Région métropolitaine: recul des transports en commun

À Montréal, le nombre de déplacements en automobile... (PHOTO MARTIN CHAMBERLAND, ARCHIVES LA PRESSE)

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À Montréal, le nombre de déplacements en automobile a connu une augmentation deux fois plus importante que dans les transports en commun, entre 2008 et 2013.

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Bruno Bisson
La Presse

Après 10 ans de croissance continue de leur part de marché dans les déplacements, pendant l'heure de pointe du matin, les réseaux de transport en commun de la région métropolitaine plafonnent et ont même perdu du terrain par rapport à l'automobile depuis cinq ans.

Selon les résultats d'une grande enquête sur la mobilité des 4,3 millions de résidants de la région métropolitaine, la portion des déplacements réalisés en pointe matinale à bord du métro, des services d'autobus ou des trains de banlieue s'est élevée à 23% en 2013, soit le même pourcentage qu'en 2008.

À Montréal et à Longueuil, cette part de marché a même fondu d'un point de pourcentage, en 2013, par rapport à 2008, alors que les déplacements en automobile ont bondi de 12% et 13%, en pointe du matin, dans ces deux villes.

Les données de l'enquête Origine-Destination (OD) démontrent que l'achalandage global des réseaux de transport collectif est en augmentation. Il serait passé de 431 000 déplacements, en 2008, à 474 000 déplacements, en 2013. Une hausse globale de 10%, selon les données rendues publiques hier.

Durant la même période, le trafic automobile a connu pour sa part une augmentation de 15%, en pointe du matin, dans l'ensemble de la région métropolitaine.

À Montréal, notamment, le nombre de déplacements en automobile a ainsi connu une augmentation deux fois plus importante que dans les transports en commun, entre 2008 et 2013. Alors que le trafic automobile a augmenté de 12%, le nombre de déplacements dans les réseaux de transport collectif a connu une hausse limitée à 6% dans l'île de Montréal.

En 2013, le transport en commun a ainsi obtenu la préférence de 35% des Montréalais pour leurs déplacements en heure de pointe matinale, un recul par rapport aux 36% enregistrés en 2008. C'est la première fois depuis 1998 que les transports collectifs perdent du terrain par rapport à l'automobile, à Montréal.

Le même constat s'observe à Longueuil, où la part de marché du transport collectif est tombée de 24% à 23% des déplacements, entre 2008 et 2013. Alors que la fréquentation des transports en commun a connu une hausse modeste de 4% en heures de pointe, les déplacements réalisés en automobile ont grimpé de 12%, aux mêmes heures, sur une période de cinq ans.

Laval et les couronnes

Cette enquête a été menée à l'automne 2013 auprès de 78 000 ménages de la grande région métropolitaine. Cet échantillon très vaste permet de brosser un portrait très détaillé des habitudes de déplacement de la population dans chaque secteur de la grande région métropolitaine et de répondre à la demande de services de la population sur le plan routier et sur le plan des transports collectifs.

Elle révèle ainsi que 60% de la croissance des déplacements en transports collectifs, observée en 2013, s'est manifestée dans la couronne nord et sur la Rive-Sud de Montréal, ainsi qu'à Laval, où trois stations de métro ont été inaugurées, en 2007.

Le président de l'Agence métropolitaine de transport (AMT), Nicolas Girard, a attribué une partie de ces succès à la mise en service du métro de Laval et aux bonifications des services des trains de banlieue de Candiac, sur la Rive-Sud, et de Saint-Jérôme, dans la couronne nord.

Selon lui, ces exemples démontrent que «lorsqu'on offre de nouveaux services fréquents, rapides, fiables et confortables, la clientèle est toujours au rendez-vous».

Il a ainsi souligné la pertinence du projet de prolongement de la ligne bleue du métro, dans l'est de Montréal, où l'enquête OD révèle une stagnation complète des déplacements en transports en commun.

Signes encourageants

Pour sa part, le président de la Société de transport de Montréal (STM), Philippe Schnobb, a tenu à souligner plusieurs signes «encourageants» révélés dans cette enquête, même si les services de transport en commun ont perdu 1% de leur part des déplacements quotidiens face à l'automobile, sur le territoire desservi par la STM.

Il a notamment insisté sur le fait que 74% des déplacements en direction du centre-ville de Montréal sont réalisés, le matin, en transports collectifs, une hausse de 4% par rapport à 2008.

M. Schnobb a aussi relevé que 35% des déplacements en période de pointe à Montréal sont réalisés en transports en commun, contre 28% à Vancouver et 27% à Toronto.

Ligne bleue: un train de surface plus plausible qu'un métro

L'aménagement d'un train en surface est «plus plausible» à court terme et serait moins coûteux à réaliser qu'un projet en tunnel, dans le prolongement direct de la ligne bleue du métro, selon le ministre des Transports du Québec, Robert Poëti.

Le ministre Poëti a affirmé hier qu'il demandera à l'Agence métropolitaine de transport (AMT) d'examiner une nouvelle option pour bonifier les services de transports en commun dans l'est de Montréal, où on attend le métro depuis le début des années 70. Selon M. Poëti, la construction d'un train en surface, dans la continuité de la ligne 5 du métro, coûterait trois fois moins cher à réaliser qu'un prolongement de service en tunnel entre la station Saint-Michel actuelle et l'arrondissement d'Anjou. Cette solution hybride «pourrait arriver beaucoup plus vite, compte tenu de l'état actuel des finances publiques, parce que ça coûterait environ le tiers du coût d'un prolongement du métro en tunnel», a affirmé le ministre, hier, lors d'un entretien accordé à La Presse.

M. Poëti réagissait ainsi aux résultats de l'enquête origine-destination qui a révélé hier une stagnation des déplacements en transports collectifs dans l'est de Montréal, où les services de bus ou de métro n'ont pas été améliorés depuis plusieurs années. Le ministre Poëti affirme avoir suggéré ce scénario au maire de Montréal, Denis Coderre, «qui m'a dit qu'il était ouvert à une telle possibilité».

Depuis 2013, l'AMT, qui relève de son ministère, a entrepris une série d'études approfondies en vue de prolonger la ligne 5 du métro de plus de cinq kilomètres, jusqu'à Anjou.

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