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Annulation des jeux des policiers et pompiers: une facture salée

En juillet dernier, le maire de Montréal Denis... (Photo Martin Chamberland, archives La Presse)

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En juillet dernier, le maire de Montréal Denis Coderre accueillait fièrement la flamme des Jeux mondiaux des policiers et pompiers. Moins d'un an plus tard, l'annulation des Jeux a coûté 6,2 millions à la métropole québécoise, a appris La Presse.

Photo Martin Chamberland, archives La Presse

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L'annulation des Jeux mondiaux des policiers et pompiers qui devaient se dérouler à Montréal en 2017 a coûté 6,2 millions à la métropole québécoise, qui tente d'en récupérer une partie. Prêt à prendre la relève, Toronto tente pour sa part de limiter au maximum les risques financiers en présentant un budget beaucoup plus serré pour organiser cette compétition.

Un document obtenu par La Presse en vertu de la Loi sur l'accès à l'information indique que la Ville de Montréal avait déjà effectué plusieurs versements au comité organisateur au moment d'annoncer l'annulation des Jeux en raison de la campagne de boycottage du syndicat des pompiers.

La métropole avait versé 200 000 $ en 2011 pour présenter sa candidature. Des versements de 650 000 $ puis de 530 000 $ avaient ensuite été faits en 2013 et en 2014. Une autre contribution de 4,8 millions avait ensuite été effectuée en 2015.

La Ville de Montréal précise qu'elle tentera de récupérer une partie de ces 6,2 millions. «Le versement du soutien financier ne signifie pas que les sommes ont été dépensées. La Ville va rapidement rencontrer l'organisme afin de récupérer les sommes qui n'ont pas été engagées», écrit le service de la diversité sociale et des sports de la Ville.

C'est toutefois seulement en septembre que la métropole saura combien elle pourrait récupérer, une fois achevé le processus de dissolution du comité organisateur.

En plus de ces 6,2 millions versés de 2011 à 2015, Montréal avait également prévu à son budget une somme de 2 millions qui aurait pu être versée au comité organisateur «si aucune autre source de financement n'était disponible, notamment en raison de refus des demandes de subventions». Le soutien financier d'Ottawa s'était en effet avéré beaucoup moins important que prévu. Alors qu'une contribution de 5,5 millions était attendue du fédéral, c'est seulement 1,8 million qui avait été accordé.

Tourisme Montréal, dont la majorité du financement provient de la taxe d'hébergement défrayée par les touristes, dit pour sa part avoir versé 965 000 $ aux Jeux.

L'organisation indique qu'elle évaluera elle aussi plus tard si une partie des sommes peut être récupérée.

Toronto moins dépensier

Une partie des fonds dépensés par Montréal seront utiles à Toronto, qui tente de sauver l'édition 2017 des Jeux policiers et pompiers en les accueillant.

Dans un document présenté cette semaine aux élus de la Ville Reine, des fonctionnaires expliquent que la métropole québécoise a payé la majeure partie des frais exigés par la fédération américaine encadrant la compétition. Des 800 000 $ US (un peu plus de 1 million CAN) normalement exigés, Toronto ne devra payer que 175 000 $ CAN.

Toronto dit vouloir faire preuve d'une grande prudence financière dans la présentation des Jeux. Pour limiter les risques financiers, l'administration du maire John Tory a décidé de plafonner le budget de l'événement à 14,2 millions, loin des 20 millions prévus à Montréal.

L'écart dans le budget s'explique principalement par le fait que Toronto est prêt à investir beaucoup moins. La Ville offre seulement 3 millions, alors que Montréal s'était engagé à verser 7,4 millions, en plus d'une contribution de 1,6 million de Tourisme Montréal.

De plus, avant de confirmer qu'il reprend officiellement les Jeux, Toronto attend de recevoir une confirmation du financement des gouvernements fédéral et de l'Ontario. «Si les gouvernements provincial et fédéral ne confirment pas leur financement, l'événement ne pourra pas avoir lieu», écrivent les fonctionnaires de la Ville Reine.

L'organisation de ces Jeux, prévus dans un an à peine - du 23 juin au 2 juillet 2017 -, n'inquiète pas Toronto, fort de son expérience avec les Jeux panaméricains l'été dernier. Toutes les installations sportives sont à jour et prêtes à accueillir les 10 000 athlètes attendus.

Des retombées anticipées moins importantes

Toronto se montre aussi beaucoup plus prudent que Montréal quant aux retombées anticipées des Jeux. Alors que la métropole québécoise évaluait que la compétition pourrait générer des retombées de 101 millions, la Ville Reine évoque plutôt une somme de 55 millions.

Cette évaluation se base sur les résultats des derniers Jeux. Les organisateurs de la compétition ayant eu lieu l'été dernier à Fairfax, près de Washington, ont évalué les retombées à 84 millions US, tandis que ceux des Jeux tenus en 2013 à Belfast, en Irlande, les ont chiffrées à 25 millions de livres (48 millions CAN).

- Avec la collaboration de William Leclerc

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