Cols bleus: le syndicat menace ses membres de représailles s'ils quittent

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La présidente du Syndicat des cols bleus regroupés de Montréal (Local 301), Chantal Racette

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La présidente du Syndicat des cols bleus regroupés de Montréal (Local 301), Chantal Racette, vient d'aviser ses membres qu'ils encourent des sanctions s'ils favorisent la création d'un nouveau syndicat, ce qui est présenté comme «une attaque».

Mme Racette a fait parvenir aux quelque 6000 syndiqués une lettre dont La Presse a obtenu copie et dans laquelle la leader syndicale les invite à ne pas se laisser «duper» par un «groupuscule» de dissidents tentant de créer un autre syndicat. «Un individu travaillant comme col bleu à l'arrondissement Montréal-Nord, s'est autodécrété président d'un «syndicat» qu'il a lui-même créé sur papier afin de pouvoir tenter de nous marauder d'ici le début du mois d'août», écrit Mme Racette laissant planer un doute sur «l'intérêt qui se cache derrière lui».

Selon elle, si cela devait réussir, c'est-à-dire que des cols bleus adhèrent au mouvement, ce serait «un cadeau» pour la Ville de Montréal qui aurait ainsi «la radiographie exacte de nos points faibles à travers la Ville, juste à temps pour nos négociations». Du coup, Mme Racette prévient ses collègues qu'il pourrait y avoir «des conséquences pour tout membre qui participerait à cette campagne» et ce malgré le fait que «le Local 301 a toujours prôné la démocratie et la liberté d'expression».

«Tout membre en règle et tout membre de la structure syndicale qui favorise la venue d'une autre association et nuit par le fait même aux intérêts du Local 301, s'expose à des sanctions en vertu de nos statuts et ceux du SCFP-National, telle que l'exclusion comme membre», avertit Chantal Racette. Elle poursuit en intimant ses troupes à faire «barrage clos par clos, atelier par atelier, afin de tuer dans l'oeuf cette offensive dont le but est de nous briser, car on va tous en payer le prix». «Pour ce qui est de ceux qui se sont laissés embarquer, il n'est pas trop tard pour vous désister», ajoute-t-elle.

Comme le rapportait La Presse le mois dernier, une poignée de cols bleus offrent à leurs collègues «une nouvelle façon, plus démocratique, de défendre les droits des travailleurs» à travers l'Union syndicale des cols bleus de Montréal (USCBM).  Jusqu'à maintenant, l'équipe aurait réussi à convaincre la majorité des travailleurs de Montréal-Nord, selon son porte-parole, Patrick Roy.

La semaine dernière, le directeur syndical de la région Est a écrit aux cols bleus de Montréal-Nord pour leur dire sa «déception» et souligner que la division risquait «d'affaiblir financièrement la structure et notre rapport de force». Mais le dossier a remonté jusqu'à la présidence. «La lettre de Chantal Racette, c'est signé qu'on les dérange», a indiqué M. Roy qui affirme qu'il n'est pas ébranlé  pour autant. «On va se tenir debout», a-t-il précisé. 

M. Roy entend porter plainte auprès du Tribunal administratif du Québec (auparavant la Commission des relations du travail) contre ce qu'il qualifie de menaces de la part du Local 301. «En période de maraudage, il est interdit de faire de l'intimidation et des menaces. On veut une véritable démocratie syndicale. D'ailleurs, je vais demander l'intervention du gouvernement pour que le vote se fasse par la poste comme dans l'industrie de la construction pour éviter les fiers-à-bras», a indiqué M. Roy.

La Presse a tenté de joindre le représentant de Chantal Racette. Un message a été laissé sur la boîte vocale.




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