La moitié des chantiers de Montréal paralysés par la grève des ingénieurs

Les ingénieurs de la Ville de Montréal se... (Photo Patrick Sanfaçon, La Presse)

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Les ingénieurs de la Ville de Montréal se sont rassemblés sur la rue Saint-Denis où se déroulent d'importants travaux afin de sensibiliser les citoyens à leur cause. Peu habitué aux débrayage, le syndicat a tenu à présenter ses excuses aux Montréalais pour les impacts qu'ils ressentiront.

Photo Patrick Sanfaçon, La Presse

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La moitié des chantiers de Montréal sont paralysés par le déclenchement la nuit dernière d'une grève des ingénieurs municipaux. La métropole prévoit également de retarder le début de certains travaux en raison de sa capacité réduite à surveiller les opérations.

L'arrivée d'une conciliatrice n'y a rien changé, les pourparlers qui piétinent depuis plus de cinq ans entre la Ville de Montréal et le Syndicat professionnel des scientifiques à pratique exclusive de Montréal ont échoué lundi soir à en arriver à une entente. À minuit, ces fonctionnaires municipaux ont donc mis à exécution leur menace de débrayer, une grève qui pourrait être longue.

Sur les 54 chantiers de la division des transports en cours, 26 pourront continuer puisqu'ils sont sous la responsabilité de firmes privées et non d'ingénieurs municipaux. Les 28 autres seront interrompus en raison de la grève, a confirmé Montréal. Il n'a toutefois pas été possible lundi soir de savoir avec précision quels travaux étaient ainsi mis entre parenthèses. La Ville prévoit de diffuser cette information aujourd'hui sur son site Info-Travaux.

La Ville prévoit de sécuriser certains chantiers suspendus pour prévenir les accidents. Des excavations pourraient ainsi devoir être remplies pour éviter que des gens y tombent par mégarde durant la grève.

Alors que la circulation a été particulièrement pénible lundi au centre-ville en raison de la multiplication des chantiers, l'administration Coderre a indiqué qu'elle ne s'attendait pas à ce que ce débrayage alourdisse la congestion davantage. Au contraire, même. « Je ne crois pas que ça va empirer. On sait que la situation est difficile et on veut continuer à assurer la fluidité. Ça pourrait même aider parce que certains travaux ne débuteront pas », a indiqué Pierre Desrochers, président du comité exécutif.

Pendant que les ingénieurs se disent prêts à un long débrayage, la Ville de Montréal souhaite au contraire qu'il soit bref. « Franchement, j'espère que ce sera une courte grève », a dit Pierre Desrochers.

LES DEUX SE RENVOIENT LE BLÂME

Lundi soir, le syndicat et la Ville de Montréal se renvoyaient la balle sur la responsabilité du déclenchement de cette grève. « Depuis des années, la Ville affaiblit son expertise interne en matière de génie et abuse de la bonne foi de ses scientifiques. Maintenant, elle provoque une grève qui menace la réalisation des chantiers à Montréal. L'attitude de la Ville défie toute logique », a dénoncé André Émond, président du syndicat.

L'administration Coderre a déploré pour sa part l'absence du syndicat ces derniers jours à la table de négociation pour éviter la grève. « Depuis le début, on voulait trouver un terrain d'entente, mais malheureusement, ils ne se sont pas présentés depuis vendredi. On a présenté une offre bonifiée, mais ils n'ont pas bougé du tout. On est devant une impasse », s'est résigné pour sa part Pierre Desrochers, bras droit du maire.

Le syndicat prépare une série de coups d'éclat pour marquer le début de leur grève. Dès 8 h ce matin, les syndiqués ont marché dans la rue Saint-Denis, où d'importants travaux sont en cours. Ce chantier, dont l'échéancier serré vise à nuire le moins possible aux commerçants, est toutefois maintenu.

Les grévistes prévoient ensuite de se rassembler devant l'hôtel de ville de Montréal pour une opération de « destruction de chapeaux de construction ». Pour ce faire, ils utiliseront une sorte de marteau-piqueur, un pied de nez au maire Coderre qui avait démoli une dalle de béton de Postes Canada. « C'est pour symboliser comment les scientifiques se sentent », a dit André Émond.

Le Syndicat professionnel des scientifiques à pratique exclusive de Montréal (SPSPEM) regroupe 440 membres. Outre les ingénieurs municipaux, il représente les arpenteurs-géomètres, les chimistes et les médecins vétérinaires. Ils sont sans contrat de travail depuis cinq ans.

L'opposition à l'hôtel de ville de Montréal s'est inquiétée du déclenchement de cette grève. « Ça va nuire aux chantiers qui sont partout. Il faut que les Montréalais puissent se déplacer, il faut que l'économie roule », a réagi Craig Sauvé, critique de Projet Montréal en matière de transport.

Le conseiller blâme l'administration Coderre pour son attitude de confrontation avec les syndicats, déplorant notamment la décision d'affaiblir la Commission de la fonction publique. « Ce n'est pas comme ça que l'on doit gérer la Ville. Il faut montrer notre bonne foi.

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