. Les inspecteurs du port se sont rendus chez des citoyens pour mesurer le niveau de bruit.

« Nous avons demandé à l'opérateur s'il pouvait déplacer les alarmes ou encore créer un mur de conteneurs qui pourrait atténuer le bruit, mais on ne sait pas encore quelle solution pourrait être la plus efficace », indique Mélanie Nadeau, directrice des communications du port.

On envisage aussi l'installation d'alarmes à « bruit blanc », qui émettent un son moins strident, ressemblant plutôt à une crécelle.

« Nous avions déjà prévu l'utilisation de ce type d'alarme sur certains équipements, mais en raison des plaintes, nous allons accélérer l'installation, qui pourrait se faire d'ici un mois », indique le directeur général de Termont, Julien Dubreuil.

Dès les prochains jours, l'entreprise réduira la puissance de certaines alarmes - notamment celle qui fait entendre le « tou-dou-dou » décrit par les résidants.

La députée fédérale du secteur, Marjolaine Boutin-Sweet, du NPD, qui a elle aussi reçu des plaintes, a fait faire une recherche sur les solutions trouvées par des ports ailleurs dans le monde pour préserver la quiétude de leurs voisins. Elle présentera l'étude dans 10 jours à la direction du port et aux résidants.

« Les citoyens ne veulent pas faire cesser les opérations du port, ils veulent seulement être capables de dormir la nuit, ce qui est tout à fait normal », souligne la députée.

Mauvais pour la santé

Lors de l'assemblée publique d'hier soir, un représentant de la Direction de la santé publique (DSP) de Montréal, le Dr Stéphane Perron, a donné raison aux résidants de s'inquiéter des problèmes de bruit, lorsqu'il a souligné qu'à partir de 40 décibels, les bruits nuisibles pouvaient perturber le sommeil et qu'au-delà de 55 décibels, la population pouvait développer des problèmes plus graves comme des maladies cardiaques.

Le Dr Perron a souligné que la DSP demandait depuis longtemps à Montréal de se doter d'une politique claire sur le bruit.

Les inspecteurs du port ont mesuré des bruits d'une intensité d'environ 50 décibels à la suite de plaintes de personnes habitant à plusieurs rues du terminal Viau.

Les résidants soulignent que, au-delà de l'intensité, c'est la récurrence du bruit et le fait qu'il peut se manifester à tout moment qui le rend si difficile à supporter.




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