Train électrique: un engagement d'Ottawa requis avant la fin de 2016

Vision d'une station type du projet de SLR.... (Image fournie par la Caisse de dépôt et placement du Québec)

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Vision d'une station type du projet de SLR.

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Bruno Bisson
La Presse

La mise en service du nouveau train électrique proposé par la Caisse de dépôt et placement du Québec dans la région de Montréal pourrait être reportée au-delà de 2020 si Ottawa ne confirme pas dès cette année sa participation au financement de ce projet de 5,5 milliards.

Selon le premier vice-président de la filiale de la Caisse responsable du projet, CDPQ Infra, Macky Tall, « des discussions se poursuivent avec le gouvernement fédéral » afin de trouver une formule qui permettrait à Ottawa d'investir dans la réalisation de ce nouveau réseau, considéré comme le plus important projet de transport de la métropole en 50 ans.

En marge d'un forum sur les transports, organisé hier par la chambre de commerce du Montréal Métropolitain (CCMM), M. Tall a indiqué que « pour rencontrer l'objectif d'une mise en service à la fin de 2020, il nous faudrait une confirmation vers la fin de cette année ».

Or, quelques minutes plus tôt, en marge du même événement, le ministre fédéral des Transports, Marc Garneau, affirmait que le projet présenté par la Caisse de dépôt « pourrait être éligible » à un financement gouvernemental dans la phase 2 des programmes fédéraux d'infrastructures, qui n'est prévue qu'à partir de 2019.

M. Garneau a estimé que le projet de Réseau électrique métropolitain (REM) soumis par la Caisse est « très intéressant », mais qu'il reviendra au gouvernement du Québec et aux municipalités concernées de décider des priorités en matière de transports collectifs lors du déploiement de cette phase 2, qui prévoit des investissements de 16,6 milliards sur huit ans dans l'ensemble du pays.

UN PROJET ESTIMÉ À 5,5 MILLIARDS

Le REM est un projet de réseau de train électrique qui s'étendrait sur 67 kilomètres et qui compterait 24 gares dans l'ouest de l'île de Montréal, au centre-ville de la métropole ainsi que dans les banlieues nord et sud de l'île. Le coût du projet est estimé à 5,5 milliards. Lors de sa présentation publique, il y a deux semaines, CDPQ Infra a avancé que le REM pourrait accueillir ses premiers usagers dès la fin de 2020, en suivant un échéancier très serré.

La Caisse de dépôt et placement s'est dite prête à y investir 3 milliards et demande aux gouvernements du Québec et du Canada d'y investir un total de 2,5 milliards.

« Dans le modèle que nous proposons, la participation des deux gouvernements ne sera pas une subvention. Ce sera un investissement parce que les deux gouvernements, en échange, auront l'opportunité de participer à la plus-value réalisée par le projet quand il sera en exploitation. »

- Macky Tall, premier vice-président de la filiale de la Caisse responsable du projet, CDPQ Infra

Ce genre de financement ne figure toutefois visiblement pas dans les critères et les programmes du gouvernement fédéral. M. Tall n'a pas voulu commenter, hier, la proposition du ministre Garneau de soumettre le projet REM à une demande de financement lors de la phase 2 des programmes d'infrastructures en 2019.

Hier, lors d'un point de presse, le ministre des Transports, de la Mobilité durable et de l'Électrification des transports du Québec, Jacques Daoust, a déclaré qu'il va rencontrer le ministre de l'Infrastructure du Canada, Amarjeet Sohi, pour discuter du projet et qu'il a bon espoir de convaincre les autorités fédérales de boucler le financement public du REM avant l'automne.

« Le gouvernement fédéral va investir 120 milliards dans les infrastructures sur 10 ans et il veut des projets de transports collectifs propulsés par une énergie propre. S'il y a un projet qui correspond exactement à cela, c'est bien le projet de train léger de la Caisse », a-t-il déclaré hier.

ATTENTION AU SYNDROME DU « TANT-QU'À-Y-ÊTRE »

Le ministre Daoust a aussi tenu à lancer une « mise en garde » à l'égard du syndrome du « tant-qu'à-y-être », qui incite des décideurs à demander des ajouts au projet, des stations additionnelles ou d'autres modifications qui en retarderait la réalisation et ferait grimper les coûts.

« Il faut qu'on se discipline dès le départ et qu'on s'entende tous que c'est ça, le projet, et qu'on va le faire comme ça, a-t-il dit. Ça nous donne environ quatre ans pour y arriver. On verra après, s'il y a lieu, dans une deuxième phase. »

- Jacques Daoust, ministre des Transports

« N'essayons pas d'attacher toutes sortes de choses à ce projet-là. On ajoute 300 millions à une place, 150 millions à l'autre en se disant que "c'est pas beaucoup", mais finalement, ça va faire un monstre. »

Au cours des derniers jours, le maire de l'arrondissement de Saint-Laurent, Alan DeSousa, a suggéré dans une lettre au ministre Daoust qu'on prolonge de deux stations la ligne orange du métro afin de créer une interconnexion entre le réseau souterrain de la STM et le futur REM de la Caisse de dépôt.

Dans le journal Métro d'hier, la mairesse de l'arrondissement de Rivière-des-Prairies - Pointe-aux-Trembles, Chantal Rouleau, a pour sa part plaidé pour la construction d'un métro de surface jusqu'à la Pointe-de-l'Île, quand le prolongement de la ligne bleue du métro aura été complété jusqu'à Anjou.

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