Manif contre la brutalité policière: des commerçants inquiets dans Hochelaga

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La manifestation annuelle contre la brutalité policière se transforme régulièrement en affrontement violent entre militants et policiers. Elle aura lieu cette année à la place Valois.

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Des commerçants d'Hochelaga-Maisonneuve s'inquiètent de voir la traditionnelle manifestation contre la brutalité policière - qui tourne souvent à l'émeute - se tenir cette année dans leur quartier, déjà aux prises avec de fréquents épisodes de vandalisme attribués à l'extrême gauche.

Les organisateurs de l'événement ont récemment rendu publique une affiche appelant à un rassemblement sur la place Valois, rue Ontario, le 15 mars : l'image montre notamment un cocktail Molotov, ainsi que de la peinture en aérosol.

Le lieu a été choisi parce qu'il «rime de plus en plus avec nettoyage social et gentrification» et «parce que le profilage social et la répression policière battent leur plein dans Hochelaga-Maisonneuve», indique une invitation à une activité précédant la marche. Le texte se trouve sur le site internet du Collectif opposé à la brutalité policière (COBP).

La manifestation organisée annuellement par ce groupe anarchiste se transforme régulièrement en affrontement violent entre militants et policiers, avec blessés et commerces vandalisés. Ce ne fut toutefois pas le cas l'an dernier.

Ariane Beaumont, propriétaire de la boulangerie Arhoma située sur la place Valois, s'inquiète «un peu» pour son commerce. Il a déjà été la cible de vandales dans le passé.

«J'espère que ça se fera dans le respect de tous, mais je n'ai pas plus d'espoir que ça. Ce n'est pas toutes les fois, mais ça s'est souvent mal terminé. C'est une inquiétude à cause de l'historique de la marche», dit Mme Beaumont.

De nombreuses boutiques du quartier ont été visées par des attaques contre l'embourgeoisement dans les dernières années. Depuis 2013, les épisodes de vandalisme se succèdent : le dernier en date remonte à novembre 2016, alors qu'une dizaine d'individus masqués avaient attaqué cinq adresses en fracassant leurs vitrines et en répandant le contenu d'un extincteur à l'intérieur.

En avril 2016, un groupe avait commis un attentat au cocktail Molotov contre quatre voitures de patrouille sur la rue Ontario. La Presse avait ensuite révélé que les enquêteurs privilégiaient la piste d'un attentat anti-embourgeoisement avorté.

«Dangereux de parler de ça»

Mme Beaumont n'a pas voulu s'étendre sur le sujet : «Je suis prudente, c'est dangereux de parler de ça.»

Même son de cloche du côté du maire de l'arrondissement Réal Ménard, qui n'a pas voulu accorder d'entrevue sur le sujet. Une volonté de ne pas provoquer ces militants? «C'est ça», a indiqué Sébastien Lemire, son attaché politique. 

«C'est délicat, Hochelaga-Maisonneuve, vous savez, avec le vandalisme. C'est d'ailleurs possible qu'il y ait des gens qui ont commis du vandalisme dans la manifestation», affirme M. Lemire.

Pierre Lessard-Blais, de la société de développement commercial locale, a affirmé que ses membres n'étaient «pas particulièrement» inquiets. «On espère que ça se fera dans le respect, a-t-il répété à plusieurs reprises. Ces gens-là ont le droit de manifester.»

«J'ai espoir que ça va bien se passer», a indiqué Dominique Charest, de William J. Walter Saucissier, voisin immédiat d'Arhoma. La façade du commerce avait été recouverte de peinture jaune en 2013.

Le SPVM prêt à toute éventualité

Le COBP n'a pas répondu aux messages laissés par La Presse.

Le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM), lui, a expliqué être prêt à toute éventualité.

Le cocktail Molotov apparaissant sur l'affiche «est un élément dont on tient compte, c'est clair», a affirmé l'inspecteur Marc Charbonneau, chargé de la préparation policière pour cet événement.

«Par contre, je peux vous dire par expérience qu'on va retrouver également dans cette manifestation des gens qui veulent le faire pacifiquement, a-t-il affirmé. L'expérience de l'année dernière nous [l']a prouvé.»

L'inspecteur Charbonneau a affirmé que les policiers seraient «en nombre suffisant» pour protéger les commerces et les citoyens, mais qu'il «appartient aux propriétaires de prendre les mesures [supplémentaires] qu'ils désirent».




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