Coderre veut freiner la disparition des terrains de baseball

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Lors d'un récent voyage en Californie, Denis Coderre a d'ailleurs rencontré le maire de Los Angeles, Eric Garcetti

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Les amateurs de balle saluent la volonté du maire Coderre de freiner la disparition des terrains de baseball de Montréal, mais préviennent que la métropole devra aussi mieux entretenir les espaces de jeu restants pour assurer l'avenir de leur sport.

Denis Coderre s'est inscrit en faux hier contre le projet de réaménagement du parc Jarry que la Ville de Montréal planifie pour 2015. Les plans présentés cet été à l'association locale de baseball prévoient faire disparaître deux terrains de balle pour faire place à une aire de détente.

«Je ne veux pas qu'on change ces terrains. Je veux qu'on protège les terrains de baseball. Je veux qu'on mette l'accent sur ce sport», a dit Denis Coderre.

Le parc Jarry n'est pas le seul où un projet de conversion était envisagé avant son intervention, a révélé le maire. Un autre projet de réaménagement au parc Jeanne-Mance prévoyait aussi retrancher des espaces de jeu réservés à ce sport.

Denis Coderre n'a pas manqué de souligner combien il est paradoxal de voir la Ville de Montréal planifier ces disparitions, alors que lui-même s'efforce d'attirer une équipe de baseball professionnelle à Montréal. «On aspire à avoir une équipe des ligues majeures, mais il faut démontrer que nos jeunes Québécois, comme Russell Martin, peuvent avoir un endroit pour se réaliser», a indiqué le maire à La Presse.

Le maire a donc demandé au responsable des sports de son administration, Jim Beis, et celui des parcs, Réal Ménard, de plancher sur l'élaboration d'une politique du baseball. Celle-ci inclura notamment un inventaire des terrains dédiés à ce sport.

Amateurs de balle rassurés

Cette sortie du maire a beaucoup rassuré Pierre Limoges, qui dirige l'Association de baseball amateur Jarry. Celui-ci dit fonder de grands espoirs sur une politique sportive. «Je veux une vision pour le futur, pour qu'on évite de démolir et d'avoir à rebâtir après. Il y a urgence avec les terrains, surtout si le baseball revient à Montréal», dit-il.

Même le groupe qui demandait la conversion des deux terrains de baseball du parc Jarry en espaces de détente dit appuyer l'idée d'une politique, tout en remettant en question leur utilité réelle. «Notre impression, c'est que ces terrains de baseball ne sont pas hyper utilisés. Il y a beaucoup de moments où ils sont vides et il y a peut-être moyen d'optimiser ces espaces par une meilleure gestion. L'espace est précieux dans les parcs», a dit Michel Lafleur, président de la Coalition des amis du parc Jarry.

Pierre Limoges rétorque que les terrains sont souvent inutilisés parce qu'ils sont rendus inutilisables faute d'entretien. Lorsqu'il pleut, comme hier, certaines surfaces de jeu peuvent mettre jusqu'à une semaine à s'assécher en raison de problèmes de drainage, dit-il.

«L'entretien est un gros problème», confirme Serge Trépanier, qui dirige depuis 20 ans l'Association des sports de balle de Montréal. L'homme vient d'ailleurs d'annoncer sa démission pour protester contre le manque d'intérêt pour le baseball dont, estime-t-il, fait preuve la métropole depuis quelques années. Il déplore notamment que les systèmes d'éclairage sont défectueux sur 12 des 45 terrains de baseball qui en sont pourvus, limitant de beaucoup la pratique de ce sport.

Serge Trépanier accuse certains arrondissements de négliger l'entretien de leurs terrains, comme le Sud-Ouest et Mercier-Hochelaga-Maisonneuve. À l'inverse, d'autres administrations assurent un «excellent service», notamment Ahuntsic-Cartierville, Côte-des-Neiges-Notre-Dame-de-Grâce et Rivière-des-Prairies-Pointe-aux-Trembles.

En entrevue, Denis Coderre reconnaît que l'entretien des terrains doit être amélioré, un sujet dont traitera la politique. Il compte également aborder la question avec les maires d'arrondissements lors d'une prochaine rencontre.

Le maire de Rosemont-La Petite-Patrie, François Croteau, est conscient du problème. «C'est un défi d'entretenir toutes nos installations sportives, dit-il. Dans Rosemont, elles datent toutes d'avant les Olympiques. On a deux terrains où il faut refaire l'éclairage, et ça va nous coûter 500 000$. C'est beaucoup d'argent. Je peux comprendre que certains arrondissements puissent laisser ça de côté, bien que je ne sois pas d'accord.» 

Favorable à la mise en place d'une politique sur le baseball, François Croteau prévient que Montréal doit éviter de favoriser un sport au détriment des autres. Il espère aussi que la politique se penche sur l'implication des bénévoles, qui sont de moins en moins nombreux, compliquant la gestion des ligues sportives.

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