Retraitée, Stéfanie Trudeau touche une pleine pension

Stéfanie Trudeau, aujourd'hui retraitée, a reconnu hier «sa... (Photo Hugo-Sébastien Aubert, archives La Presse)

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Stéfanie Trudeau, aujourd'hui retraitée, a reconnu hier «sa responsabilité» pour un incident survenu le 1er février 2012 à Montréal qui constitue une infraction au code déontologique des policiers.

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Même si elle comptait 20 ans de service au Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) au moment de prendre sa retraite, le 19 octobre dernier, Stéfanie Trudeau, connue sous le nom de matricule 728, reçoit une pleine pension de la police. Comme si elle y avait travaillé 30 ans, admet son avocat, Jean-Pierre Rancourt.

«C'est considéré comme une maladie professionnelle. C'est dans la convention. Trois psychiatres se sont prononcés là-dessus. De la manière dont elle a été traitée par le service après le premier incident [le gaz poivre en mai 2012], c'est clair qu'elle ne pouvait pas retourner travailler», a indiqué Me Rancourt, qui représente Mme Trudeau depuis le début de ses mésaventures judiciaires, en 2012. Mme Trudeau, maintenant âgée de 43 ans, n'a pas reçu le soutien qu'elle aurait dû obtenir, dit-il.

Me Rancourt se trouvait devant le comité de déontologie policière, hier, pour représenter Mme Trudeau, citée pour une infraction au code déontologique.

Elle reconnaît sa responsabilité

Même si elle n'était pas physiquement présente, la policière retraitée a reconnu, hier, «sa responsabilité» pour un incident survenu le 1er février 2012 à Montréal.

À la suite d'un appel de la Société de transport de Montréal, Mme Trudeau est intervenue avec une collègue auprès de Lucner Saint-Éloi, un passager mécontent du retard de la chauffeuse, avenue du Mont-Royal. Comme il n'a pas répondu quand la policière Trudeau lui a demandé de s'identifier, elle a saisi le casque d'écoute qu'il avait sur la tête, et l'a jeté par terre.

Le commissaire à la déontologie lui reprochait de ne pas s'être comportée de manière à préserver la confiance et la considération que requiert sa fonction de policière.

Les sanctions en déontologie vont du simple avertissement à la destitution.

Hier, après avoir fait un résumé de l'incident, Me Christiane Mathieu, avocate du commissaire à la déontologie, et Me Rancourt ont suggéré conjointement d'imposer «trois mois d'inhabileté» à Mme Trudeau, puisqu'elle est à la retraite. Cela signifie que pendant trois mois, Mme Trudeau ne pourrait postuler ou obtenir un emploi dans la police. Me Richard W. Iuticone, qui présidait l'audience, a pris l'affaire en délibéré et rendra sa décision plus tard.

Pleine retraite

La Presse s'est adressée aux relations médias du SPVM, hier, pour en savoir plus sur la pleine retraite de Mme Trudeau. On a indiqué qu'il n'y aurait pas de commentaire, parce que c'est confidentiel. À la Fraternité des policiers et policières de Montréal, le porte-parole Éric Normandeau a indiqué qu'il n'avait pas d'information à ce sujet. Nous n'avons pas eu plus de chance avec la Ville de Montréal.

Les déboires de Mme Trudeau ont commencé en mai 2012, dans le cadre de la crise étudiante, alors qu'elle avait été filmée en train de poivrer des manifestants. La vidéo était devenue virale et Matricule 728 avait été projeté sur la scène publique. Puis sont arrivées les arrestations musclées des «gratteux de guitares» sur l'avenue Papineau. Mme Trudeau a été suspendue avec solde à partir d'octobre 2012, jusqu'à sa retraite. Juste avant, à la fin de l'été, Mme Trudeau a publié un livre sur son histoire, avec l'aide du journaliste Bernard Tétreault: Servir et se faire salir.La semaine dernière, au terme de son procès au sujet de l'incident sur l'avenue Papineau, l'ex-policière a été déclarée coupable de voie de fait à l'endroit de Serge Lavoie. Hier, les parties sont revenues devant le juge Daniel Bédard et ont fixé au 26 mai la date pour les observations sur la peine. Celle-ci peut osciller entre l'absolution et un maximum de six mois de prison.

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