Contrat de 99 millions pour désinfecter les eaux usées de Montréal

Le conseil municipal doit entériner lundi soir un... (PHOTO ALAIN ROBERGE, ARCHIVES LA PRESSE)

Agrandir

Le conseil municipal doit entériner lundi soir un contrat à l'entreprise Degrémont, une filiale de Suez Environnement, pour désinfecter grâce à l'ozone les eaux usées traitées à l'usine Jean-R. Marcotte (notre photo), située dans l'est de l'île.

PHOTO ALAIN ROBERGE, ARCHIVES LA PRESSE

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

Éliminer les produits pharmaceutiques et bactéries de l'eau que Montréal rejette au fleuve coûtera beaucoup plus cher que prévu. L'ajout d'un centre de désinfection par ozone à l'usine de traitement de la métropole coûtera 99 millions de dollars, soit 40 % de plus qu'anticipé.

Le conseil municipal doit entériner lundi soir un contrat à l'entreprise Degrémont, une filiale de Suez Environnement, pour désinfecter grâce à l'ozone les eaux usées traitées à l'usine Jean-R. Marcotte, située dans l'est de l'île. La Ville avait évalué à 70,5 millions le coût pour la construction du centre, mais l'entreprise a plutôt demandé 99 millions pour faire le travail.

Montréal attribue cet écart à la difficulté d'évaluer le coût d'un tel projet, décrit comme unique au monde. D'autres usines utilisent l'ozonation, comme Melbourne, mais à moindre échelle que ce qui est prévu à Montréal, ce qui rendait difficile de bien estimer le coût des travaux.

Une autre entreprise, Xylen, avait proposé de faire le travail pour un peu plus de 80 millions, mais son offre a été rejetée. Montréal a jugé sa proposition non-conforme. Selon la Ville, son système aurait provoqué jusqu'à cinq débordements par année dans le fleuve, une éventualité jugée inacceptable. De plus, les bulles d'ozone que cette entreprise proposait de faire n'avaient pas la bonne taille.

Le maire s'est dit à l'aise avec cette décision, surtout que la Commission d'examen des contrats a été unanime à entériner le contrat malgré qu'une seule offre ait été jugée conforme pour un contrat d'une telle ampleur.

La désinfection par ozone doit entrer en fonction en 2018, un projet année en 2008 par l'ex-maire Gérald Tremblay. Au total, le projet devrait coûter de 250 à 285 millions, en incluant le contrat de Degrémont d'aujourd'hui. Assurer la désinfection de l'eau coûtera ensuite 9 millions par année.

Ce traitement supplémentaire à l'ozone vise à élimer les bactéries, les virus et divers produits, comme les produits pharmaceutiques, de l'eau rejetée dans le fleuve. Présentement, l'usine Jean-R. Marcotte permet seulement d'éliminer les matières en suspension et le phosphore.

La désinfection doit ainsi permettre de réduire la mortalité des poisons dans le fleuve. Lors d'une expérience, on a constaté que 12% des poissons exposés à de l'eau usée non désinfectée étaient morts sur une période de deux mois. Le nouveau système devrait permettre de réduire à zéro ce taux de mortalité, espère-t-on.

Rappelons que les eaux usées de Montréal sont rejetées dans le fleuve à l'île aux vaches. Au départ, le système sera en fonction seulement l'été, mais pourrait être utilisé à longueur d'année à terme.

L'ozone étant un gaz toxique pouvant provoquer des problèmes respiratoires s'il devait y avoir une fuite, la Ville dit avoir mis en place les mesures de sécurité nécessaires. Des systèmes permettant de neutraliser l'ozone ont été prévus. De plus, on produira l'ozone sur place plutôt que l'entreposer à l'usine, le stockage étant plus risqué.

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires : Actualités

Tous les plus populaires de la section Actualités
sur Lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer