Montréal pressée de s'opposer à la privatisation des aéroports canadiens

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« Comme on dit en anglais, si ce n'est pas brisé, on n'a pas besoin de le réparer », résume Marvin Rotrand », conseiller de Snowdon et chef de Coalition Montréal.

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Montréal doit s'opposer au projet de privatisation des aéroports canadiens de crainte de perdre le contrôle d'un important levier économique, plaide le conseiller municipal Marvin Rotrand. L'élu présentera une motion lors du prochain conseil municipal pour que la métropole prenne part à la campagne dénonçant les visées d'Ottawa.

Même si le dernier budget est demeuré silencieux sur ce dossier, le gouvernement fédéral continue à étudier la possibilité de privatiser les aéroports canadiens. Le projet suscite toutefois la grogne à travers le pays. Trois des principaux aéroports - Vancouver, Ottawa et Calgary - ont récemment lancé une campagne pour contrecarrer ce plan.

Tout comme l'ont fait le gouvernement de l'Alberta et la Ville de Vancouver, la Ville de Montréal devrait joindre sa voix à cette campagne, estime le conseiller montréalais Marvin Rotrand. Dans une motion qu'il défendra le 24 avril, l'élu demandera que le conseil municipal « s'oppose officiellement à la possible privatisation des aéroports du Canada ».

« Comme on dit en anglais, si ce n'est pas brisé, on n'a pas besoin de le réparer », résume Marvin Rotrand », conseiller de Snowdon et chef de Coalition Montréal.

L'élu craint que la privatisation n'augmente les frais des voyageurs tout en réduisant la qualité des services. « Les investisseurs voient les aéroports comme des vaches à lait. Ils veulent rentabiliser leur investissement, alors ils diminuent les services et retardent les investissements pour améliorer les infrastructures. »

Rappelons que cette privatisation est à l'étude alors que le gouvernement fédéral prévoit encaisser d'importants déficits dans les prochaines années. Dans une récente analyse, l'Institut C.D. Howe a évalué qu'Ottawa pourrait récolter de 7,2 à 16,6 milliards en privatisant ses aéroports. À lui seul, Montréal-Trudeau pourrait rapporter de 1,3 à 2,9 milliards.

Des spécialistes doutent toutefois du bien-fondé de cette stratégie. « On part toujours de l'hypothèse implicite que, parce qu'on privatise, c'est meilleur, mais je ne suis pas convaincue de cela », dit Isabelle Dostaler, professeure de Concordia spécialiste de l'aviation. Elle souligne que la privatisation menée en Nouvelle-Zélande n'a pas été concluante.

Pour en avoir le coeur net, Concordia a mis sur pied un groupe de réflexion sur l'aviation pour étudier le modèle de gestion des aéroports. « On est en train de développer un modèle pour étudier la compétitivité des aéroports, dit Isabelle Dostaler. Pour l'instant, si j'avais un conseil à donner, c'est : "Prenez votre temps." »

« Assez critique » à l'endroit de la gouvernance actuelle des aéroports, notamment quant au manque de transparence des administrations, le professeur en gestion des transports aux HEC Jacques Roy doute que la privatisation soit la solution. « On a moins de chances d'avoir d'influence une fois les aéroports privatisés. Pour s'en convaincre, on a juste à regarder le CN. C'est pratiquement impossible de faire passer des trains de passagers parce qu'il faut donner la priorité aux trains de marchandises. »

« On peut se demander ce qu'on gagnerait en privatisant, outre encaisser un gros montant, poursuit Jacques Roy. Mais comme le gouvernement fédéral retire d'importants loyers, est-ce que ça reviendrait à tuer la poule aux oeufs d'or ? »




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